mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204634 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. TAORMINA |
| Avocat requérant | DE LA GRANGE & FITOUSSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Fouques, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de constater la responsabilité de la commune de Vallauris dans l'accident de la circulation automobile dont il a été victime le 21 juin 2021 ;
2°) d'ordonner avant dire droit sur son préjudice corporel une expertise ;
3°) de surseoir à statuer sur la liquidation dudit préjudice ;
4°) de condamner la commune de Vallauris à lui payer la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'accident de la circulation dont il a été victime alors qu'il pilotait une trottinette motorisée, a été causé par un trou sur la chaussée d'une dimension excédant ceux que tout usager prudent et avisé doit s'attendre à rencontrer sur son passage et constituant un défaut d'entretien normal de la chaussée imputable à la commune de Vallauris ; trou dans lequel sa roue avant s'est coincée et qui a, depuis, été rebouché.
Par mémoire enregistré le 25 octobre 2022, l'Etablissement national des invalides de la marine (ENIM), caisse autonome de sécurité sociale des marins du commerce, de la pêche et de la plaisance, représentée par Me De la Grange, demande au tribunal :
1°) de condamner le tiers responsable au remboursement de la somme liquidée à titre provisoire à 1 738, 28 euros, représentant ses débours ;
2°) de réserver ses droits dans l'attente d'une liquidation définitive de ses débours ;
3°) de condamner tout succombant à lui payer la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 20 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 avril 2023.
Par mémoire en défense enregistré le 14 avril 2013, la commune de Vallauris, représentée par Me Phélip, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir :
- que la matérialité de l'accident dont la preuve incombe au requérant, n'est pas établi par le témoignage et le constat d'huissier de justice produite, absolument pas pertinents ;
- le trou incriminé, de faible largeur ne présentait pas un danger pour les usagers prudents et les véhicules " normaux ", ce que n'est pas une trottinette équipée de petites roues de faible largeur non conçue pour circuler sur les voies ouvertes à la circulation automobile ;
- le trou se situait au milieu de la chaussée, or, aux termes de l'article R.412-9 du code de la route, " en marche normal tout conducteur doit maintenir son véhicule près du bord droit de la chaussée ".
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Taormina en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,
- et les conclusions de M. Patrick Soli, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B expose que le 21 juin 2021, vers 8h00, alors qu'il se déplaçait en trottinette motorisée, il a fait une chute sous le pont menant à la gare de Vallauris causée par un trou sur la chaussée dans lequel sa roue avant s'est coincée. Par courrier du 4 juillet 2022, il a formulé une demande de prise en charge de l'indemnisation de son préjudice, implicitement rejetée par la commune de Vallauris. Il doit être regardé comme demandant au tribunal de constater la responsabilité de la commune de Vallauris dans l'accident de la circulation automobile dont il a été victime, d'ordonner avant dire droit sur son préjudice corporel une expertise et de de surseoir à statuer sur la liquidation dudit préjudice. L'établissement national des invalides de la marine (ENIM), caisse autonome de sécurité sociale des marins du commerce, de la pêche et de la plaisance, demande au tribunal de condamner le tiers responsable au remboursement de la somme liquidée à titre provisoire à 1 738, 28 euros, représentant ses débours et de réserver ses droits dans l'attente d'une liquidation définitive de ses débours.
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage ou son concessionnaire, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le tribunal, d'une part, la réalité de leur préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur eux, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage ou au concessionnaire de l'ouvrage, soit d'établir qu'ils ont normalement entretenu l'ouvrage, soit l'existence d'une force majeure, soit de démontrer la faute de la victime.
3. Il résulte de l'instruction et notamment des clichés photographiques produits par le requérant, dont ceux figurant dans le constat d'huissier qu'il a fait établir, que la route sur laquelle il a chuté avec son engin, présente une crevasse de 48 cm de long sur 12 cm de large, d'une profondeur pouvant atteindre de manière non homogène sur une partie seulement de cette longueur, jusqu'à 8 à 11 cm par rapport à la surface de la route. Cette crevasse qui présente un aspect manifestement progressif et ancien, n'excède pas, par ses dimensions, les dégradations courantes de la chaussée que doit s'attendre à trouver sur sa route, tout conducteur prudent et avisé d'un véhicule terrestre à moteur classique, même dans les communes des Alpes-Maritimes. Cet état de la route concernée ne caractérise donc pas un défaut d'entretien normal imputable à la commune de Vallauris qui n'a pas l'obligation, dans le cadre d'un tel entretien, d'adapter son réseau routier à la circulation des véhicules aberrants, comme c'est le cas des trottinettes motorisées, à l'origine non conçues pour circuler sur les voies ouvertes à la circulation automobile, avec lesquels certains usagers comme le requérant, ont délibérément choisi de se déplacer sur ces voies, à leurs risques et périls. Dès lors, M. B n'étant pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Vallauris, sa requête doit être rejetée, ensemble les conclusions de l'Etablissement national des invalides de la marine.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B, ensemble les conclusions de l'Etablissement national des invalides de la marine, sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Etablissement national des invalides de la marine et à la commune de Vallauris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
G. Taormina
Le greffier,
signé
L. Bianchi
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2204634
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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