lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205055 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ALMAIRAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Aline Almairac, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de rétablir, à son profit, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et ce, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII ou l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui renonce, par avance, à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. B A soutient que :
S'agissant de l'urgence :
- la condition d'urgence est en l'espèce constituée dès lors qu'il se trouve privé de toute ressource depuis de nombreux mois ; il n'est plus en mesure de subvenir à ses besoins ni à ceux de sa fille âgée de trois ans qui se trouve également en procédure d'asile ; la situation de précarité dans laquelle il se trouve est constitutive d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
S'agissant de l'atteinte manifestement grave et illégale au droit d'asile :
- en ne lui versant pas l'allocation pour demandeur d'asile à laquelle il a droit, l'OFII a porté une atteinte manifestement illégale à l'exercice de son droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.
L'OFII soutient que :
S'agissant de l'urgence :
- la condition d'urgence ne peut être regardée comme étant remplie dès lors que M. A s'est présenté plusieurs fois sous différentes identités ; M. B A a signé sa première offre de prise en charge le 27 novembre 2017 et a fait l'objet d'une déclaration de fuite le 24 juillet 2018 ; les conditions matérielles d'accueil lui ont été retirées par décision du 18 janvier 2019 ; l'intéressé a donc fait une première demande d'asile sous procédure Dublin en utilisant son vrai nom, Kevin A, et s'est représenté à nouveau en préfecture sous une autre identité : Kelvin A ; au surplus, la demande d'asile de M. A a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 7 mars 2022 ;
S'agissant de l'atteinte manifestement grave et illégale au droit d'asile :
- le requérant a utilisé plusieurs identités ; par suite, le moyen tiré de l'atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile doit être écarté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référés.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 octobre 2022 à 14 H 30, à laquelle les parties avaient été régulièrement convoquées :
- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;
- et les observations de Me Petit, substituant Me Almairac, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
Sur l'urgence :
3. Il résulte de l'instruction que si M. A est pris en charge dans un centre d'hébergement, il n'en est pas moins dépourvu de toute ressource financière en l'absence de versement de l'allocation pour demandeur d'asile alors qu'il a à sa charge une enfant mineure âgée de trois ans. Dans ces circonstances, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
4. L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) soutient qu'il était fondé à mettre fin au versement de l'allocation de demandeur d'asile au bénéfice de M. A dès lors que l'intéressé s'est présenté à plusieurs reprises à la préfecture des Alpes-Maritimes en faisant état d'identités différentes. Il est constant, toutefois, que seule une lettre du prénom de l'intéressé a été mal orthographiée par les services de l'Etat (le prénom " Kevin " ayant été inscrit en lieu et place du véritable prénom du requérant " Kelvin ") ce qui ne permet pas de démontrer une volonté délibérée de tromper l'administration. Au demeurant, il résulte des pièces du dossier que l'OFII a envoyé récemment un courrier électronique au requérant en lui signifiant qu'il n'était pas possible de donner une suite favorable à sa demande de versement de l'allocation pour demandeur d'asile " tant que le recours CNDA n'est pas enregistré sur TELEMOFPRA ", ce qui diffère notablement des écritures présentées en défense. En tout état de cause, la Cour national du droit d'asile (CNDA) a enregistré le 28 septembre 2022 le recours présenté par M. A à l'encontre du rejet, le 7 mars 2022, de la demande d'asile de l'intéressé par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). En vertu des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. A a le droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la date de lecture, en audience publique, de la décision de la CNDA ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de notification de celle-ci. Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prenant fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, (article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile), l'OFII a, en l'espèce, porté une atteinte manifestement illégale à l'exercice du droit d'asile de M. A. La privation du versement de l'allocation pour demandeur d'asile à laquelle le requérant a droit justifie qu'il soit prononcé à l'encontre de l'OFII une mesure de nature à faire cesser une telle atteinte.
5. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'OFII de reprendre le versement de l'allocation pour demande d'asile de M. A dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. M. A a été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 (huit cents) euros au bénéfice de son conseil qui renonce par avance à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de reprendre le versement à M. A de l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Almairac, qui renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, une somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à l'OFII et à Me Almairac.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.
Fait à Nice le 24 octobre 2022.
Le juge des référés
signé
O. C
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026