LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2205857

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2205857

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2205857
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantLEGRANDGERARD CATHERINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 décembre 2022 sous le n° 2205857 et un mémoire enregistré le 20 janvier 2023, M. D E représenté par Me Bensa-Troin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, d'ordonner une expertise médicale contradictoire afin de l'examiner et d'évaluer les préjudices qu'il estime avoir subis à la suite d'une chute alors qu'il circulait à pied sur le trottoir avenue Poincaré à Eze (06360) le 25 avril 2022.

M. D E soutient que :

- alors qu'il se dirigeait vers Nice côté mer, il a violemment chuté sur une plaque en bois cloutée non signalée semblant protéger les usagers de la présence d'un trou ;

- cette chute lui occasionnant un malaise, il a été secouru par M. C F présent sur les lieux qui a appelé les sapeurs-pompiers ;

- victime d'un traumatisme crânien et d'une blessure au bras, il a subi une intervention chirurgicale de la main au CHU de Nice pour une fracture et une plaie complexe ;

- la Métropole NCA lui opposait un refus d'indemnisation par courrier du 24 octobre 2022 ;

- sa demande d'expertise intervient dans le cadre du recours au fond qu'il a déposé devant le présent tribunal afin de reconnaître la responsabilité de la Métropole ;

- les photographies communiquées indiquent la localisation exacte de l'obstacle présent sur le trottoir nord, à proximité du panneau signalant l'entrée dans la commune d'Eze ;

- la matérialité est établie du fait des photographies faisant état de l'anormalité de l'obstacle, un transport par les pompiers, une hospitalisation avec une intervention

chirurgicale et un témoignage clair et circonstancié par l'attestation produite ;

- la mairie et la commune ont été informés de l'accident et ont procédé à la pose de cônes de signalisation et une réparation dans la foulée (cf photographies jointes) ;

- si le médecin du requérant a précisé et détaillé sont état de santé, il n'a pas déterminé, après consolidation, quels étaient les postes de préjudice selon la nomenclature Dintilhac qui seule permettra l'indemnisation de son entier préjudice.

Par un mémoire, enregistré le 28 décembre 2022, la Métropole Nice Côte d'Azur (NCA), représentée par Me Jacquemin, s'oppose à titre principal à la mesure d'expertise sollicitée pour défaut d'utilité et demande à titre subsidiaire au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage. En tout état de cause, elle sollicite la condamnation du requérant à lui verser la somme de 2.000 € sur le fondement de l'article L. 761-1 du Code de Justice Administrative.

La Métropole NCA fait valoir que :

- M. E n'apporte pas la preuve d'un lien de causalité entre la plaque en bois litigieuse et le préjudice allégué, les photographies versées au dossier n'étant pas renseignées (absence de date, de localisation géographique précise, horaire) ;

- aucun élément permet de déterminer ni la configuration des lieux, les caractéristiques de l'obstacle, telle que sa hauteur et périmètre du contentieux de l'ouvrage public ;

- l'attestation de témoins n'est pas circonstanciée et le requérant ne pouvait ignorer l'état de la chaussée, ce qui équivaut à une imprudence de sa part ;

- les circonstances du prétendu accident demeurent floues dès lors que l'Avenue Poincaré est longue et le compte-rendu des pompiers mentionne uniquement une intervention au niveau du 14 avenue de la Liberté ;

- le requérant ne démontre pas l'utilité de la mesure d'expertise, en arguant de la matérialité des faits et de l'existence d'un lien de causalité entre le dommage et le préjudice ;

- le médecin du requérant a procédé au constat précis et détaillé de son état de santé, la mission de l'expert n'apporterait aucun éclairage technique utile et nouveau.

Par un mémoire, enregistré le 2 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Yvelines, indique qu'elle s'associe à la demande d'expertise sollicitée et informe le juge des référés du montant provisoire des prestations qu'elle a été amenée à verser à M. E de 3 474,06 € dans l'accident sur la voie publique en litige. Elle demande au juge des référés de statuer ce que de droit sur les dépens.

Vu l'ensemble des pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Vu la décision en date du 20 septembre 2022 par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur l'utilité de la mesure d'expertise sollicitée :

1 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2 . M. D E demande au juge des référés de prescrire une expertise médicale afin d'évaluer l'étendue de ses préjudices résultant de la chute dont il a été victime avenue Poincaré à Eze (06360) le 25 avril 2022 sur le trottoir, alors qu'il circulait à pied. il invoque la présence d'un obstacle sur la voie publique non signalé alors que la Métropole NCA invoque une imprudence de la victime qui ne pouvait ignorer l'état de la chaussée. L'existence de ce défaut d'entretien normal, des responsabilités encourues pour entretenir cet ouvrage public et une éventuelle faute de la victime, de nature à exonérer totalement ou partiellement la responsabilité de la Métropole NCA, relèvent de la seule appréciation du juge du fond saisi d'un recours en responsabilité, enregistré au greffe sous le n° 2205773, et ne saurait au stade de la procédure en référé, qui avant tout procès au fond ne tend qu'à ordonner toute mesure utile d'expertise ou d'instruction, faire obstacle à la mesure sollicitée.

3 . Si la Métropole NCA, en sa qualité de gestionnaire des voies communales, soulève les absences de matérialité de l'accident litigieux et de l'existence d'un lien de causalité entre un ouvrage public et cet accident, il ressort toutefois du compte-rendu de sortie produit que les services de secours de Saint-Jean-Cap-Ferrat sont intervenus le 25 avril 2022 à 15h38 au niveau du 14 avenue de la Liberté (basse corniche M 6098 Gare SNCF Eze) pour secourir M. D E sur la voie publique pour une chute de sa hauteur. Ce document qui fait apparaitre un début de preuve de la matérialité de l'accident litigieux, vient à l'appui des dires du requérant qui a été transporté le jour même aux urgences du CHU de Nice.

4 . Il résulte de ce qui précède que l'expertise médicale sollicitée par M. D E aux fins de détermination de ses préjudices entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit au contradictoire de la Métropole NCA et de la CPAM des Yvelines et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 du dispositif de la présente ordonnance.

Sur les dépens :

5 . Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires " et aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

6 . Il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne, par suite, les conclusions présentées par la CPAM des Yvelines relatives aux dépens doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7 . Aux termes des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

8 . Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite les conclusions présentées par la Métropole NCA sur ce fondement doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de M. D E, de la Métropole NCA et de la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines.

Article 2 - L'expert aura pour mission :

1°) d'examiner M. D E et décrire s'il y a lieu un état antérieur à l'accident déclaré le 25 avril 2022 en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur ses lésions ou leurs éventuelles séquelles ;

2°) de prendre connaissance de l'intégralité de son dossier médical afférent à l'accident précité et à ses conséquences ;

3°) de décrire les blessures/éventuelles séquelles présentées par M. D E ;

4°) d'évaluer l'étendue des préjudices qui ont résulté de l'accident :

· durée du Déficit Temporaire Total ou Partiel,

· date de consolidation des blessures,

· pourcentage du Déficit Permanent Partiel,

· troubles dans les conditions d'existence indépendamment ou non de leurs conséquences pécuniaires (préjudice professionnel) - importances respectives des souffrances physiques endurées, du préjudice d'agrément, du préjudice esthétique et de l'éventuel préjudice sexuel ;

5°) de préciser, si besoin est, les frais futurs, médicaux ou d'aménagement et dire si l'état de la victime est susceptible d'évoluer ;

6°) de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies, permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis dans le cadre d'un éventuel recours en responsabilité ;

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesse, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par l'expert, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie.

L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif conformément aux prescriptions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative ;

Si, le cas échéant avec l'accord des parties, l'expert prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser le président du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.

Article 3 - Est désigné en qualité d'expert :

M. le docteur B A exerçant au 40, boulevard Victor Hugo à Nice (06000)

Article 4 - L'expert, après avoir prêté serment par écrit, accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles R. 621-7 et suivants du code de justice administrative.

Il déposera son rapport :

* soit en deux exemplaires, dont un original, au greffe du tribunal administratif

* soit sur la plateforme d'échange du Conseil d'Etat (https://echange.conseil-etat.fr)

dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, et en adressera simultanément un exemplaire à chacune des parties en cause, qui peut s'opérer sous forme électronique, avec leur accord.

Article 5 - Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 - La présente ordonnance sera notifiée à M. D E, à la Métropole Nice Côte d'Azur, à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines et à M. le docteur B A, expert.

Fait à Nice, le 23 mai 2023.

signé

Patrick SOLI

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

2205857

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions