Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2300030

vendredi 13 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2300030
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Oloumi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans le délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui communiquer la décision administrative prise à son encontre ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où le préfet des Alpes-Maritimes, d'une part, n'a pas répondu à sa demande tendant à la communication d'une décision administrative le concernant et, d'autre part, refuse de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

- les mesures sollicitées sont utiles dès lors que, d'une part, la délivrance d'un récépissé lui permettrait notamment de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire national et, d'autre part, la communication d'une décision administrative le concernant lui permettrait d'exercer son droit d'exercer un recours effectif à l'encontre de cette décision éventuelle ;

- en l'absence de communication d'une décision administrative concernant sa demande de titre de séjour, les mesures sollicitées ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut, d'une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de la requête de M. B et, d'autre part, au rejet de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. A B, ressortissant tunisien né le 5 novembre 1992, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, d'une part, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler et, d'autre part, la décision administrative prise à son encontre.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

En ce qui concerne la communication d'une décision administrative :

5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du mémoire en défense produit le 11 janvier 2023 par le préfet des Alpes-Maritimes, que M. B s'est vu notifier un arrêté du 1er juillet 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il possède la nationalité. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui communiquer une décision concernant sa situation administrative sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

En ce qui concerne la délivrance d'un récépissé :

6. Conformément à ce qui a été dit au point 5, le préfet des Alpes-Maritimes a, par un arrêté du 1er juillet 2022, rejeté la demande de titre de séjour déposée par M. B et a fait obligation à ce dernier de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par suite, la mesure sollicitée par M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler doit être regardée comme faisant nécessairement obstacle à la décision du 1er juillet 2022 précitée. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à cette fin.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui communiquer une décision administrative au sujet de sa demande de titre de séjour.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 13 janvier 2023.

Le juge des référés,

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,