lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300054 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
| Avocat requérant | CONCAS |
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouget, présidente ;
- et les observations de M. C représentant le département des Alpes-Maritimes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par les présentes requêtes, enregistrées sous les n°s 2300054 et 2302886, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire, formé le 14 janvier 2022, contre un indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 15 153,76 euros pour la période allant de février 2019 à décembre 2021 et d'annuler la contrainte émise le 3 mars 2023 par le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, d'un montant de 757,35 euros.
Sur la jonction :
2. Les requêtes présentées par M. A, qui concernent la situation d'un même allocataire, présentent à juger des questions connexes et font l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ".
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles que, lorsque le bénéficiaire d'allocations s'est vu notifier une décision de récupération de sommes indûment perçues et qu'il entend contester en tout ou partie le caractère indu des montants correspondants, de même lorsqu'il entend contester une décision portant suspension des droits au revenu de solidarité active, il lui appartient de saisir préalablement l'organisme qui lui sert ces allocations, dans les conditions, respectivement prévues aux articles R. 262-88 et R. 847-2 des codes précités. Il peut utilement contester devant le juge administratif tant la régularité que le bien-fondé de la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire, qui se substitue à la décision initiale de récupération d'indus et est, par suite, seule susceptible d'être déférée au juge compétent.
5. En l'espèce, par une décision du 4 février 2022, le département des Alpes-Maritimes a statué sur le recours administratif que M. A a formé le 14 janvier 2022 à l'encontre de la décision du 6 janvier 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié plusieurs indus de prestations sociales. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête de M. A dirigées contre la décision implicite de rejet et de les regarder comme dirigées contre la décision du 4 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 4 février 2022 portant confirmation d'un indu de revenu de solidarité active :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 3° () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération des sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
8. La décision du 4 février 2022 indique que l'indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 15 153,76 euros, mis à la charge de M. A pour la période allant de février 2019 à décembre 2021, trouve son origine dans l'absence de déclaration de revenus salariés, de pensions alimentaires et de libéralités et dans l'absence du territoire national à hauteur de 114 jours entre décembre 2018 et avril 2019. Ladite décision vise également les articles L. 262-3 et L. 262-5 du code de l'action sociale et des familles. Dès lors, elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".
10. Le recours administratif préalable obligatoire institué par l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles est destiné à remédier à l'absence de procédure contradictoire en permettant à l'administré de faire valoir ses observations sur la décision défavorable qui lui est opposée. Si M. A se prévaut de la méconnaissance du principe du contradictoire, notamment en ce qu'il n'a pas pu avoir une communication de la copie du rapport d'enquête du 25 octobre 2021, il résulte toutefois de l'instruction qu'il a nécessairement eu connaissance des faits qui lui étaient reprochés lors de la notification de la décision du 6 janvier 2021 mettant à sa charge un indu de revenu de solidarité active, trois indus de prime exceptionnelle de fin d'année et un indu d'aide exceptionnelle de solidarité. En tout état de cause, l'intéressé a formé un recours administratif préalable obligatoire le 14 janvier 2022, lequel a été rejeté, concernant l'indu de revenu de solidarité active, par une décision du président du conseil départemental du 4 février 2022 et, concernant les indus restants, par le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, après avis de la commission de recours amiable, par des décisions des 16 mars et 20 avril 2022. L'ensemble de ces décisions indique les faits ayant généré les indus. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire ne peut qu'être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 262-3 du code précité : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. () / L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
12. Il résulte de l'instruction que M. A est bénéficiaire du revenu de solidarité active à compter de sa demande en date du 18 mai 2018. Il a fait l'objet d'un contrôle de ses ressources et de sa situation, diligenté par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Le rapport d'enquête, établi le 25 octobre 2021 par cet agent, a révélé que M. A avait omis de déclarer des aides financières émanant de ses parents ainsi que des revenus salariés perçus depuis l'étranger. La caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié, par un courrier du 6 janvier 2022, un indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 15 153,76 euros pour la période allant de février 2019 à décembre 2021, trois indus de prime exceptionnelle de fin d'année, d'un montant respectif de 152,45 euros au titre des années 2019, 2020 et 2021, et deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité, d'un montant respectif de 150 euros au titre des mois de mai et novembre 2020. Par un courrier du 14 janvier 2022, M. A a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Par un courrier du 4 février 2022, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté le recours administratif préalable obligatoire du requérant. Par un courrier du 28 février 2022, le président du conseil départemental, après avis de l'équipe pluridisciplinaire du même jour, a prononcé à l'encontre de l'intéressé une amende administrative d'un montant de 1 000 euros, laquelle n'est pas contestée.
13. En l'espèce, M. A soutient que les aides financières versées par ses parents, dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier, n'avaient pas à être déclarées. Toutefois, il résulte des dispositions de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles précité que tout allocataire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé de verser l'allocation tout changement intervenu dans sa situation, notamment s'agissant de ses ressources. De plus, et dès lors que les formulaires de déclaration trimestrielle de ressources comportent les rubriques " pensions alimentaires perçues ", " aides et secours financiers réguliers " et " autres ressources ", M. A ne peut sérieusement soutenir qu'il ignorait que les aides financières versées par ses parents, qui représentent un montant total de 14 295 euros entre décembre 2018 et août 2021, n'étaient pas soumises à obligation de déclaration. En outre, il est constant que M. A n'a pas déclaré auprès des services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes s'être absenté du territoire français pendant 114 jours pour la période de décembre 2018 à décembre 2019. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a confirmé, par la décision du 4 février 2022, l'indu de revenu de solidarité active en litige.
14. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".
15. Il résulte de ces dispositions que l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations fait obstacle à l'application de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale de droit commun. Par ailleurs, si le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations est de nature à reporter, à la date de la découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu. La notion de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.
16. En l'espèce, M. A fait valoir que la créance de l'administration relative à l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge pour la période comprise entre février 2019 et décembre 2021 inclus était prescrite. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 13 du présent jugement, l'indu en cause a pour origine, d'une part, l'omission de déclaration de plusieurs ressources perçues par M. A et, d'autre part, une absence non déclarée du territoire français de 114 jours pour la période de décembre 2018 à décembre 2019. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme ayant procédé à de fausses déclarations répétées, de sorte que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes était fondé à procéder à la levée de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la créance en litige serait prescrite.
17. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département des Alpes-Maritimes, que les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 4 février 2022 portant confirmation de l'indu de revenu de solidarité active doivent être rejetées.
En ce qui concerne la contrainte délivrée le 3 mars 2023 :
18. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. () ".
19. M. A soutient que la contrainte est insuffisamment motivée, notamment en ce qu'elle ne prend pas en compte les éléments propres à sa situation. Toutefois, elle vise les articles L. 161-1-5 et R. 133-3 du code de la sécurité sociale, qui prévoient la procédure de recouvrement par voie de contrainte. De plus, la contrainte, qui renvoie à la mise en demeure du 4 octobre 2022, indique qu'elle correspond à " un indu de prime exceptionnelle de fin d'année de 152,45 euros versé à tort du 01/12/2020 au 31/12/2020 suite à révision de vos droits ", à " un indu de prime exceptionnelle de fin d'année de 152,45 euros versé à tort du 01/12/2021 au 31/12/2021 suite à révision de vos droits ", à " un indu de prime exceptionnelle de fin d'année de 152,45 euros versé à tort du 01/12/2019 au 31/12/2019 suite à l'absence de droit RSA sur la période de novembre à décembre ", à " un indu d'aide COVID-19 de 150 euros versé à tort du 01/11/2020 au 30/11/2020 suite à la révision de vos droits " et un " indu d'aide COVID-19 de 150 euros versé à tort du 01/05/2020 au 31/05/2020 suite à l'absence de droit RSA sur la période de novembre et décembre ". Dès lors, la contrainte émise le 3 mars 2023 comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent.
20. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure doit être écarté.
21. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul () ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2021 ou, à défaut, du mois de décembre 2021, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul () ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 : " Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : / 1° Le revenu de solidarité active ". Enfin, aux termes de l'article 1er du décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 : " Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : / 1° Le revenu de solidarité active ".
22. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 6 janvier 2022, le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a notifié à M. A trois indus de prime exceptionnelle de fin d'année, d'un montant respectif de 152,45 euros, au titre des années 2019, 2020 et 2021, et deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité, d'un montant respectif de 150 euros, au titre des mois de mai et novembre 2020. Par un courrier du 4 octobre 2022, l'intéressé a été mis en demeure de rembourser l'ensemble des sommes relatives à ces indus. En l'absence de remboursement, le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a émis à l'encontre du requérant, le 3 mars 2023, une contrainte d'un montant de 757,35 euros. Si l'intéressé soutient que les indus objet de la contrainte sont infondés dès lors qu'il n'a commis aucune erreur déclarative, il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit précédemment que le requérant a omis de déclarer plusieurs ressources entre décembre 2018 et août 2021, ainsi qu'une absence du territoire français de 114 jours entre décembre 2018 et décembre 2019. Dans ces conditions, de telles omissions ont eu pour effet de mettre fin rétroactivement aux droits du requérant en matière de revenu de solidarité active. Par voie de conséquence, et dès lors que les dispositions citées au point précédent précisent que l'attribution de la prime exceptionnelle de fin d'année et de l'aide exceptionnelle de solidarité est subordonnée à l'éligibilité au revenu de solidarité active au titre des mois concernés, le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes est fondé à en demander le remboursement, et c'est à bon droit qu'il a émis à l'encontre de l'intéressé la contrainte en date du 3 mars 2023.
23. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les indus en cause trouvent leur origine dans de fausses déclarations répétées, de sorte que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes était fondé à procéder à la levée de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que les créances en litige seraient prescrites.
24. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, que les conclusions à fin d'annulation de la décision de la contrainte du 3 mars 2023 doivent être rejetées.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A doivent être rejetées en toutes leurs conclusions, y compris celles présentées au titre d'injonction et des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Copie en sera adressé au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La présidente,La greffière,
signésigné
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
N°s 2300054, 2302886
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026