mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300255 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Vu la requête au fond, enregistrée au tribunal administratif de Nice sous le n° 2204800 après transmission par ordonnance en date du 4 octobre 2022 du président du tribunal administratif de Marseille.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli, président de la 3ème chambre, pour statuer sur les demandes de référés.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 30 janvier 2023 à 9 H 30, à laquelle les parties avaient été régulièrement convoquées :
- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;
- et les observations de Me Jocelyne-Elda Le Bretton, pour la SARL Aucar et de Mme A pour le préfet des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Aucar, qui exerce depuis 1986 l'activité " d'achat, vente, location de véhicules neufs et d'occasion, récupération, démolition, négoce de pièces détachées neuves et d'occasion ", demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution du titre de perception émis à son encontre le 23 septembre 2021, d'un montant de 25 700 euros, par la DRFIP PACA et des Bouches-du-Rhône.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
4. Si la société requérante produit une attestation et des pièces justificatives établies par la société d'expertise comptable Caratini et associés, selon lesquelles elle a une santé économique précaire et présente des comptes de résultats déficitaires ou à peine à l'équilibre au cours des dernières années, elle ne fournit aucun élément comptable détaillé pour l'année 2022 permettant de conclure à une cessation de paiement en cas de liquidation de l'astreinte émise à son encontre. Dans ces conditions, et alors, au surplus, qu'au cours de la dernière visite sur place qui a eu lieu le 26 septembre 2022, les inspecteurs de l'environnement ont constaté que le gérant exploitait toujours illégalement une installation de stockage, démontage, dépollution de véhicules hors d'usage, sur une surface de plus de 100 m², ce qui contrevient à l'intérêt général dès lors que la SARL Aucar ne s'est pas mise en conformité avec la réglementation relative à l'environnement et la sécurité, la condition d'urgence ne saurait être regardée comme étant remplie en l'espèce.
5. La requête de la SARL Aucar doit donc être rejetée en toutes ses conclusions sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense ni d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'acte contesté.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SARL Aucar est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Aucar et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice le 7 février 2023.
Le juge des référés
Signé
O. Emmanuelli
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
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