jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300274 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M d'IZARN de VILLEFORT |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 janvier 2023 et 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Colliou, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par le maire de Cagnes-sur-Mer sur la mise en demeure du 15 juillet 2022 de procéder à l'entretien de la vigne vierge poussant le long de son habitation et du recours gracieux du 14 novembre 2022 assorti d'une nouvelle mise en demeure ;
2°) d'enjoindre à la commune de Cagnes-sur-Mer de procéder, dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, à l'abattage du pied de vigne et à tous actes de dévitalisation du système racinaire ;
3°) de condamner la commune de Cagnes-sur-Mer à lui verser la somme de 7 000 euros en réparation du préjudice subi avec intérêts au taux légal à compter du 15 novembre 2022 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Cagnes-sur-Mer la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en maintenant un plant de vigne vierge poussant sur une voie communale le long de son habitation, la commune a manqué à son obligation d'entretien de la voirie communale ;
- cette végétation, qui constitue un accessoire de la voie communale et lui emprunte son caractère d'ouvrage public, est un ouvrage public irrégulièrement implanté dont il est en droit d'obtenir le retrait ;
- la responsabilité de la commune est engagée sans faute à raison du dommage anormal et spécial en résultant ;
- la responsabilité de la commune est engagée pour faute du fait de l'illégalité des décisions refusant de procéder au retrait de la vigne vierge et de son inaction prolongée ;
- il a subi un préjudice financier et des troubles de jouissance divers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, la commune de Cagnes-sur-Mer, représentée par Me Plénot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le défaut d'entretien normal allégué n'est pas établi ;
- ni la réalité du dommage, ni son caractère anormal ne sont établis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Izarn de Villefort,
- les conclusions de M. Myara, rapporteur public,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par lettre du 15 juillet 2022, M. B, propriétaire d'une maison située au 42 montée de la Bourgade à Cagnes-sur-Mer, a mis en demeure le maire de cette commune de procéder à l'entretien de la vigne vierge poussant à partir de cette rue le long d'un mur voisin puis sur la façade de sa maison. Par lettre du 14 novembre 2022, il a contesté devant le maire la décision implicite de rejet née du silence gardé par celui-ci sur cette première mise en demeure, lui a adressé une nouvelle mise en demeure et a demandé réparation du préjudice subi. Il demande au tribunal d'annuler les décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par le maire de Cagnes-sur-Mer sur ses deux demandes des 15 juillet 2022 et 14 novembre 2022, d'enjoindre à la commune de Cagnes-sur-Mer de procéder à l'abattage du pied de vigne et à tous actes de dévitalisation du système racinaire et de condamner la commune de Cagnes-sur-Mer à lui verser la somme de 7 000 euros en réparation du préjudice subi.
Sur le cadre du litige :
2. La personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement. Elle peut également, lorsqu'elle établit la persistance du comportement fautif de la personne publique responsable et du préjudice qu'elle lui cause, assortir ses conclusions indemnitaires de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets. De telles conclusions à fin d'injonction ne peuvent être présentées qu'en complément de conclusions indemnitaires. De la même façon, le juge administratif ne peut être saisi, dans le cadre d'une action en responsabilité sans faute pour dommages de travaux publics, de conclusions tendant à ce qu'il enjoigne à la personne publique de prendre les mesures de nature à mettre fin au dommage ou à en pallier les effets, qu'en complément de conclusions indemnitaires.
3. Il appartient en outre au juge, saisi de conclusions tendant à ce que la responsabilité de la personne publique soit engagée, de se prononcer sur les modalités de la réparation du dommage, au nombre desquelles figure le prononcé d'injonctions, alors même que le requérant demanderait l'annulation du refus de la personne publique de mettre fin au dommage, assortie de conclusions aux fins d'injonction à prendre de telles mesures. Dans ce cas, il doit regarder ce refus de la personne publique comme ayant pour seul effet de lier le contentieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Il résulte de l'instruction, notamment des rapports d'expertise demandés par les assureurs des parties, qu'un plant de vigne vierge planté dans une jardinière posée sur la montée de la Bourgade au pied du mur clôturant le fonds riverain immédiatement voisin de la maison du requérant. Recouvrant ce mur, cette vigne s'est développée ensuite sur la façade de la maison appartenant à M. B. Ce dernier, tiers à la voie publique, peut rechercher la responsabilité sans faute de la commune de Cagnes-sur-Mer pour réparer les dommages qui résultent de la présence de cet ouvrage et de ses modalités d'entretien.
5. Ces rapports indiquent que l'intéressé a retiré cette vigne sur sa façade. Ils relèvent aussi l'absence de dommages sur cette façade en pierre hourdée, la vigne vierge ne rentrant pas dans l'interstice des pierres comme le fait au contraire le lierre. Si M. B fait état d'infiltrations, du développement de pousses sous le toit, d'une gouttière bouchée et de la présence de rongeurs attirés par les fruits produits par la vigne, aucun des deux rapports ne confirme, selon le cas, l'existence de tels dommages ou leur lien de causalité avec cette végétation alors qu'il a participé aux deux opérations d'expertise. En revanche, alors même que la commune s'est engagée à nettoyer la façade concernée, le surcroît d'entretien de son bien pendant plusieurs années résultant du développement de cette végétation est à l'origine de troubles de jouissance qui doivent être réparés à hauteur de 500 euros. Par suite, M. B est fondé à demander la condamnation de la commune de Cagnes-sur-Mer au versement d'une indemnité de 500 euros, y compris tous intérêts échus à la date du présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Un courrier de l'expert de l'assureur de la commune, daté du 29 avril 2023, indique que le pied de vigne litigieux a été coupé par les services municipaux à cette date. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait été procédé à l'arrachage complet de ce pied ou à une véritable dévitalisation du système racinaire, seules mesures de nature à empêcher la repousse de cette végétation et donc à mettre fin au dommage. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner à la commune de Cagnes-sur-Mer d'y procéder en lui impartissant un délai de deux mois.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Cagnes-sur-Mer demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Cagnes-sur-Mer une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La commune de Cagnes-sur-Mer est condamnée à verser à M. B une indemnité de 500 euros, tous intérêts échus à la date du présent jugement.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Cagnes-sur-Mer de procéder à l'arrachage complet du pied de vigne vierge poussant sur la montée de la Bourgade ou à la dévitalisation de son système racinaire de nature à empêcher la repousse de cette végétation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Cagnes-sur-Mer versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Cagnes-sur-Mer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera adressé M. A B et à la commune de Cagnes-sur-Mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P. d'IZARN de VILLEFORT La greffière,
signé
E. GIALIS
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026