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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2300521

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2300521

jeudi 9 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2300521
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Almairac, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de titre de séjour, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de justifier de l'envoi par voie postale de cette autorisation au cas où cet envoi interviendrait en cours de procédure, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est satisfaite dans la mesure où le refus du préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de titre de séjour et, par conséquent, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'empêche, notamment, de justifier de la régularité de son séjour, de s'occuper de son enfant mineure et d'accéder à un emploi ; pour les mêmes raisons, les mesures sollicitées sont utiles ;

- les mesures sollicitées ne font obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- les mesures sollicitées ne font l'objet d'aucune contestation sérieuse ;

- il a déposé un dossier complet et a droit à un récépissé.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Par la présente requête, M. A B, ressortissant géorgien né le 13 avril 1990, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de titre de séjour, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de justifier de l'envoi par voie postale de cette autorisation au cas où cet envoi interviendrait en cours de procédure, dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la présente ordonnance et sous astreinte.

4. Il résulte de l'instruction que M. B est entré sur le territoire français le 15 février 2019, accompagné de son épouse et de sa fille mineure, pour y déposer une demande d'asile. Il est constant que la demande d'asile déposée le 7 mars 2019 par l'intéressé a été rejetée le 30 septembre 2019 par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et, de manière définitive, par une décision n° 19056720 rendue le 28 janvier 2020 par la cour nationale du droit d'asile (CNDA). Il résulte également de l'instruction que M. B, qui a sollicité son admission exceptionnelle au séjour par une demande réceptionnée le 16 décembre 2022 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes, s'est vu opposer un courrier du 27 décembre 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui indiquait que sa demande, déposée plus de deux mois à compter de la remise de la notice d'information intervenue le 7 mars 2019, était irrecevable dans la mesure où, au surplus, il ne justifiait d'aucune circonstance nouvelle lui permettant de solliciter un titre de séjour à l'expiration de ce délai.

5. Pour justifier de l'urgence de la demande au regard des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le requérant soutient que son épouse, Mme C, qui est titulaire d'une carte de séjour temporaire pour soins médicaux, est atteinte d'épilepsie instable généralisée et que, par conséquent, son état de santé nécessite son assistance permanente dans l'accomplissement des tâches quotidiennes. M. B fait également valoir qu'il ne peut travailler et accéder au droits sociaux pour subvenir aux besoins de sa fille mineure scolarisée. L'intéressé se prévaut enfin d'une promesse d'embauche du 2 novembre 2022. Toutefois, il est constant que le titre de séjour détenu par l'épouse du requérant, qui, au demeurant, expire le 8 mars 2023, n'a pas vocation à conférer à M. B le droit de rester sur le territoire français. Au surplus, l'intéressé, qui soutient que le courrier du 27 décembre 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a déclaré irrecevable sa demande de titre de séjour est illégal et porte une atteinte à son droit au séjour, n'établit pas avoir déposé un recours à l'encontre de cette décision. Dans ces conditions, l'urgence particulière mentionnée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas, à la date de la requête et de la présente ordonnance, satisfaite.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle et celle présentées au titre de l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 9 mars 2023.

Le juge des référés,

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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