Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2300601

samedi 4 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2300601
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, Mme C B, représentée par Me Hajer Hmad demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer soit un titre de séjour en cours de validité, soit un récépissé de renouvellement de son titre de séjour autorisant son titulaire à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie car elle a présenté le 13 janvier 2023, soit en temps utile, une demande de renouvellement de son titre de séjour qui expire le 3 février 2023, or elle n'a reçu ni récépissé ni convocation pour retirer un titre de séjour. Par suite, elle ne peut plus justifier de la régularité de son séjour, ne pourra plus travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant et ne peut plus bénéficier de sa liberté d'aller et de venir et de son droit à la libre circulation ;

- le manquement du préfet à lui délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travail, à sa liberté d'aller et de venir et à sa liberté de circulation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante marocaine, née le 1er janvier 1980, demande au juge des référés d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer soit un titre de séjour en cours de validité, soit un récépissé de renouvellement de son titre de séjour autorisant son titulaire à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans le délai de quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

4. En premier lieu, il n'appartient pas au juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires, d'enjoindre la délivrance d'un titre de séjour.

5. En second lieu, Mme C justifie être titulaire d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " autorisant son titulaire à travailler, valable jusqu'au 3 février 2023. Par suite, à la date de la saisine du juge des référés, le 3 février 2023, Mme C disposait toujours d'un titre de séjour en cours de validité. Par ailleurs, et, au surplus, en se bornant à faire valoir qu'elle ne pourrait justifier de la régularité de son séjour, qu'elle ne pourrait plus bénéficier de son droit à la libre circulation et de sa liberté et de venir et qu'elle ne pourrait plus travailler et subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, sans établir qu'elle serait effectivement sur le point d'être licenciée, Mme C ne se prévaut pas de circonstances à caractériser une urgence telle qu'une mesure doive être prise dans le délai de quarante-huit heures.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, Mme C n'étant pas fondée à saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, sa requête doit, en toutes ses conclusions, être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B.

Copie en sera adressée pour information au Préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 4 février 2023.

La juge des référés,

J. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,