mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300809 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY - AVOCATS ASSOCIES - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 février 2023 et le 21 mars 2023, le syndicat SUD CT 06 demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2022 par laquelle la ville de Nice a rejeté son recours administratif préalable contre les opérations électorales du 8 décembre 2022 ;
2°) d'annuler les élections professionnelles de la commission administrative paritaire de catégorie C de la ville de Nice ;
3°) d'enjoindre à la ville de Nice d'organiser de nouvelles élections professionnelles de la commission administrative paritaire de catégorie C de la ville de Nice ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Nice la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 16 décembre 2022 est entachée d'un vice d'incompétence aux motifs que le signataire ne justifie pas d'une délégation de signature et que la désignation de la présidente du bureau central de vote est irrégulière ;
- elle est entachée d'une violation directe de la loi et d'une erreur de droit ;
- les opérations électorales sont irrégulières au regard du non-respect des règles relatives à l'utilisation des logos par les organisations syndicales et à la date de dépôt des professions de foi prévues par le protocole électoral, au vote par correspondance, à l'implantation des bureaux de vote, de l'utilisation de moyens de communication professionnels à des fins de propagande électorale, du non-respect de l'interdiction de la propagande électorale le jour du scrutin et du non-respect de la confidentialité du scrutin.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la ville de Nice, représentée par le cabinet Bardon et de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat SUD CT 06 au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mars 2023.
Un mémoire pour la ville de Nice a été enregistré le 30 mars 2023, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-229 du 17 avril 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, conseillère,
- les conclusions de M. Soli, rapporteur public,
- et les observations de Mme C, représentant le syndicat SUD CT 06, et de
Me Lesure, représentant la ville de Nice.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion des élections professionnelles de la commission administrative paritaire de catégorie C de la ville de Nice du 8 décembre 2022, le syndicat SUD CT 06 a obtenu 4,79 % des voix, soit 51 voix, ne lui permettant pas d'obtenir de siège. Par courrier du 13 décembre 2022, ce syndicat a présenté un recours administratif préalable obligatoire auprès de la présidente du bureau central de vote qui a été rejeté par décision du 16 décembre 2022. Par la présente requête, le syndicat SUD CT 06 demande au tribunal d'annuler les élections professionnelles de la commission administrative paritaire de catégorie C de la ville de Nice, ensemble la décision du 16 décembre 2022 portant rejet de son recours administratif préalable obligatoire.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article 25 du décret du 17 avril 1989 relatif aux commissions administratives paritaires des collectivités territoriales et de leurs établissements publics : " Sans préjudice des dispositions du dernier alinéa du I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée, les contestations sur la validité des opérations électorales sont portées dans un délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats devant le président du bureau central de vote puis, le cas échéant, devant la juridiction administrative. Le président du bureau de vote central statue dans les quarante-huit heures. Il motive sa décision. Il en adresse immédiatement une copie au préfet. ".
3. En l'espèce, la décision du 16 décembre 2022 portant rejet du recours administratif préalable obligatoire du syndicat SUD CT 06 a pour seul objet de lier le contentieux. Dès lors, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée cette décision sont sans incidence sur la solution du litige.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des élections professionnelles de la commission administrative paritaire de catégorie C de la ville de Nice :
4. Le syndicat SUD CT 06 soutient que les opérations électorales sont irrégulières au regard du non-respect des règles relatives à l'utilisation des logos par les organisations syndicales et à la date de dépôt des professions de foi prévues par le protocole électoral, au vote par correspondance, à l'implantation des bureaux de vote, de l'utilisation de moyens de communication professionnels à des fins de propagande électorale, du non-respect de l'interdiction de la propagande électorale le jour du scrutin et du non-respect de la confidentialité du scrutin.
5. En premier lieu, aux termes de l'article 14 du décret du 17 avril 1989 relatif aux commissions administratives paritaires des collectivités territoriales et de leurs établissements publics : " L'autorité territoriale fixe après consultation des organisations syndicales représentées aux commissions administratives paritaires relevant de la collectivité ou de l'établissement le modèle des bulletins de vote et des enveloppes. Les bulletins de vote comportent l'objet et la date du scrutin, le nom de l'organisation syndicale ou des organisations syndicales qui présentent les candidats, le nom et la catégorie des candidats. Il est également fait mention sur le bulletin de vote, le cas échéant, de l'appartenance de l'organisation syndicale, à la date du dépôt des listes, à une union de syndicats à caractère national. Les bulletins de vote font apparaître l'ordre de présentation de la liste de candidats. () ".
6. Aux termes de l'article 4-1 du protocole d'accord entre la ville de Nice et les organisations syndicales : " Le format de tous les bulletins sera de 21 cm x 13.5 cm. (Format A5). Les organisations syndicales peuvent faire figurer en haut à gauche du bulletin de vote leur logo d'un format total de 4 centimètres x 4 centimètres. De même, en cas de liste commune de plusieurs organisations syndicales ou pour les organisations syndicales souhaitant faire apparaître le logo de leur fédération, le format total ne devra pas dépasser 4 centimètres x 4 centimètres ". Et aux termes de l'article 4-2 de ce même protocole : " La profession de foi devra être transmise au Pôle Ressources Humaines par les organisations syndicales : / - Au plus tard le 7 octobre 2022 lorsque le Pôle Ressources Humaines prend en charge la production du document. - Au plus tard le 14 octobre 2022 lorsque l'organisation syndicale prend en charge la production du document. ".
7. D'une part, le syndicat requérant n'établit pas que la taille des logos figurant sur les bulletins du syndicat CFCT/SNT CFE CGC serait supérieure à 4 cm. A supposer même cette circonstance établie, elle n'est pas de nature à avoir altéré la sincérité du scrutin, eu égard l'écart de voix entre le syndicat CFCT/SNT CFE CGC, qui a obtenu 114 voix, et le syndicat SUD CT 06 qui a obtenu 51 voix. Par ailleurs, si le syndicat SANCA a ajouté un second logo sur son bulletin de vote, cette circonstance n'est pas davantage de nature à altérer la sincérité du scrutin, dès lors qu'il a obtenu 298 de voix, soit 247 de plus que SUD CT 06. En outre, si le logo du syndicat SANCA représente notamment un aigle, qui figure également sur les armoiries de la ville de Nice, ce qui au demeurant n'est interdit par aucune disposition, il ne résulte pas de l'instruction que cette circonstance ait été de nature à créer une confusion dans l'esprit des électeurs.
8. D'autre part, le syndicat SUD CT 06 ne peut sérieusement soutenir que certains syndicats, au demeurant non cités, n'auraient pas respecté la date de dépôt des professions de foi au seul motif qu'un mail de relance a été adressé à tous les syndicats le 11 octobre 2022 alors même que le dépôt des professions de foi pouvait être effectué jusqu'au 14 octobre 2022.
9. En deuxième lieu, le syndicat SUD CT 06 soutient que le syndicat SANCA a diffusé à des fins de propagandes électorales des messages sur un groupe de messagerie partagée à usage professionnel. Toutefois, il résulte de l'instruction que les messages en cause, dont la copie est versée au dossier, ne sont pas datés et qu'ils ne permettent pas d'identifier leurs destinataires. Au demeurant, le faible nombre des messages en cause n'a pas été de nature à porter atteinte à la sincérité du scrutin.
10. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que si des caméras se trouvaient au-dessus de certains isoloirs, celles-ci ont été occultées par l'installation de carton et les isoloirs déplacés, ainsi qu'il en résulte du procès-verbal du bureau central n°55 versé au dossier par le syndicat requérant et par les attestations de M. A, cheffe de mission dialogue social, du 6 mars 2023, et de M. B, responsable du groupe gestion du temps de travail, du 10 mars 2023.
11. En quatrième lieu, la circonstance que certains agents n'ont pas pu voter à l'urne au motif qu'ils avaient reçu le matériel de vote par correspondance, ainsi que le démontre le procès-verbal du bureau de vote n° 30 s'agissant de deux électeurs, n'est pas de nature à altérer la sincérité du scrutin, dès lors que ces derniers n'ont pas été empêché de participer au scrutin. Par ailleurs, si le syndicat SUD CT 06 soutient que plusieurs agents n'ont pas reçu le matériel de vote par correspondance ou que celui-ci était erroné, il ne verse aucune pièce justificative suffisamment probante à l'appui de ces allégations.
12. En cinquième et dernier lieu, le syndicat requérant soutient que certains bureaux de vote ont été délocalisés et que d'autres n'étaient pas accessibles aux agents au motif qu'un badge était nécessaire et enfin que des membres du syndicat SANCA-UNSA présents devant plusieurs bureaux de vote le jour du scrutin indiquaient aux agents de voter pour leur syndicat et les accompagnaient à l'intérieur du bureau de vote pour choisir le bulletin à prendre. Toutefois, le syndicat SUD 06 n'apporte aucun élément probant permettant d'en établir la réalité et l'ampleur.
13. Par suite, le syndicat SUD CT 06 n'est pas fondé à soutenir que les opérations électorales sont entachées d'irrégularités de nature à avoir altéré la sincérité du scrutin.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des élections les élections professionnelles du comité social territorial de la ville de Nice doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la ville de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
16. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du syndicat SUD CT 06 la somme que demande la ville de Nice au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat SUD CT 06 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la ville de Nice tendant à appliquer les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat SUD CT 06 et à la ville de Nice.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Génovèse, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F.PASCALLa greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026