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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2301000

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2301000

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2301000
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme POUGET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme B, qui demandait l'annulation du refus de remise de sa dette de revenu de solidarité active (RSA) de 7 578,67 euros et l'octroi d'une remise totale. Le tribunal a estimé que l'indu résultait d'une omission délibérée de déclarer ses pensions de retraite, constituant une fausse déclaration au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. Cette fausse déclaration fait obstacle à toute remise de dette, même en cas de bonne foi ou de précarité. La solution retenue est donc le rejet de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2023, Mme D B doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé de lui accorder une remise de sa dette de revenu de solidarité active, d'un montant de 7 578,67 euros ;

2°) de lui accorder une remise totale de sa dette.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi, qu'elle ignorait devoir déclarer le bénéfice de l'allocation de solidarité aux personnes âgées et qu'elle est dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouget, présidente,

- et les observations de Mme A, représentant le département des Alpes-Maritimes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 février 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé de lui accorder une remise de sa dette de revenu de solidarité active, d'un montant de 7 578,67 euros. Elle demande également que lui soit accordé une remise totale de sa dette.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

3. D'autre part, aux termes premier alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ". Aux termes du onzième alinéa du même article : " La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

4. Il appartient au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande gracieuse de remise ou de réduction d'indu, non seulement d'apprécier la légalité de cette décision, mais aussi de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de la décision propre, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle de cet indu. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration. Par ailleurs, il résulte de la combinaison des dispositions précitées que si le président du conseil général a la faculté de procéder à la remise ou à la réduction de la dette de l'allocataire en cas de précarité financière du débiteur de bonne foi d'un trop-perçu de revenu de solidarité active, cette faculté ne peut s'exercer dans le cas où l'indu est imputable à une manœuvre frauduleuse ou à une fausse déclaration. Au nombre des fausses déclarations figurent les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative de l'ensemble des ressources de toutes les personnes composant le foyer.

5. Il résulte de l'instruction que Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active à compter de sa demande en date du 26 novembre 2015. Après consultation du registre national commun des prestations sociales, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a constaté que la requérante avait omis de déclarer une partie de ses pensions de retraite. La caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié, par un courrier du 17 novembre 2022, un indu de revenu de solidarité active, d'un montant de 7 578,67 euros pour la période allant du 1er août 2021 au 31 octobre 2022. Par un courrier du 20 décembre 2022, Mme B a sollicité une remise sa dette, laquelle a été refusée par une décision du 9 février 2023.

6. En l'espèce, Mme B soutient qu'elle est de bonne foi dès lors qu'elle ignorait devoir déclarer ses allocations de minimum vieillesse, ayant été induite en erreur par une travailleuse sociale. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'allocation de solidarité aux personnes âgées, que la requérante a omis de déclarer durant 15 mois, est accordé aux retraités percevant des faibles revenus. Dans ces conditions, l'intéressée ne peut sérieusement soutenir qu'elle ignorait devoir déclarer de telles allocations. Mme B, étant de surcroît allocataire du revenu de solidarité active depuis 2015, elle a nécessairement été sensibilisée, au travers des déclarations trimestrielles, à l'obligation pesant sur chaque allocataire de déclarer l'intégralité des ressources perçues. Au demeurant, la requérante n'établit pas, par la production de pièces, être dans une situation financière faisant obstacle au remboursement de l'indu en litige. Par suite, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé d'accorder à l'intéressée la remise de sa dette de revenu de solidarité active.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

La présidente,La greffière,

signésigné

M. C

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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