LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2301258

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2301258

mercredi 7 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2301258
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELARL ASKESIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en plein contentieux, a rejeté la demande de M. et Mme F... tendant à la décharge de cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales pour 2018. Le tribunal a jugé que les requérants, taxés d’office, n’apportaient pas la preuve que la somme de 150 000 euros créditée sur leur compte provenait d’un prêt, faute de date certaine du contrat et de remboursement probant. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 193 et R. 193-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que sur les articles L. 16 et L. 69 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 13 mars 2023, 22 juillet et 1er octobre 2024, M. D... F... et Mme G... B..., représentés par Me Koban, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales qui leur ont été assignées au titre de l’année 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- c’est à tort que l’administration a considéré que la somme de 150 000 euros créditée sur le compte bancaire de M. F... constitue un revenu imposable alors que cette somme résulte d’un prêt de M. C... A... à M. F... ;
- la non déductibilité de la pension versée au fils de M. F... méconnaît les dispositions du 2° du II de l’article 156 du code général des impôts ;
- la non déductibilité de cette pension méconnait la doctrine référencée BOI-IR-BASE-20-30-10 n°60.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, l’administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction du contrôle fiscal sud est outre-mer, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu’aucun des moyens soulevés par les requérants n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Raison,
- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public,
- et les observations de Me Lipperson, représentant M. et Mme F....


Considérant ce qui suit :

1. M. E... et Mme B... ont fait l’objet d’une procédure d’examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur les revenus perçus au titre de l’année 2018. A l’issue de ces opérations de contrôle, ils ont été assujettis, selon la procédure de taxation d’office, à des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l’année 2018 à raison des revenus qualifiés de revenus d’origine indéterminée, et selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de la même année à raison de la remise en cause de la déductibilité de la pension alimentaire versée au fils de M. F.... Après avoir formé une réclamation contentieuse qui a été implicitement rejetée par l’administration fiscale, M. E... et Mme B... demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires ainsi mises à leur charge.
Sur le bien fondé des impositions :
En ce qui concerne les revenus d’origine indéterminée :
2. En vertu de l’article L. 193 du livre des procédures fiscales : « Dans tous les cas où une imposition a été établie d’office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l’imposition ». Aux termes de l’article R. 193-1 du même livre : « Dans le cas prévu à l’article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l’imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ».
3. Il résulte de ces dispositions qu’il incombe aux contribuables régulièrement taxés d’office sur le fondement des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales d’établir que les sommes imposées en tant que revenus d’origine indéterminée, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie déterminée de revenus.
4. M. F... et Mme B..., qui ont été taxés d’office sur le fondement de l’article L. 69 du livre des procédures fiscales pour les revenus en litige dans la présente instance, supportent la charge de la preuve de l’exagération des impositions mises à leur charge relativement à ces revenus d’origine indéterminée.

5. En l’espèce, les requérants font valoir que la somme de 150 000 euros versée sur leur compte bancaire les 3 avril et 28 juin 2018 provient d’un prêt octroyé par M. C... A... et ne constitue donc pas un revenu imposable. Ils produisent à cet effet un contrat de prêt du 20 décembre 2018 conclu entre M. C... A..., prêteur, et M. F..., emprunteur, portant sur la somme globale de 532 500 euros au taux d’intérêt annuel de 1,5 %, emportant une obligation de remboursement le 1er juillet 2022, ainsi que deux avenants prolongeant le terme du remboursement au 31 décembre 2022 puis au 31 décembre 2024. Il résulte cependant de l’instruction que la date certaine du contrat de prêt en litige, conclu plusieurs mois après les versements des fonds sur le compte bancaire de M. F..., n’est pas établie en l’absence de déclaration ou d’un enregistrement auprès des services fiscaux. En outre, il n’est pas contesté que le remboursement des sommes en litige n’a pas eu lieu au terme convenu, et qu’en dépit de deux avenants conclus entre les parties destinés à prolonger le terme du remboursement, la somme de 150 000 euros n’a jamais fait l’objet d’un remboursement complet. Si les requérants produisent les justificatifs de deux virements effectués par M. F... portant sur les sommes de 11 000 et 30 000 euros les 10 et 22 avril 2024 référencés « Rbt/partieprêt/BenBarber », il résulte de l’instruction que ces paiements, intervenus au-delà du terme fixé au 31 mars 2024, qui ne couvrent qu’une faible partie de la somme en litige, ne permettent pas à eux seuls de vérifier que la somme en litige est bien issue d’un prêt. Enfin, si le requérant a mentionné dans sa déclaration n° 2044 de l’année 2017 l’existence d’un prêt personnel de 382 500 euros, sans précision de l’identité du prêteur ni des intérêts convenus, lequel aurait été versé entre avril 2017 et septembre 2017 sur le compte du requérant, cet élément n’est pas de nature à vérifier l’existence du prêt litigieux. Par suite, faute d’établir la réalité d’un prêt, les requérants ne démontrent pas que ces sommes ne pouvaient être regardées comme des revenus d’origine indéterminée.

En ce qui concerne la déductibilité de la pension alimentaire :

S’agissant de la loi fiscale :

6. Aux termes de l’article 156 du code général des impôts : « L’impôt sur le revenu est établi d’après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé (…) sous déduction : / (…) / II. Des charges ci-après lorsqu’elles n’entrent pas en compte pour l’évaluation des revenus des différentes catégories : / (…) / 2° (…) pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil (…) ; / (…) / La déduction est limitée, par enfant majeur, au montant fixé pour l’abattement prévu par l’article 196 B. (…) ».

7. Aux termes de l'article 205 du code civil : « Les enfants doivent les aliments à leurs père et mère, ou autres ascendants qui sont dans le besoin. ». Aux termes de l'article 207 du même code : « Les obligations résultant de ces dispositions sont réciproques ». Aux termes de l’article 208 du même code : « Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit ».

8. Pour pouvoir déduire de son revenu global imposable à l’impôt sur le revenu le montant des pensions versées à son enfant majeur, il appartient au contribuable d’apporter la preuve, d’une part, de ce qu’il était en mesure de verser de telles sommes et, d’autre part, de ce que ces sommes étaient nécessaires à la satisfaction des besoins de son enfant, au sens de l’article 208 du code civil.

9. Il est constant que M. F... a inscrit en charge déductible au titre de l’année 2018 la somme de 6000 euros correspondant à une pension alimentaire versée à François Xavier F..., son fils, dont il justifie de la qualité d’étudiant au cours de l’année en litige. Il résulte cependant de l’instruction qu’il n’est justifié par M. F... au cours de l’année en litige que du versement de la somme de 3 000 euros au profit de son fils, en exécution d’un jugement de divorce en date du 27 novembre 2008 aux termes duquel la pension alimentaire due s’élève à 500 euros mensuel. Dès lors, et sans que l’exercice d’une activité rémunératrice à hauteur de 14 791 euros annuel en parallèle de la poursuite de ses études par le bénéficiaire ne vienne faire obstacle à l’obligation alimentaire de son père, M. F... est fondé à demander la déduction de son revenu au titre de l’année 2018 de la somme de 3 000 effectivement versée. Par suite, la base imposable de M. F... et Mme B... à l’impôt sur le revenu au titre de l'année 2018 doit être réduite de la somme de 3 000 euros correspondant à la pension alimentaire versée au fils de M. F....
S’agissant de l’interprétation administrative de la loi fiscale :

10. Sur le fondement de l’article L. 80 A du livre des procédures fiscales, M. F... et Mme B... ne sont pas fondés à se prévaloir des énonciations du point 60 du bulletin officiel des impôts BOI-IR-BASE-20-30-10, qui ne fait pas une interprétation différente de la loi fiscale précédemment appliquée et ne saurait pallier les justifications de dépenses qu’ils n’apportent pas.

Sur les conclusions au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Aux termes de l’article L.761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ».

12. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. F... et Mme B... sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : La base imposable de M. F... et Mme B... à l’impôt sur le revenu au titre de l'année 2018 est réduite de la somme de 3000 euros correspondant à la pension alimentaire versée au fils de M. F... majeur.

Article 2 : M. F... et Mme B... sont déchargés, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l’année 2018 correspondant à la réduction en base prononcée à l’article 1er.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F... et de Mme B... est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D... F... et Mme G... B... et à l’administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction du contrôle fiscal sud est outre-mer.




Délibéré après l’audience du 3 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Thobaty, président,
Mme Raison, première conseillère,
M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 janvier 2026.

La rapporteure,


Signé


L. RaisonLe président,


Signé


G. Thobaty
La greffière,

Signé

N. Katarynezuk


La République mande et ordonne au ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions