vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301462 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | TERZAK-GERACI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mars 2023, Mme A B, épouse C, représentée par Me Terzak-Geraci, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre subsidiaire, de lui délivrer, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête de Mme B, épouse C.
Il soutient qu'un arrêté portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français a été pris à l'encontre de Mme B, épouse C, et lui sera prochainement notifié.
Par un mémoire, enregistré le 13 avril 2023, Mme B, épouse C, déclare maintenir l'ensemble des conclusions de sa requête.
Elle soutient, d'une part, n'avoir jamais été destinataire de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour évoquée par le préfet des Alpes-Maritimes et, d'autre part, à supposer l'existence de ladite décision, que le délai d'instruction dont disposait la préfecture des Alpes-Maritimes pour statuer sur sa demande de titre de séjour est largement dépassé.
Par des pièces complémentaires, enregistrées le 28 avril 2023, le préfet des Alpes-Maritimes communique au tribunal la copie de l'arrêté pris à l'encontre de Mme B, épouse C, ainsi que la preuve de son envoi postal.
Par une décision du 4 mai 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'admission de Mme B, épouse C, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A B, épouse C, ressortissante tunisienne née le 17 octobre 1980, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle et d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, un récépissé l'autorisant à travailler. Elle demande également que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais de l'instance.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il résulte de l'instruction que par une décision du 4 mai 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'admission de Mme B, épouse C, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, les conclusions de sa requête tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
En ce qui concerne la délivrance d'un titre de séjour :
5. Il n'appartient pas au juge des référés qui, selon les dispositions de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire, d'enjoindre à l'administration de délivrer le titre de séjour sollicité.
En ce qui concerne la délivrance d'un récépissé :
6. Il résulte de l'instruction que Mme B, épouse C, a fait l'objet d'un arrêté du préfet des Alpes-Maritimes portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Le préfet des Alpes-Maritimes, qui produit dans le cadre de la présente instance cet arrêté, justifie que le pli le contenant a été adressé à Mme B, épouse C, et retourné à son expéditeur en raison de l'impossibilité pour le facteur d'identifier la boîte à lettres de l'intéressée. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par la requérante fait nécessairement obstacle à l'arrêté pris par le préfet des Alpes-Maritimes à son encontre.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les conditions relatives à l'urgence et à l'utilité, que les conclusions aux fins d'injonction de la requête de Mme B, épouse C, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B, épouse C, tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, épouse C, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 23 juin 2023.
Le juge des référés
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
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