mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301769 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP DE ANGELIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par la présente requête, déposée le 6 avril 2023 et un mémoire enregistré le 1er juin 2023, la commune de Nice représentée par Me Simon Daboussy, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative d'ordonner une expertise au contradictoire des sociétés Bouygues Bâtiment Sud Est (BBSE), Architectures Anne Demians, Artelia et AC2, membres du groupement momentané d'entreprises, attributaire du marché public de conception réalisation de la cuisine centrale à Nice.
L'expertise devant permettre de :
-se prononcer sur les causes et origines des désordres et dysfonctionnements visés qui l'affectent, qu'elle impute à une non-conformité de l'équipement aux prescriptions du marché public qui pour certains compromettent son bon fonctionnement ;
- fournir tous éléments de nature à permettre d'évaluer ses préjudices.
La commune de de Nice fait valoir que :
- la cuisine centrale située au 271 boulevard du Mercantour à Nice élabore des repas au bénéfice des écoles primaires et maternelles, des accueils de loisirs et établissements de la petite enfance sur 123 sites de livraison ;
- le marché notifié le 6 juin 2016 a fait l'objet de travaux réceptionnés le 12 janvier 2019 avec réserves et la cuisine a été mise en service le 8 juillet 2019 ;
- face à l'inertie du groupement titulaire du marché elle a été contrainte de rapporter la réception de l'ouvrage ;
- l'expertise sollicitée devra porter sur les phénomènes de condensation apparus, de fuites dans le réseau lessiviel, la capacité de production, la non-conformité aux normes acoustiques, les équipements de chaufferie, la mini-cogénération, la zone de modulation, la non-conformité de la STEP au règlement métropolitain, les taux d'harmoniques, les équipements d'air comprimé, les non-conformités de l'ouvrage livré à la réglementation ICPE, le local tableau général basse tension (TGBT), le système de sécurité incendie ;
- l'expertise sollicitée est utile afin de lui permettre d'atteindre ses objectifs de production fixés dans le programme du marché et afin de faire perdurer l'exploitation de la cuisine centrale sans porter atteinte à la continuité du service public ;
- deux expertises amiables ont été diligentées et confiées à MM. C et F ;
- par ordonnance du 30 novembre 2021 le tribunal de commerce a désigné M. B en qualité d'expert pour se prononcer sur les désordres affectant le TGBT, expert remplacé le 14 décembre 2021 par M. H qui a déposé son rapport ;
- le 30 octobre 2020 le tribunal judiciaire a désigné Mme K pour expertiser des problèmes de résines à la demande de la société 4M en litige avec la société BBSE ;
- le 21 juin 2022 le tribunal de commerce a désigné l'expert M. I afin de se prononcer sur les problèmes de fuites sur le réseau (lessiviels) ;
- le 26 juillet 2022 l'expert judiciaire M. J a été désigné par le juge des référés du tribunal de commerce de Nice ;
- les expertises judiciaires relatives aux désordres affectant le réseau lessiviel et aux phénomènes de condensation ont été déposées en sa présence dans le but d'engager à l'égard de BBSE la responsabilité de ses sous-traitants et co-traitants ;
- le chef de mission visant à déterminer un défaut de conception n'est pas expressément mentionné dans les expertises ordonnées les 21 juin et 26 juillet 2022 et le chef de mission relatif à la détermination de ses préjudices est trop imprécis ;
- les expertises ordonnées par le tribunal de commerce de Nice sont réalisées dans le but de préserver les intérêts de BBSE et non les siens ;
- les désordres du réseau lessiviel peuvent faire l'objet d' une analyse documentaire bien que le réseau ait été remplacé ;
- le sinistre qui a endommagé les installations TGBT est intervenu lors d'une intervention de la société Ineo, sous-traitante du groupement titulaire au titre de son propre marché impliquant un engagement de sa responsabilité ;
- tous les désordres qu'elle a listés sont visés dans ses mises en demeure des 11 décembre 2019 et 25 mars 2022.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2023 , la SASU BBSE (Bouygues Bâtiment Sud Est) représentée par Me Alain de Angelis, demande au juge des référés de rejeter pour défaut d'utilité l'expertise sollicitée portant sur les désordres suivants :
.les phénomènes de condensation dans les locaux de production et sur les réseaux situés dans le plénum ;
.les fuites sur le réseau lessiviel ;
.le TGBT consécutivement à l'incendie survenu le 15 novembre 2019 ;
Elle ne s'oppose pas à la réalisation d'une expertise sur les autres désordres visés par la commune requérante sous ses réserves de recevabilité, de garantie, de responsabilité de fait et de droit.
La SASU BBSE fait valoir que :
- elle a procédé à la reprise de l'intégralité du réseau lessiviel à sas frais avancés le rendant parfaitement fonctionnel ;
- les points ne devant pas être expertisés font déjà l'objet des expertises judiciaires confiées à MM. I et J dont la commune requérante participe activement ;
- ces experts peuvent se prononcer sur un éventuel défaut de conception et pour chaque ouvrage l'incidence de l'absence de remède depuis 2019 aux désordres constatés ce qui induit l'appréciation des préjudices en découlant ;
- la commune de Nice demander une extension sur les points de mission qui lui paraitraient imprécis ;
- une expertise ordonnée par une autre autorité ( juridictionnelle ou pas) n'est pas de nature à rendre utile une expertise prescrite par la juridiction administrative ;
- l'expert H a validé la réparation du TGBT.
Par un mémoire enregistré le 24 mai 2023 les sociétés AC2R et Architecture Anne Demians, représentées par Me Laurent Cinelli, s'opposent à la mesure d'expertise sollicitée pour défaut d'utilité et demandent au juge des référés de limiter la mesure à des désordres non expertisés ou objet d'une mesure en cours et de condamner la ville de Nice au paiement des dépens et frais.
Elles font valoir que :
-la commune requérante :
. conteste en réalité le contenu des expertises réalisées qui ne lui convient pas alors qu'elle est bien partie à ces dernières ;
. ne produit aucun élément établissant la perte de fonctionnement de la cuisine centrale, non-conformité aux normes acoustiques et la cogénération ou les désordres des équipements de chaufferie ;
.dispose des éléments techniques nécessaires pour exercer un recours, les phénomènes de condensation et d'insuffisance des groupes froid faisant actuellement l'objet de l'expertise confiée à M. I ;
-les problèmes évoqués sur le TGBT, le réseau lessiviel, la puissance des groupes froid et de condensation sont déjà soumis à expertises dont la requérante est partie.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2023 la SAS Artella venant aux droits de la société Cotebat, représentée par Me Alexandre Magaud, formule ses protestations et réserves sur la demande d'expertise sollicitée par la commune de Nice, sans approbation de cette dernière, sous ses plus expresses réserves de droits et actions, de nullités, exceptions et fins de non-recevoir. Elle demande au juge des référés de statuer ce que de droit sur les dépens.
Vu l'ensemble des pièces du dossier.
Vu la requête déposée devant le juge du fond de la présente juridiction par la SASU BBSE enregistrée le 19 juin 2023 sous le n° 2302958 contestant les pénalités de retard notifiées au groupement attributaire du marché de conception-réalisation de la nouvelle cuisine centrale par la commune de Nice, suivant décision du 19 avril 2023 sur le fondement de l'absence de capacité de production des repas prévus au marché.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 . La commune de Nice demande au juge des référés d'ordonner une expertise au contradictoire du groupement attributaire du marché public de conception réalisation de la cuisine centrale à Nice, notifié le 6 juin 2016 portant sur divers désordres affectant la nouvelle cuisine centrale de Nice
Il ressort des pièces produites au dossier que certains désordres affectant la cuisine centrale mise en service en juillet 2019 ont fait l'objet d'expertises amiables confiées à M. F et à M. C qui a déposé son rapport le 12 octobre 2022, de constat des phénomènes de condensation et d'expertises judiciaires contradictoires.
Ces dernières concernent :
- les désordres qui ont affecté le revêtement de sol réalisé par la SARL 4M France et sur leurs conséquences (ordonnance du 30 octobre 2020 du juge des référés du tribunal judiciaire de Nice désignant Mme D K) ;
- les causes et conséquences des désordres qui ont affecté l'armoire TGBT de la cuisine centrale de Nice en lien avec le sinistre survenu le 15 novembre 2019 (ordonnance du 30 novembre 2021 du tribunal de commerce de Nice désignant M. E H, expert près la cour administrative d'appel de Marseille qui a déposé son rapport en date du 11 mai 2022) ;
- les phénomènes de condensation au niveau des cloisons au rez-de-chaussée, des plafonds, dans le plenum et sur certains réseaux techniques/les dimensionnements de la puissance des groupes froid positif et négatif et des tunnels de refroidissement ainsi que la conformité du cycle de fonctionnement en charge nominale (ordonnance du 21 juin 2022 du tribunal de commerce désignant M. A I) ;
- les désordres sur les réseaux d'eau solutionnés destinée aux lavages des locaux de production dits réseaux lessiviels (ordonnance du tribunal de commerce de Nice qui désignant le 26 juillet 2022 M. G J).
2 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ()". Il appartient, en vertu de ces dispositions, au juge des référés saisi d'une demande d'expertise de rechercher dans quelle mesure cette expertise peut être utile à la solution d'un éventuel litige, en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens et de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
3 . En l'espèce, au regard des éléments produits au dossier et notamment des nombreuses expertises amiables et judiciaires réalisées ou en cours de réalisation, portant sur certains désordres affectant la nouvelle cuisine centrale de Nice, le juge des référés, juge de l'évidence, n'est pas en mesure de déterminer précisément le champ des éventuels désordres restant à expertiser en vertu des pouvoirs qu'il tient de l'article R. 532-1 du code de justice administrative précité. Seule une étude approfondie par le juge du fond de la présente juridiction saisi par la SASU BBSE le 19 juin 2023, dans le cadre du litige opposant la commune de Nice au groupement attributaire du marché public de conception réalisation de la cuisine centrale à Nice, permettra d'apprécier, dans l'exercice de ses pouvoirs d'instruction, l'utilité d'une mesure d'expertise complémentaire qu'il pourrait éventuellement ordonner, s'il l'estime nécessaire.
4 . Il résulte de tout ce qui précède que la demande d'expertise sollicitée par la commune de Nice n'apparait pas présenter, en l'état des pièces du dossier, le caractère d'utilité prescrit par les dispositions de l'article R. 532-1 du CJA précité et doit être rejetée, étant précisé qu'il appartient au juge du fond saisi le 19 juin 2023, d'ordonner toute expertise avant-dire-droit sur les points qu'il estimerait utiles de préciser.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête présentée par la commune de Nice est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Nice, à Bouygues bâtiment sud est, à la Société architectures Anne Demians, à la Société Artelia aux droits de la société Coteba et à la Société Ac2r .
Fait à Nice, le 8 novembre 2023.
signé
Marianne POUGET
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
2301769
mgf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026