vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301791 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | RICHARD ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, sous le n° 2301791, Mme A B représentée par Me Jean-Luc Richard, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, d'ordonner :
1°) une expertise médicale au contradictoire du préfet des Alpes-Maritimes afin de l'examiner et d'évaluer les préjudices qu'elle estime avoir subis en relation avec la réception sur sa joue gauche d'un tir de balle de défense survenu à Menton le 15 juillet 2018 ;
2°) l'avance par l'Etat des frais d'expertise ;
3°) le versement par l'Etat de la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- elle s'est rendue le jour des fait vers 17h avec des amies dans un café de Menton pour y regarder la retranscription du match de football France-Croatie ;
- alors qu'elle s'est jointe à la foule en liesse pour célébrer la victoire de la France, des incidents sont survenus entre des jeunes et la police nationale sur le quai Monléon ;
- elle a reçu un projectile sur sa joue gauche qui l'a laissée complètement sonnée, la douleur intense irradiait jusqu'à son oreille et son œil, elle a ensuite été transportée à l'hôpital La Palmosa à Menton ;
- le 16 juillet suivant un médecin a fixé à 5 jours la durée de son incapacité totale de travail (ITT) sous réserve de complications ultérieures ;
- elle a subi une brûlure cutanée du second degré sur la joue gauche associée à un hématome sous cutané ;
- un scanner du massif facial a mis en évidence les lésions suivantes outre des lésions possibles de l'œil et de l'oreille une infiltration des tissus mous sous cutanée de la joue, une fracture des parois antérieures et postérieures du sinus maxillaire, un hémosinus maxillaire et un trait de fracture non déplacé de l'os malaire ;
- le 24 septembre 2018 une ITT de 3 semaines a été retenue ;
- son état n'est pas consolidé, elle continue à souffrir de maux de tête et d'hypersensibilité au niveau des muscles masticateurs ;
- en janvier 2020 l'institut Universitaire de la face et du cou a constaté une dysfonction de l'articulation temporo-mandibulaire droite nécessitant une IRM ;
- elle a également subi une diminution de la sensibilité de l'hémiface gauche de son visage outre des problèmes aux articulations de la mâchoire nécessitant la pose d'un appareil dentaire et des difficultés d'endormissement ;
- elle a été affectée de graves troubles dans ses conditions d'existence et a subi un important préjudice corporel et financier ;
- la responsabilité de l'Etat est engagée en raison du lien de causalité entre le tir de balles de défense dont elle a été victime et l'intervention policière ;
- l'enquête mise en place a établi que le projectile émanait des forces de l'ordre ;
- une décision de rejet implicite est intervenue en l'absence de réponse à son recours indemnitaire adressé au préfet des Alpes-Maritimes le 12 décembre 2022 ;
- sa demande la désignation d'un expert judiciaire afin d'évaluer son entier préjudice intervient dans la perspective de la demande indemnitaire qu'elle a déposé devant la présente juridiction le 6 avril 2023 ;
- la présente demande d'expertise est utile pour établir l'ensemble de son préjudice et viendra à l'appui de son recours au fond.
Par un mémoire, enregistré le 14 avril 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var qui intervient pour la CPAM des Alpes-Maritimes, indique que le montant provisoire de ses débours dans la présente instance s'élève à 240,31 € et que Mme B victime de coups et blessures volontaires le 15 juillet 2018 a été prise en charge au titre du risque maladie.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu la requête au fond n° 2301725 ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2 . Mme A B demande au juge des référés d'ordonner une expertise médicale afin d'évaluer l'étendue de ses préjudices résultant du tir de balles de défense dont elle a été victime le 15 juillet 2018 à Menton. Elle invoque la responsabilité de l'Etat en raison du lien de causalité entre le tir de projectile dont elle a été victime qui émanait des forces de l'ordre. Cette responsabilité relève de la seule appréciation du juge du fond dans la perspective du recours en responsabilité, enregistré au greffe sous le n° 2301725, et ne saurait au stade de la procédure en référé, qui avant tout procès au fond ne tend qu'à ordonner toute mesure utile d'expertise ou d'instruction, faire obstacle à la mesure sollicitée. La demande d'expertise de Mme B tendant à la détermination de ses préjudices entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 du dispositif de la présente ordonnance.
Sur les frais d'expertise :
3 . Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour,() en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ". Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
4 . Les dispositions précitées font obstacle à ce que le juge des référés se prononce sur les frais d'expertise de la mesure qu'il ordonne. Par suite la demande présentée en ce sens par la requérante doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5 . Aux termes des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6 . Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de Mme A B, du préfet des Alpes-Maritimes, de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes et de la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Article 2 - L'expert aura pour mission :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B ; convoquer et entendre les parties ainsi que tout sachant ; procéder à l'étude de son entier dossier médical et à son examen clinique ;
2°) de décrire l'état de santé actuel et l'état de santé antérieur de Mme B en ne retenant que les seuls antécédents pouvant avoir une incidence sur les séquelles en relation directe et certaine avec l'accident survenu le 15 juillet 2018 ;
3°) de déterminer la durée de l'incapacité temporaire de travail, totale ou partielle ; indiquer si l'état de santé de la requérante tel que résultant de l'accident précité est consolidé et indiquer la date de consolidation ; dans la négative, indiquer si l'état de santé de l'intéressée est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation et préciser le délai à l'issue duquel il pourra être procédé à un nouvel examen ;
4°) d'indiquer précisément les séquelles en relation directe et certaine avec l'accident survenu le 15 juillet 2018, préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part éventuellement en lien avec l'accident de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ;
5°) de donner son avis sur l'existence de préjudices tels que les souffrances physiques et morales endurées, la durée du déficit fonctionnel temporaire total ou partiel en en précisant le taux, le taux du déficit fonctionnel permanent, le préjudice esthétique, le préjudice sexuel, le préjudice d'agrément, le préjudice économique, la perte de chance, les besoins d'assistance à une tierce personne, ainsi que tout autre élément permettant au Tribunal de statuer sur les divers préjudices subis par Mme A B ;
6°) de dire si des appareillages, des fournitures complémentaires, des soins postérieurs à la consolidation sont à prévoir ;
7°) d'une manière générale, donner au tribunal tout renseignement utile à la détermination, au vu de l'état de santé actuel présenté par la requérante, de l'entier préjudice qu'elle subit.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesse, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par l'expert, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie.
L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif conformément aux prescriptions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative ;
Si, le cas échéant avec l'accord des parties, l'expert prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser le président du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.
Article 3 - Est désigné en qualité d'expert :
M. le docteur D C exerçant au 10, boulevard Joseph Garnier à Nice (06100)
Article 4 - L'expert, après avoir prêté serment par écrit, accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles R. 621-7 et suivants du code de justice administrative.
Il déposera son rapport dans un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente décision, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, conformément aux dispositions suivantes de l'article R. 621-9 du code de justice administrative : " Le rapport est déposé au greffe dans les conditions prévues à l'article R.621-6-5 (par voie électronique). Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues à l'article R.621-7-3 (par voie électronique).".
Article 5 - Le surplus des conclusions de la requérante est rejeté.
Article 6 - La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la Préfecture des Alpes-Maritimes, à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et à M. le docteur D C, expert.
Fait à Nice, le 8 décembre 2023.
signé
Marianne POUGET
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
2301791
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026