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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2301867

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2301867

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2301867
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2023, M. B A, représenté par Me Zouatcham, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, une convocation afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son avocat au titre de l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est satisfaite, compte tenu des conséquences sur sa situation du refus de la préfecture des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

- la mesure sollicitée est utile dans la mesure où le dépôt de sa demande de titre de séjour lui permettrait d'obtenir un récépissé et, ainsi, de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête de M. A.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et que la mesure sollicitée par M. A fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Par la présente requête, M. B A, ressortissant nigérian né le 12 juillet 1994, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et sous astreinte, une convocation afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour.

4. Il résulte de l'instruction que M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour par une demande réceptionnée le 6 février 2023 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. Si l'intéressé demande, dans le cadre de la présente instance, qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de le convoquer afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour, il est constant que la demande précitée, déposée par M. A le 6 février 2023, a été déclarée irrecevable par une décision rendue le 14 février 2023 par le préfet des Alpes-Maritimes, au motif que l'intéressé ne justifiait d'aucune circonstance nouvelle lui permettant de solliciter un titre de séjour postérieurement à l'expiration du délai de deux mois dont il disposait à compter de la notification notice d'information lui ayant été notifiée le 1er avril 2019 suite à sa demande d'asile. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par M. A doit être regardée comme faisant nécessairement obstacle à la décision du 14 février 2023 précitée.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les conditions d'urgence et d'utilité, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 23 juin 2023.

Le juge des référés,

Signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

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