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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2301981

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2301981

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2301981
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 avril 2023, M. B A, représenté par Me Hajer Hmad, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, dans le cas où il prétendrait avoir envoyé le document sollicité par voie postale, de produire la copie du récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est satisfaite, compte tenu des conséquences de l'absence de délivrance de récépissé sur sa situation ;

- la mesure sollicitée est utile dans la mesure où la délivrance d'un récépissé mettrait un terme à la précarité de sa situation administrative ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête de M. A.

Il soutient que le requérant ne justifie pas, en l'absence d'un délai anormalement long pris par l'administration dans le traitement de sa demande, d'une urgence caractérisée.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 27 avril 2023, M. A indique maintenir l'ensemble des conclusions de sa requête.

Il soutient que le délai pris par l'administration pour procéder au renouvellement de son titre de séjour est déraisonnable dès lors que son dossier est complet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Par la présente requête, M. B A, ressortissant algérien né le 2 octobre 1994, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, sans délai et sous astreinte, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ou, à défaut, la copie du récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il demande également que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de l'instruction que M. A, qui est entré sur le territoire français en décembre 2020, s'est vu délivrer, le 30 mars 2022, un certificat de résidence algérien, lequel est arrivé à expiration le 29 mars 2023 et dont il a sollicité le renouvellement par une demande réceptionnée le 14 février 2023 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. Si le requérant se prévaut d'une situation d'urgence caractérisée par le délai déraisonnable pris par l'administration pour procéder au renouvellement de son titre de séjour, il est constant que la préfecture des Alpes-Maritimes a adressé à l'intéressé, au motif de l'incomplétude de son dossier, une convocation pour le 30 mai 2023 aux fins de régularisation de son dossier. Dans ces conditions, et dès lors que la préfecture des Alpes-Maritimes ne peut être regardée comme ayant pris un délai anormalement long pour l'instruction de la demande présentée par M. A, ce dernier ne justifie pas, dans les circonstances de l'espèce, d'une situation d'urgence particulière au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions exigées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 23 juin 2023.

Le juge des référés

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

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