mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302056 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, la société JC Decaux France, représentée par Me Salon, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 73 émis le 23 janvier 2023 pour un montant de 95 547,95 euros ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux, et la décharger de cette somme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mandelieu-la-Napoule la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire en litige n'est pas signé et a été pris par une autorité incompétente ;
- la créance est infondée :
- le maintien de ses mobiliers urbains sur le domaine public communal a été autorisé au moins tacitement par la commune aux fins de prolongation de l'exécution du marché public conclu le 17 février 2010 avec la commune ;
- le maintien de ces mobiliers urbains assure la continuité du service dans l'intérêt général, le temps que le nouvel opérateur retenu installe ses mobiliers ;
- aucune demande de dépose de ces mobiliers urbains n'a été formulée par la commune ;
- à supposer que cette prolongation puisse être regardée comme irrégulière, la somme demandée ne peut correspondre qu'à la redevance en nature prévue par l'article 13 du cahier des charges et non à la redevance que la société Pisoni Publicité aurait dû acquitter si elle avait exécuté le contrat de concession à compter du 17 février 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, la commune de Mandelieu-la-Napoule conclut :
1°) au rejet de la requête de la société JC Decaux France ;
2°) à ce qu'il soit fait droit à ses conclusions incidentes tendant à ce qu'il soit enjoint à la société requérante de lui communiquer l'attestation comptable correspondant à son chiffre d'affaires réalisé sur le territoire de la commune du 18 février 2022 au 30 septembre 2022, en application de l'article 3 de l'arrêté municipal n° 248 du 16 novembre 2022, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du 31ème jour suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société JC Decaux France la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décision attaquée ;
- les moyens soulevés par la société JC Decaux ne sont pas fondés ;
- elle est recevable à former des conclusions incidences eu égard à la nature du recours présenté par la société requérante ; la requérante est redevable d'une indemnité d'occupation, laquelle doit être établie au regard du chiffre d'affaires réalisé entre le 18 février 2022 et le 30 septembre 2022 ; elle est donc fondée à demander la production de l'attestation comptable correspondant à son chiffre d'affaires réalisé sur le territoire de la commune pour cette période aux fins d'émission d'un second titre de recettes.
Par un mémoire, enregistré le 20 septembre 2024, la société JC Decaux France déclare se désister de son recours, un protocole d'accord ayant été conclu avec la commune de Mandelieu-la-Napoule pour régler ce différend.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal administratif de Nice a désigné Mme Gazeau, première conseillère, pour statuer par ordonnance sur les requêtes attribuées à la 6ème chambre du tribunal et dans ces cas prévus aux 1° à 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La société JC Decaux France demande au tribunal d'annuler le titre de recettes émis à son encontre par la commune de Mandelieu-la-Napoule le 23 janvier 2023 pour un montant de 95 547,95 euros en vue du recouvrement d'une indemnité d'occupation du domaine public et d'annuler la décision implicite de rejet de son recours gracieux, ainsi que de la décharger de l'obligation de payer cette somme ainsi mise à sa charge.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / 1° donner acte des désistements ; () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () " ;
3. Par un mémoire, enregistré le 20 septembre 2024, la société JC Decaux France a déclaré se désister de sa requête, un protocole d'accord transactionnel ayant été conclu avec la commune de Mandelieu-la-Napoule pour régler de manière amiable le différend les opposant. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. Par ailleurs, l'administration ne saurait demander au juge qu'il prenne une décision qu'elle a le pouvoir de prendre elle-même. Dès lors, les conclusions reconventionnelles de la commune de Mandelieu-la-Napoule tendant à ce qu'il soit enjoint à la société JC Decaux France de lui communiquer sous astreinte l'attestation comptable correspondant à son chiffre d'affaires réalisé sur le territoire de la commune du 18 février 2022 au 30 septembre 2022, en application de l'article 3 de l'arrêté municipal n° 248 du 16 novembre 2022, sont irrecevables et doivent donc être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 précité.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de la société JC Decaux France.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la commune de Mandelieu-la-Napoule sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société JC Decaux France et à la commune de Mandelieu-la-Napoule.
Fait à Nice, le 9 octobre 2024
La magistrate désignée,
signé
D. Gazeau
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
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