lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302072 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 avril 2023 Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
* d'annuler la décision en date du 6 février 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a décidé de lui accorder une remise partielle d'un montant de 1 198,08 euros de la dette d'un montant de 2 396,15 euros, relative à un trop-perçu d'aide personnalisée au logement référencé IN5 002 pour la période des mois de février à décembre 2022, ensemble de la décision en date du 28 mars 2023 rejetant son recours gracieux ;
* de prononcer la remise totale de la somme de 2 396,15 euros restant à sa charge.
Mme B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le montant de l'indu laissé à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de la sécurité sociale ;
* le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Faÿ pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 décembre 2022, la caisse d'allocation familiale des Alpes-Maritimes a notifié à Mme B une dette d'un montant de 2 396,15 euros correspondant à une trop-perçu d'aide personnalisée au logement pour la période des mois de février à décembre 2022 référencé IN5 002. A la suite de la demande de remise de dette effectuée par la requérante, par décision en date du 6 février 2023, le directeur de la caisse d'allocation familiale des Alpes-Maritimes a accordé, après avis de l'autorité compétente, une remise partielle de 1 198,08 euros. Le 22 mars 2023, la requérante a saisi le directeur de la caisse d'allocation familiale d'un recours gracieux qui a fait l'objet d'un rejet par décision en date du 28 mars 2023. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision en date du 6 février 2023, ensemble de celle en date du 28 mars 2023, ainsi que la remise totale de la somme de 2 396,15 euros.
Sur le bien-fondé de l'indu
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; (). " Aux termes des dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. () " et aux termes des dispositions de l'article R. 822-4 dudit code : " I.-Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu (). " Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. "
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Mme B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme de 1 198,07 euros laissé à sa charge. Cependant, au soutien de ses allégations, la requérante ne produit aucun élément de nature à en apprécier la pertinence. En outre, Mme B ne conteste pas qu'elle a déclaré par erreur à la caisse d'allocation familiale ses salaires en frais réels minorant ainsi ses ressources de la somme de 21 246 dont 720 euros de pensions alimentaires. Par suite, c'est à bon droit qu'en application des dispositions de l'article R. 822-4 mentionné au point 2 ci-dessus, la caisse d'allocation familiale des Alpes-Maritimes a procédé à la révision des droits à l'aide personnalisée au logement de la requérante pour les mois de février à décembre 2022 pour un montant de 2 396,15 euros dont, au demeurant, la requérante ne conteste pas le quantum.
Sur la demande de remise totale de l'indu
5. Aux termes de l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le directeur de l'organisme payeur statue, après avis de la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, sur : / 1° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires de l'aide personnalisée au logement en cas de réclamation d'un trop-perçu ; () / Les recours relatifs à ces décisions sont portés devant la juridiction administrative. " et aux termes des dispositions de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; / 3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ; / 4° La qualité du demandeur : locataire, colocataire ou sous-locataire d'un logement meublé ou non, accédant à la propriété ou résident en logement-foyer. / () "
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
7. Il résulte de l'instruction que, comme il a été dit au point 4 ci-dessus, Mme B ne démontre pas se trouver dans une situation de précarité ne lui permettant pas de rembourser le montant de l'indu demeurant à sa charge. Par ailleurs, la requérante ne conteste ni le quotient familial d'un montant de 865,26 euros à la date de la demande de remise de dette ni la capacité de remboursement d'un montant de 280,25 euros retenus par la caisse d'allocation familiale. En outre, Mme B ne conteste pas davantage avoir commis une erreur dans sa déclaration de ressource ni que la responsabilité de la caisse n'est pas engagée. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander la remise de la dette d'un montant de 1 190,07 euros laissée à sa charge.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
D. FaÿLa greffière,
Signé
N. KatarynezukLa République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
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