vendredi 23 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302446 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2023, M. A C et Mme B D, épouse C, représentés par Me Oloumi, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de les admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de leur délivrer, dans le délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Les requérants soutiennent que :
- la condition relative à l'urgence est satisfaite, compte tenu des conséquences de l'absence de renouvellement de leurs autorisations provisoires de séjour sur leur situation ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où la délivrance d'un récépissé leur permettrait notamment, de justifier de la régularité de leur séjour sur le territoire français et de faire valoir leurs droits sociaux ;
- le contrat de travail de M. C risque d'être suspendu ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Par la présente requête, M. A C et Mme B D, épouse C, ressortissants algériens nés respectivement les 18 mai 1974 et 18 octobre 1987, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de leur délivrer, dans un délai de cinq jours, un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail. Ils demandent également que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais de l'instance.
4. Il résulte de l'instruction que M. et Mme C ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour au titre de leur vie privée et familiale et se sont vu délivrer des autorisations provisoires de séjour sans cesse renouvelées. Les requérants, dont les autorisations provisoires de séjour sont arrivées à expiration le 8 mai 2023, justifient en avoir sollicité le renouvellement par des demandes réceptionnées le 12 avril 2023 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. M. et Mme C soutiennent que la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans le renouvellement de leurs autorisations provisoires de séjour les place dans une situation précaire dans la mesure où, d'une part, M. C risque de perdre son emploi, unique source de revenus du foyer, et d'autre part, ils ne peuvent justifier de la régularité de leur séjour sur le territoire français. Toutefois, il est constant que la demande des requérants a été déposée le 12 avril 2023 et que le délai pris par l'administration pour procéder au renouvellement de leurs demandes n'est pas, à la date de la requête et de la présente ordonnance, anormalement long. Par ailleurs, si M. C prétend risquer de perdre son emploi, il ne verse aucun élément permettant d'établir la survenance d'un tel évènement à brève échéance. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par M. et Mme C ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère d'urgence particulière au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions prévues par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que la requête de M. et Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle et celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme B D, épouse C, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 23 juin 2023.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
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