lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2302753 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme POUGET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commission de recours amiable a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 1 198,59 euros ;
2°) de lui accorder une remise de sa dette.
Elle soutient qu'elle est dans une situation précaire avec deux enfants handicapés à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Pouget, présidente.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle la commission de recours amiable a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 1 198,59 euros. Elle demande également que lui soit accordé une remise de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer () ".
3. Aux termes de l'article L. 845-3 de ce même code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte des dispositions de ce dernier texte qu'un allocataire ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocations que s'il remplit les conditions, cumulatives, de bonne foi et de précarité.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B était bénéficiaire de la prime d'activité à compter de sa demande en date du 2 janvier 2019, en tant que personne séparée puis divorcée, avec deux enfants à charge. Suite à un contrôle de ses ressources et de sa situation, et notamment après un rapprochement avec les services fiscaux, il est apparu que les ressources déclarées par l'allocataire n'étaient pas conformes à celles identifiées par les services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié, par deux courriers des 13 et 15 mars 2023, un indu de prime d'activité majorée d'un montant initial de 155,22 euros pour la période allant d'octobre à décembre 2022 inclus, un indu de prime d'activité d'un montant initial de 548,88 euros pour la période allant de juillet 2021 à mars 2022 inclus, et un indu de prime d'activité d'un montant initial de 1 198,59 euros pour la période allant de juillet 2021 à mars 2022 inclus. Par un courrier du 19 mars 2023, la requérante a sollicité la remise de sa dette, laquelle a été rejetée par la commission de recours amiable par une décision du 11 mai 2023.
6. En l'espèce, pour demander l'annulation de la décision de la commission de recours amiable, Mme B soutient qu'elle est dans une situation précaire, avec deux enfants handicapés à charge, dont un en études supérieures. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante a omis de déclarer l'ensemble de ses revenus correspondant à des indemnités journalières de maladie, les revenus de sa fille aînée ainsi que son changement de situation professionnelle. Mme B ne pouvait ignorer l'obligation de déclarer l'ensemble des ressources de son foyer, rappelée dans chaque déclaration trimestrielle de ressources et dont elle avait nécessairement connaissance, étant allocataire de la prime d'activité depuis 2019. De plus, si l'intéressée soutient être dans une situation précaire, elle ne verse au débat aucune pièce de nature à démontrer cette précarité. Enfin, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes indique, sans être contestée, que le quotient familial de Mme B s'élève à 849 euros en mai 2023. Dès lors, c'est à bon droit que la commission de recours amiable a rejeté la demande de remise de dette de la requérante.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à dispositions au greffe le 14 octobre 2024.
La présidente,La greffière,
signésigné
M. C
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026