LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2302944

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2302944

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2302944
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationMagistrat Mme POUGET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a statué sur les requêtes de M. et Mme E concernant la suspension de leurs droits au revenu de solidarité active (RSA) par le département des Alpes-Maritimes. Les requérants contestaient la régularité de la procédure de suspension, invoquant une méconnaissance des articles L.262-37 et R.262-69 du code de l'action sociale et des familles, et demandaient l'annulation de la décision de rejet de leur demande de levée de suspension ainsi que des dommages et intérêts. Le tribunal a rejeté le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, estimant que le département avait respecté les dispositions légales en informant M. E de la procédure et en lui offrant la possibilité de présenter ses observations.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 19 juin, 16 octobre 2023, 22 juillet et 17 septembre 2024, M. D E et Mme B E doivent être regardés comme demandant au tribunal de condamner le département des Alpes-Maritimes à leur verser la somme de 3 500 euros en réparation des préjudices matériel et moral subis du fait de la suspension de leurs droits au revenu de solidarité active.

Ils soutiennent que :

- la procédure préalable à la suspension est entachée d'irrégularités, les articles R.262- 69 et L.262-37 du code de l'action sociale et des familles ont été méconnus dès lors qu'ils n'ont pas pu faire connaître leurs observations aux équipes pluridisciplinaires ;

- le motif de la suspension du revenu de solidarité active n'est pas fondé ;

- la décision de suspension leur a causé un préjudice moral et financier.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II. - Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 28 août, 11 et 29 septembre 2023, 3 janvier, 23 et 30 juillet 2024 et 5 et 30 août 2024, M. D E et Mme B E doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 août 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté leur demande de levée de suspension du revenu de solidarité active prononcée le 4 août 2023 ;

2°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de les rétablir dans leurs droits au revenu de solidarité active à compter du mois d'août 2023.

Ils soutiennent que :

- la procédure préalable à la suspension est entachée d'irrégularités, les articles R.262- 69 et L.262-37 du code de l'action sociale et des familles ont été méconnus dès lors qu'ils n'ont pas pu faire connaître leurs observations aux équipes pluridisciplinaires ;

- le motif de la suspension du revenu de solidarité active n'est pas fondé ;

- la suspension conformément au 3° de l'article R.262-68 du code de l'action sociale et des familles ne pouvait excéder 50 % du montant du revenu de solidarité active.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, le département des Alpes-Maritimes, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête comme étant, à titre principal, irrecevable, et à titre secondaire, non-fondée.

Il soutient que :

- la demande d'annulation de la décision du 22 août 2023 est sans objet dès lors qu'une décision de fin de droits a été prise le 24 novembre 2023 et s'y est substituée ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouget, présidente ;

- et les observations de Mme A C, représentant le département des Alpes-Maritimes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par les présentes requêtes, M. et Mme E doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 22 août 2023 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a rejeté leur demande tendant à la levée de suspension du revenu de solidarité active prononcée le 4 août 2023 et de condamner le département des Alpes-Maritimes à leur verser une somme de 3 500 euros en indemnisation de leurs préjudices.

Sur la jonction :

2. Les requêtes présentées par M. et Mme E, qui concernent la situation de mêmes allocataires, présentent à juger des questions connexes et font l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 262-69 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsque le président du conseil général envisage de réduire ou suspendre en tout ou partie le revenu de solidarité active en application de l'article L. 262-37, il en informe l'intéressé par courrier en lui indiquant les motifs pour lesquels il engage cette procédure et les conséquences qu'elle peut avoir pour lui. L'intéressé est invité à présenter ses observations à l'équipe pluridisciplinaire compétente dans un délai maximum d'un mois à compter de la date de notification de ce courrier. Il est informé de la possibilité d'être entendu par l'équipe pluridisciplinaire et, à l'occasion de cette audition, d'être assisté de la personne de son choix ".

4. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 29 juin 2023, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a informé M. E qu'il envisageait de suspendre le versement de son revenu de solidarité active au motif qu'il n'avait pas renouvelé son contrat d'engagements réciproques. Ce courrier, qui indique que cette suspension sera examinée lors de la réunion de l'équipe pluridisciplinaire du 4 août 2023, fait mention de la possibilité pour l'intéressé d'être entendu, et éventuellement assisté d'une personne de son choix ou de faire part de ses observations par mail jusqu'au 14 juillet 2023. Dans ces conditions, le président du conseil départemental a fait une exacte application des dispositions précitées et le moyen tiré de l'impossibilité pour le requérant de faire valoir ses observations auprès de l'équipe pluridisciplinaire ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle ". Aux termes de l'article L. 262-29 du même code : " Le président du conseil départemental oriente le bénéficiaire du revenu de solidarité active tenu aux obligations définies à l'article L. 262-28 : 1° De façon prioritaire, lorsqu'il est disponible pour occuper un emploi () ou pour créer sa propre activité, soit vers [Pôle emploi], soit, si le département décide d'y recourir, vers l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-4 du code du travail ou encore vers un des réseaux d'appui à la création et au développement des entreprises (), en vue d'un accompagnement professionnel et, le cas échéant, social ; () ". En vertu de l'article L. 262-34 du même code, le bénéficiaire orienté vers Pôle emploi élabore, conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi, un projet personnalisé d'accès à l'emploi. En vertu des articles L. 262-35 et L. 262-36 du même code, le bénéficiaire orienté vers un autre organisme ou autorité conclut avec le département un contrat énumérant leurs engagements réciproques soit en matière d'insertion professionnelle, s'il a fait l'objet de l'orientation mentionnée au 1° de l'article L. 262-29, soit en matière d'insertion sociale ou professionnelle, s'il a fait l'objet de l'orientation mentionnée au 2° du même article.

6. Il résulte de ces dispositions que le président du conseil départemental est chargé d'orienter le bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le cadre des démarches qui lui incombent en vertu de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles et que, sous réserve d'une orientation vers un organisme chargé de l'accès à l'emploi, un contrat doit être conclu avec le bénéficiaire afin de déterminer les engagement réciproques de ce dernier ou du département en matière d'insertion. Il s'ensuit que, si le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre des actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle, la nature des engagements pris à ce titre doit figurer dans ce contrat. Le président du conseil départemental est en droit de suspendre le versement du revenu de solidarité active lorsque le bénéficiaire, sans motif légitime, soit fait obstacle à l'établissement ou au renouvellement de ce contrat par son refus de s'engager à entreprendre les démarches ou actions nécessaires à une meilleure insertion, soit ne respecte pas le contrat conclu. En revanche, il ne peut légalement justifier une décision de suspension par la circonstance que le bénéficiaire n'aurait pas accompli des démarches ou actions qui ne correspondraient pas aux engagements souscrits dans un contrat en cours d'exécution.

7. Il résulte de l'instruction que M. et Mme E sont bénéficiaires du revenu d'insertion minimum depuis le 1er juin 2009. M. E a signé son contrat d'engagements réciproques n° 3 le 23 juin 2023, lequel n'a pas été validé par les services de pilotage et du contrôle des parcours d'insertion au motif que l'intéressé refusait de s'engager dans les démarches nécessaires à son insertion professionnelle. Par un courrier du 29 juin 2023, le département des Alpes-Maritimes a informé M. E de son intention de suspendre ses droits au revenu de solidarité active au motif que le contrat d'engagements réciproques n'avait pas été valablement renouvelé. Par un courrier du 30 juin 2023, le département des Alpes-Maritimes a convoqué Mme E afin qu'elle renouvelle son contrat d'engagements réciproques auprès de son référent. Par un courrier du 6 juillet 2023, et en l'absence de la tenue du rendez-vous, le département des Alpes-Maritimes a indiqué à l'intéressée son intention de suspendre ses droits au revenu de solidarité active. En l'absence de régularisation de la part des requérants, le département des Alpes-Maritimes, par un courrier du 4 août 2023, a suspendu les droits au versement du revenu de solidarité active de M. et Mme E. M. E a signé un nouveau contrat d'engagements réciproque le 18 août 2023, lequel a été invalidé le 22 août 2023 pour les mêmes raisons que le précédent. Par un courrier du même jour, le département des Alpes-Maritimes a notifié aux requérants un refus de levée de la suspension de leurs droits. Par un courrier du 28 août 2023, M. E a formé un recours préalable contre cette décision qui a été implicitement rejeté.

8. M. E soutient qu'ayant conclu des contrats d'engagements réciproques, il aurait dû bénéficier du revenu de solidarité active. Toutefois, il résulte de l'instruction et des termes mêmes du contrat d'engagements réciproques n° 3, que M. E a indiqué ne pas accepter travailler au SMIC, ne pas souhaiter être orienté vers une action du programme départemental d'insertion et ne pas vouloir participer à la journée des métiers et de la sécurité qui s'est tenue le 30 juin 2023. Si le contrat d'engagements réciproques signé le 18 août 2023 par M. E fait état de progrès en matière d'insertion professionnelle, il relève que les démarches entreprises sur le marché de l'emploi local demeurent insuffisantes.

9. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ; () ". Aux termes de l'article R. 262-68 du même code : " La suspension du revenu de solidarité active mentionnée à l'article L. 262-37 peut être prononcée, en tout ou partie, dans les conditions suivantes : / 1° Lorsque le bénéficiaire n'a jamais fait l'objet d'une décision de suspension, en tout ou partie, le président du conseil départemental peut décider de réduire l'allocation d'un montant qui ne peut dépasser 80 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence pour une durée qui peut aller de un à trois mois ; / 2° Lorsque le bénéficiaire a déjà fait l'objet d'une telle décision, le président du conseil départemental peut réduire l'allocation pour un montant qu'il détermine pour une durée qui peut aller de un à quatre mois ; / 3° Toutefois, lorsque le foyer est composé de plus d'une personne, la suspension prévue aux 1° et 2° ne peut excéder 50 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence. / Lorsque la décision a été fondée sur un motif erroné, il est procédé à une régularisation des sommes non versées ".

10. En l'espèce, M. et Mme E soutiennent que le montant de la suspension est illégal dès lors que leur foyer étant composé de plus d'une personne, il ne peut excéder 50% du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence. Toutefois, il est constant que Mme E ne réside plus sur le territoire français depuis janvier 2023. Dans ces conditions, le foyer de M. E doit être regardé comme n'étant composé que d'une personne, de sorte que les dispositions prévues au 3° de l'article R. 262-68 du code de l'action sociale et des familles ne peuvent s'appliquer. Par suite, c'est sans commettre d'inexacte application des dispositions précitées que le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes a suspendu le versement de la totalité du revenu de solidarité active des requérants.

11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le département des Alpes-Maritimes, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 22 août 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, les conclusions indemnitaires et les conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme E sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et à Mme B E et au président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

La présidente,La greffière,

signé signé

M. F

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

N°s 2302944, 2304232

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions