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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303017

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303017

jeudi 18 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303017
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantALMAIRAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2200570 du 15 avril 2022, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision du préfet des Alpes-Maritimes en tant qu'elle a fait obligation à Mme A B de quitter le territoire dans un délai de trente jours (article 2) et a enjoint à cette même autorité de procéder au réexamen de sa situation et de procéder à l'effacement du signalement de Mme B dans le système d'information Schengen, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement (article 3).

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Almairac, demande au tribunal :

1°) d'assurer l'exécution de la décision rendue le 15 avril 2022, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas réexaminer sa situation et ne lui a pas délivré d'autorisation provisoire de séjour.

Par une ordonnance du 22 juin 2023, la présidente du tribunal administratif de Nice a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2200570 du 15 avril 2022.

Le préfet des Alpes-Maritimes a produit une pièce le 18 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 21 décembre 2023 :

- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;

- et les observations de Me Chadam-Coullaud, substituant Me Almairac, représentant la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. () ".

2. Par un jugement n° 2200570 du 15 avril 2022, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision du préfet des Alpes-Maritimes en tant qu'elle a fait obligation à Mme A B de quitter le territoire dans un délai de trente jours (article 2) et a enjoint à cette même autorité de procéder au réexamen de sa situation et de procéder à l'effacement du signalement de Mme B dans le système d'information Schengen dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement (article 3). L'intéressée demande au tribunal d'assurer sous astreinte l'exécution de la décision rendue le 15 avril 2022.

Sur le non-lieu :

3. Il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement, le préfet des Alpes-Maritimes, qui établit qu'il a délivré le 9 août 2023 une carte de séjour temporaire à la requérante, valable du 21 juillet 2023 au 20 juillet 2024, a réexaminé la situation de cette dernière. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'exécution, qui ont perdu leur objet.

Sur les frais liés au litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requérante présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B aux fins d'exécution.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme A B, à Me Almairac et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,

M. Holzer, conseiller,

M. Combot, conseiller,

Assistés de Mme Albu, greffière.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 18 janvier 2024.

Le président-rapporteur,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

L'assesseur le plus ancien,

signé

M. Holzer

La greffière,

signé

C. Albu

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun,

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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