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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303228

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303228

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303228
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationMagistrat Mme POUGET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de Mme A, qui contestait le refus de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes de lui accorder une remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 337,29 euros. Statuant en plein contentieux, le tribunal a examiné si les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité, prévues à l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, étaient remplies. Il a estimé que la requérante, bien qu’invoquant sa bonne foi et une situation précaire, n’apportait pas la preuve d’une précarité suffisante pour justifier une remise, notamment au vu de son quotient familial. La solution retenue est donc le rejet de la demande de remise de dette.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 mai 2023 par laquelle le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité, d'un montant de 337,29 euros pour la période allant de janvier à mars 2021 ;

2°) de lui accorder une remise de sa dette.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et reconnait ses erreurs déclaratives et qu'elle est dans une situation précaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Pouget, présidente ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 25 mai 2023 par laquelle la commission de recours amiable a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité, d'un montant de 337,29 euros, et de lui accorder une remise de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer () ".

3. Aux termes de l'article L. 845-3 de ce même code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte des dispositions de ce dernier texte qu'un allocataire ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocations que s'il remplit les conditions, cumulatives, de bonne foi et de précarité.

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

5. Il résulte de l'instruction que M. A était bénéficiaire de la prime d'activité en tant que personne célibataire et salariée. A la suite d'un contrôle de ses ressources et de sa situation, il est apparu que les ressources déclarées n'étaient pas conformes à celles identifiées par les services de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, notamment concernant les revenus perçus par l'intéressée entre octobre et décembre 2020. La caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes lui a notifié, par un courrier du 18 octobre 2022, un indu de prime d'activité, d'un montant de 337,29 euros pour la période allant de janvier à mars 2021 inclus. Par un courrier du 22 octobre 2022, Mme A a sollicité la remise de sa dette auprès de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, laquelle a été refusée par le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes par un courrier du 25 mai 2023.

6. La requérante soutient qu'elle ignorait devoir déclarer certaines ressources. Elle indique également être dans une situation précaire, ayant déposé le bilan de son activité commerçante et avoir déposé un dossier de surendettement. Toutefois, l'intéressée ne verse aux débats aucun élément de nature à démontrer une précarité telle qui l'empêcherait de rembourser son indu. De plus, la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes indique, sans être contestée, que le quotient familial de Mme A s'élevait à 887,92 euros en mai 2023. Dès lors, en refusant d'accorder à l'intéressée une remise de sa dette de prime d'activité, le directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes n'a commis aucune erreur d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée au directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à dispositions au greffe le 14 octobre 2024.

La présidente,La greffière,

signé signé

M. C

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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