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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2303515

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2303515

vendredi 21 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2303515
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantHMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2023, M. A C, représenté par Me Hajer Hmad, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer, dès notification de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ; d'enjoindre au préfet, s'il indique lui avoir envoyé un tel récépissé par voie postale, de produire la photocopie du document provisoire de séjour afin de stabiliser immédiatement sa situation auprès de son employeur ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son avocate une somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle ou, au profit du requérant, à défaut ou en cas d'absence ou de retrait du bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Le requérant soutient que :

- la condition d'urgence est en l'espèce constituée dès lors que son employeur l'a mis à pied et a suspendu son activité par courrier en date du 18 juillet 2023 ; au surplus, il ne peut exercer son droit à la libre circulation et bénéficier de sa liberté d'aller et venir ;

- la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale est remplie dès lors qu'il est porté atteinte, en l'espèce, à son droit au travail, à sa liberté d'aller et venir et à sa liberté de circulation.

Le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas produit de mémoire en défense mais a communiqué une capture d'écran de la consultation de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers (AGDREF) faisant état du fait qu'un titre de séjour prenant effet le 18 juillet 2023 et expirant le 17 juillet 2024 a été édité le 19 juillet 2023.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 19 juillet 2023, M. A C, représenté par Me Hajer Hmad, maintient la demande de délivrance d'un récépissé lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de pouvoir, ainsi, continuer de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli pour statuer sur les demandes de référés.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 20 juillet 2023 à 9 H 00, à laquelle les parties avaient été régulièrement convoquées :

- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;

- les observations de Me Hanan Hmad substituant Me Hajer Hmad, avocate de M. A C.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant cap-verdien né le 18 juin 1991 à Tarrafal (Cap-Vert), demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dès notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Au cours de la présente instance, Le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas produit de mémoire en défense mais a communiqué une capture d'écran de la consultation de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers (AGDREF) faisant état du fait qu'un titre de séjour prenant effet le 18 juillet 2023 et expirant le 17 juillet 2024 a été édité le 19 juillet 2023. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu d'enjoindre à l'autorité administrative de délivrer un récépissé au requérant. Si ce dernier fait valoir qu'il risque de perdre prochainement son emploi à défaut de pouvoir fournir à son employeur la preuve de la régularité de son séjour en France, il est constant que la présente ordonnance atteste de cette régularité et peut être utilisée pour faire valoir ce que de droit et ce, dans l'attente de la réception du titre de séjour édité.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat et au bénéfice du conseil de M. B, le versement d'une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve du respect des conditions posées par l'article 37 de la loi susvisée n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 600 euros sera versée à M. B.

ORDONNE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. B un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Hajer Hmad renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Hajer Hmad, une somme de 600 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 600 euros sera versée à M. B.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Hajer Hmad et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice le 21 juillet 2023.

Le juge des référés

Signé

O. Emmanuelli

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

2303515

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