mardi 10 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2304829 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2023, la société civile immobilière de la Nieya, prise en la personne de son représentant légal en exercice, représentée par Me Plenot, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 3 mai 2023 et mettant à sa charge la somme de 9 940 euros au titre de la taxe d'aménagement ;
2°) prononcer la décharge du paiement de la taxe ainsi mise à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que le titre de perception litigieux est entaché d'une absence de bien-fondé de la créance objet dudit titre, dès lors que les surfaces des bâtiments retenues pour le calcul de la taxe litigieuse sont affectées aux activités équestres du centre équestre, qui relèvent d'une activité agricole exonérée de la taxe litigieuse, et que les modifications apportées aux permis de construire des 22 juillet 2011 et 31 janvier 2012 ne constituent pas un changement de destination des locaux en cause.
Par un mémoire en observations, enregistré le 10 janvier 2024, le directeur départemental des finances publiques du Vaucluse fait valoir que le présent litige, portant sur l'assiette du titre de perception litigieux, relève de la compétence exclusive de l'ordonnateur.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer) qui n'a pas produit de mémoire en défense.
L'affaire a été renvoyée en formation collégiale en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 mai 2025 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- les conclusions de M. Holzer, rapporteur public ;
- et les observations de Me Plénot, représentant la société requérante.
Une note en délibéré, présentée pour la société civile immobilière de la Nieya, a été enregistrée le 20 mai 2025.
Considérant ce qui suit ;
1. Le 22 juillet 2011, la commune de Sospel accordait un permis de construire n°PC 00613611H0024 à la société civile immobilière (ci-après, " SCI ") de la Nieya, prévoyant notamment la construction de boxes à chevaux dans un centre équestre. Le 31 janvier 2012, la commune de Sospel accordait un second permis de construire n°PC 00613611H0042 à ladite société prévoyant cette fois la construction d'un bâtiment technique à usage de bureau, archives, laverie, cuisine, sellerie, sanitaires et vestiaires pour le personnel sur une surface de 186 m². Par un procès-verbal du 15 octobre 2020, la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes a constaté le non-respect des prescriptions des permis de construire précités. Elle a notamment relevé, en ce qui concerne le premier permis, un changement de destination d'une partie du " boxe 1 ", par la réalisation de locaux à usage de cuisine, laverie, bureau et sanitaires, créant une surface nouvelle de plancher de 45 m², et, en ce qui concerne le second permis, un changement de destination d'une partie du " boxe 2 ", par la réalisation de deux logements, créant une surface nouvelle de plancher de 52.90 m². En conséquence, la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes adressait, le 11 octobre 2022, une proposition de rectification contradictoire des éléments de calcul des taxes d'urbanisme à la SCI de la Nieya, laquelle a contesté les nouvelles surfaces de plancher calculées par l'administration. Par un courrier du 23 décembre 2022, la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes a maintenu ses évaluations. Le 26 juin 2023, la SCI de la Nieya a formé auprès de la direction départementale des finances publiques du Vaucluse un recours afin de contester le titre de perception émis le 3 mai 2023 et mettant à sa charge la somme de 9 940 euros au titre de la taxe d'aménagement, lequel a été rejeté par la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes le 18 août 2023. La SCI de la Nieya demande au Tribunal d'annuler le titre de perception émis le 3 mai 2023 et mettant à sa charge la somme de 9 940 euros au titre de la taxe d'aménagement, ainsi que de la décharger du paiement de ladite somme.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme, alors applicable : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute natures soumis à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, sous réserve des dispositions des articles L. 331-7 à L. 331-9. () Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager () ". Aux termes de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme, alors en vigueur : " Sont exonérés de la part communale ou intercommunale de la taxe : () 3° () dans les centres équestres de loisir, les surfaces des bâtiments affectées aux activités équestres ; () ".
3. Si la société requérante soutient que le titre de perception litigieux serait entaché d'une absence de bien-fondé de la créance objet dudit titre, dès lors que les surfaces des bâtiments retenues pour le calcul de la taxe litigieuse seraient affectées aux activités équestres du centre équestre, qui relèvent d'une activité agricole ainsi exonérée de ladite taxe, et alors que les modifications apportées aux permis de construire susmentionnés au point 1 ne constitueraient pas un changement de destination des locaux en cause, elle ne remet toutefois pas sérieusement en cause les constatations effectuées par procès-verbal du 15 octobre 2020 dressé par les agents de la direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes, qui fait foi jusqu'à preuve contraire, selon lesquelles le changement de destination de certains locaux, postérieurement à l'octroi des permis de construire en cause, nonobstant l'absence de modification des façades du box n°1, et la création induite de surfaces de plancher supplémentaires sur les constructions existantes (réalisation de locaux à usage de cuisine, laverie, bureau et sanitaires, créant une surface nouvelle de plancher de 45 m², et la réalisation de deux logements, créant une surface nouvelle de plancher de 52.90 m²) doivent donner lieu à une taxation d'office au titre de la taxe d'aménagement. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté et les conclusions susmentionnées ne peuvent qu'être rejetées.
4. Par voie de conséquence de ce qui précède, les conclusions de la société requérante présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société civile immobilière de la Nieya est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière de la Nieya et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Vaucluse et au préfet des Alpes-Maritimes (direction départementale des territoires et de la mer des Alpes-Maritimes).
Délibéré après l'audience du 19 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Cueilleron, conseillère,
M. Bulit, conseiller,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 juin 2025.
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
L'assesseure la plus ancienne,
signé
S. Cueilleron
La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2304829
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026