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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305557

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305557

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305557
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantOLOUMI AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2203954 en date du 4 novembre 2022, le tribunal administratif de Nice a, d'une part, annulé la décision 8 août 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a obligé M. A B à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, et d'autre part, enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de la situation administrative de M. B dans un délai de deux mois à compter dudit jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Le tribunal administratif de Nice a également enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de faire procéder à la suppression du signalement de M. B aux fins de non admission dans le système d'information Schengen, dès notification dudit jugement.

Par un jugement n° 2303143 en date du 27 septembre 2023, le tribunal administratif de Nice a prononcé une astreinte à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, s'il ne justifiait pas avoir, dans les quinze jours suivant la notification de ce jugement, exécuté le jugement du tribunal n° 2203954 du 4 novembre 2022 et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte a été fixé à 50 euros par semaine, à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification du jugement du 27 septembre 2023.

Par une requête enregistrée le 9 novembre 2023, M. B, représenté par Me Oloumi, demande au tribunal :

1°) d'admettre l'exposant à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de procéder à la liquidation de l'astreinte, à hauteur de 300 euros, en vue d'assurer l'exécution du jugement n° 2203954 du tribunal administratif de Nice en date du 4 novembre 2022 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser au profit de Me Oloumi, son avocat, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, celui-ci déclarant renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou, à défaut, en cas d'absence ou de retrait du bénéfice de l'aide juridictionnelle, à verser directement à M. B.

Il soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas procédé à l'exécution du jugement n° 2203954 du tribunal administratif de Nice en date du 4 novembre 2022 et n'a pas délivré au requérant une autorisation provisoire de séjour, et qu'il y a lieu de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée par le jugement n° 2303143 en date du 27 septembre 2023.

Un mémoire, enregistré le 11 janvier 2024, présenté pour M. B, par Me Oloumi, après la clôture d'instruction n'a pas été communiqué.

Vu :

- le jugement n° 2203954 du 4 novembre 2022 ;

- le jugement n° 2303143 du 27 septembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique:

- le rapport de Mme Chevalier-Aubert,

- les observations de Me Della Monaca, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins de liquidation de l'astreinte :

1. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / () Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ". Aux termes de l'article R. 921-7 du code de justice administrative : " A compter de la date d'effet de l'astreinte prononcée () par le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel, le président de la juridiction ou le magistrat qu'il désigne, après avoir accompli le cas échéant de nouvelles diligences, fait part à la formation de jugement concernée de l'état d'avancement de l'exécution de la décision. La formation de jugement statue sur la liquidation de l'astreinte () ".

2. Par un jugement n° 2303143 du 27 septembre 2023, le tribunal administratif de Nice a décidé qu'une astreinte est prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes s'il ne justifie pas avoir, dans les quinze jours suivant la notification de ce jugement, exécuté l'article 2 du jugement n° 2203954 du 4 novembre 2022 et jusqu'à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par semaine de retard, à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant la notification du jugement du 27 septembre 2023. Il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement, le préfet des Alpes-Maritimes n'a procédé à aucun réexamen de la situation de M. B et ne lui a pas délivré une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Le jugement n° 2203954 ne pouvant être regardé comme exécuté, il y a donc lieu de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer la liquidation provisoire de l'astreinte en la fixant à la somme de 750 euros.

Sur les frais liés au litige :

3. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37

de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Oloumi, conseil de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 400 euros à verser à

Me Oloumi.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B la somme de 750 euros au titre de la liquidation provisoire de l'astreinte prononcée par le jugement n° 2303143 du 27 septembre 2023.

Article 2 : L'Etat versera à Me Oloumi une somme de 400 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B, à Me Oloumi et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer et au ministère public près la Cour des comptes en application du dernier alinéa de l'article R. 921-7 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

Mme Bergantz, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.

La présidente-rapporteure,

signé

V. Chevalier-Aubert

L'assesseure la plus ancienne,

signé

S. Kolf

La greffière,

signé

C. Martin

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière.

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