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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305563

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305563

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305563
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 novembre 2023, M. B A, ressortissant ukrainien né le 9 février 1947, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans le délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, une convocation aux fins de dépôt de sa demande de titre de séjour.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation l'absence de convocation délivrée par le préfet des Alpes-Maritimes ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où toutes ses tentatives de rendez-vous avec les services de la préfecture des Alpes-Maritimes sont restées vaines ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. D'une part, M. A soutient, sans être contredit par le préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense, qu'il est entré sur le territoire français en mai 2022 et qu'il était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " visiteur ", lequel a expiré le 6 juillet 2023 et dont il a, à plusieurs reprises, tenté d'en solliciter le renouvellement. Pour justifier du caractère urgent de la mesure qu'il sollicite, M. A soutient que la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance d'une convocation le place dans une situation précaire, dans la mesure où il est privé de la possibilité de justifier, dès lors qu'il ne dispose pas du récépissé de sa future demande, de la régularité de son séjour sur le territoire.

3. D'autre part, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France, et à la prolongation pendant une durée anormalement longue de la situation précaire ainsi imposée à M. A, la demande présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la mesure sollicitée par le requérant ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de convoquer M. A dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance afin de lui permettre de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " visiteur ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte d'un montant de 50 euros par semaine de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours laissé à l'administration pour convoquer M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. A, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par semaine de retard à compter de l'expiration de ce délai, une convocation aux fins de dépôt d'une demande de titre de séjour portant la mention " visiteur ".

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 22 décembre 2023.

Le juge des référés,

signé

G. Taormina

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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