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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2305892

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2305892

mercredi 20 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2305892
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, Mme B A, représentée par Me Charamnac, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, sans délai et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, un document provisoire de séjour avec autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance du récépissé de sa demande ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où le délai de traitement de sa demande par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes est anormalement long ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande de Mme A est infondée, dès lors que sa demande de renouvellement de titre de séjour a été clôturée en raison de son caractère incomplet.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissante gabonaise née le 8 août 1984, qui était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 25 octobre 2023 inclus, a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour réceptionnée le 4 août 2023 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. Si l'intéressée soutient qu'en dépit du caractère complet de sa demande de renouvellement de titre de séjour, le délai pris par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes pour lui délivrer le récépissé de celle-ci est anormalement long et la place dans une situation précaire, il est toutefois constant que la requérante, qui s'est vu notifier le 14 novembre 2023 à 12h16 sur la plateforme Administration nationale pour les étrangers en France (ANEF) une demande de complément d'information, n'a pas produit les pièces demandées par la préfecture des Alpes-Maritimes et a vu, le même jour, sa demande de renouvellement de titre de séjour clôturée en raison de son caractère incomplet. Dès lors, compte tenu, d'une part, du manque de diligences de Mme A dans le suivi de ses correspondances avec l'administration, et d'autre part, de la clôture de sa demande intervenue avant l'introduction de sa requête, la mesure qu'elle sollicite dans le cadre de la présente instance est dépourvue d'utilité et par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions exigées par l'article L.521-3 du code de justice administrative, les conclusions à fin d'injonction de la requête de Mme A doivent être rejetées.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au regard des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ni de mettre à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais liés au litige en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 20 décembre 2023.

Le juge des référés,

signé

G. Taormina

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière

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