samedi 16 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2306243 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2023, M. A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) que son dossier soit mis à sa disposition ;
2°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire et de désigner un avocat commis d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de faire cesser immédiatement toute mesure d'éloignement et de privation de liberté prise à son encontre ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat au paiement d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son avocat.
Le requérant soutient que :
- la condition relative à l'urgence est satisfaite : le préfet des Alpes-Maritimes peut mettre à exécution sa décision du 5 décembre 2023 portant exécution d'une interdiction judiciaire du territoire et fixant la Russie comme pays de sa reconduite ; il peut, à tout moment, être éloigné vers son pays d'origine ;
- il est porté atteinte à sa liberté d'aller et de venir et au droit fondamental d'asile : il a la qualité de demandeur d'asile en Allemagne ; un élément nouveau est, en effet, intervenu : le préfet a pris, le 11 décembre 2023 un arrêté retirant la décision le maintenant en rétention suite à sa demande d'asile du 10 décembre 2023 ; il a été identifié par les autorités allemandes et par les autorités croates comme demandeur d'asile. ; par suite, la mesure d'éloignement à destination de la Russie ne peut pas être exécutée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B, ressortissant russe, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, une autorisation provisoire de séjour et d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de faire cesser immédiatement toute mesure d'éloignement et toute mesure privative de liberté dont il fait l'objet.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné, par un jugement du tribunal correctionnel de Nice du 2 juin 2023, à une interdiction du territoire national pour une durée de dix ans. Par un arrêté du 5 décembre 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a, pour l'exécution de cette décision, fixé le pays à destination duquel il doit être reconduit. Par un jugement du 8 décembre 2023, le tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 décembre 2023. Le requérant, alors domicilié au centre de rétention administrative, a présenté, le 10 décembre 2023, une demande d'asile conduisant le préfet des Alpes-Maritimes à prendre un arrêté portant maintien en rétention, lequel arrêté a été abrogé dès le 11 décembre 2023.
4. Si M. B fait valoir qu'il est privé de liberté et qu'il risque à tout moment d'être reconduit en Russie, il est constant qu'il a été mis fin, le 11 décembre 2023, à sa rétention, d'une part et que les résultats positifs à la borne Eurodac le 6 décembre 2023 montrent qu'il a présenté une demande d'asile en Allemagne et en Croatie, d'autre part. L'arrêté du 11 décembre 2023 précité précise que les demandes de prise en charge ont été envoyées le 7 décembre 2023 aux autorités compétentes (allemandes et croates). Dans ces conditions, il n'y a aucune urgence pour que le juge des référés statue, à très bref délai, en vue d'empêcher une mesure d'éloignement vers la Russie, pays d'origine du requérant, alors qu'il a été identifié comme demandeur d'asile en Allemagne et/ou en Croatie. De surcroît, l'arrêté du 5 décembre 2023 précité précise que dans le cas où M. B justifierait être réadmissible dans un autre pays que son pays d'origine, il y sera réadmis, après accord des autorités de ce pays. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête de M. B, y compris celles relatives à l'admission à l'aide juridique provisoire, à la communication de son entier dossier et aux frais liés au litige, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice le 16 décembre 2023.
Le juge des référés
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026