vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2306372 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Rossler, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes de lui communiquer toute décision ou motif concernant le refus de renouvellement de sa carte de résident ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il s'est vu retirer sa carte de résident et par conséquent un droit au séjour stable ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'elle lui permettrait d'obtenir connaissance de l'éventuelle décision prise par le préfet des Alpes-Maritimes ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant tunisien né en 1984, est entrée en France le 6 octobre 2002 et qu'il s'est vu délivrer plusieurs cartes de résident dont la dernière est arrivée à expiration le 8 octobre 2022. L'intéressée, qui a sollicité le renouvellement de sa carte de résident, s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 19 avril 2024 inclus. Pour justifier du caractère urgent de la mesure qu'il sollicite, M. B soutient que le préfet des Alpes-Maritimes ne pouvait, sans prendre une décision motivée, lui refuser le renouvellement de sa carte de résident et lui délivrer en lieu et place de ce document une carte de séjour temporaire. Or il est constant, d'une part, que le requérant est en possession, à la date de la requête et de la présente ordonnance, d'un titre de séjour en cours de validité et qui l'autorise à exercer une activité professionnelle. D'autre part, si l'intéressé sollicite, dans le cadre de la présente instance, la communication de toute décision portant refus de renouvellement de sa carte de résident ou des motifs d'une telle décision, il résulte cependant de l'instruction, que M. B a lui-même sollicité des services de la préfecture des Alpes-Maritimes la communication de tels documents et qu'il lui est loisible, en l'absence de réponse à sa demande, de contester au fond la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de procéder au renouvellement de sa carte de résident. Dès lors, la mesure sollicitée par M. B ne présente ni un caractère d'urgence, ni un caractère d'utilité au sens des dispositions précitées de l'article L.521-3 du code de justice administrative.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre condition exigée par les dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, ensemble celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 26 janvier 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière.
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