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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2306407

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2306407

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2306407
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP GINET - TRASTOUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 1904312 du 31 décembre 2021, le tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de Mme B tendant, à titre principal, à ce qu'il soit ordonné une expertise médicale et au versement d'une provision d'un montant de 2 000 euros et, à titre subsidiaire, à la condamnation du centre hospitalier de Grasse et de son assureur, Axa France Iard, à lui verser la somme de 171 695,50 euros en réparation des préjudices subis suite à l'erreur de diagnostic commise par ledit centre hospitalier lors de sa prise en charge le 26 avril 2014 et de lui allouer une rente annuelle de 22 447,50 euros au titre de l'assistance à tierce personne.

Par un arrêt n° 22MA00811 du 22 décembre 2023, la cour administrative d'appel de Marseille a, d'une part, annulé le jugement précité et, d'autre part, renvoyé l'affaire au tribunal administratif de Nice.

Par des requêtes n° 1904312 et 2306407 et des mémoires, enregistrés le 2 septembre 2019 et le 13 décembre 2021 (devant le tribunal administratif de Nice) et le 9 mars 2022 (devant la cour administrative d'appel de Marseille), Mme A B, représentée par la SCP d'avocats Ginet-Trastour, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Grasse et son assureur, Axa France Iard, à lui verser la somme de 171 695,50 euros en réparation des préjudices subis suite à l'erreur de diagnostic commise lors de sa prise en charge le 26 avril 2014 et de lui allouer une rente annuelle d'un montant de 22 447,50 euros au titre de l'assistance à tierce personne ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Grasse et de son assureur une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Grasse est engagée en raison de l'erreur de diagnostic ;

- elle est fondée à demander l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis et qui se décomposent comme suit :

o 5 776,12 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

o 106 481,88 euros au titre de l'assistance à tierce personne ;

o 5 776,12 euros au titre des frais de transformation de son habitat ;

o 25 000 euros au titre des souffrances endurées ;

o 7 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

o 16 500 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

o 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 mars 2021 (devant le tribunal administratif de Nice) et le 29 mars 2024 (devant la cour administrative de Marseille), le centre hospitalier de Grasse et la compagnie Axa France Iard, son assureur, représentés par Me Zuelgaray, concluent :

1°) à titre principal, au rejet de la demande de contre-expertise et à ce que la provision réclamée par Mme B soit limitée à la somme de 5 000 euros ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les prétentions indemnitaires de Mme B soient ramenées à de plus justes proportions.

Le centre hospitalier de Grasse et la compagnie Axa France Iard font valoir que :

- la demande de contre-expertise n'est pas justifiée ;

- les préjudices dont Mme B s'estiment victimes pourront être liquidés sur la base du rapport d'expertise médicale du docteur C ;

- les prétentions indemnitaires de Mme B devront être ramenées à de plus justes proportions.

Par des mémoires, enregistrés le 20 novembre 2019, le 21 avril 2021 et le 28 février 2024 (devant le tribunal administratif de Nice) et le 30 mars 2022 (devant la cour administrative d'appel de Marseille), la caisse primaire d'assurance maladie du Var, représentée par Me Cottray-Lanfranchi, conclut :

1°) à la condamnation du centre hospitalier de Grasse à lui verser la somme de 16 328,86 euros, correspondant au montant de ses débours, assortie des intérêts au taux légal à compter du jour de la demande ;

2°) à la condamnation du centre hospitalier de Grasse et de son assureur, la compagnie Axa France Iard, à lui verser la somme de 1 191 euros correspondant à l'indemnité forfaitaire prévue par l'article L. 3761-1 alinéa 6 du code de la sécurité sociale ;

3°) à la condamnation du centre hospitalier de Grasse et de son assureur à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La caisse primaire d'assurance maladie du Var soutient que le montant des débours définitif s'élève à la somme de 16 328,86 euros ; ces débours sont imputables à l'erreur de diagnostic dont a été victime Mme B.

Par ordonnance du 12 mars 2024 la clôture d'instruction a été fixée au 2 avril 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code e la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juin 2024 :

- le rapport de Mme Chaumont, première conseillère,

- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une chute survenue le 26 avril 2014 à son domicile, Mme A B a été admise au sein du service des urgences du centre hospitalier de Grasse. Un bilan radiographique du rachis dorso-lombaire a été réalisé, ainsi qu'un scanner. Il n'a été constaté aucune lésion osseuse traumatique récente. L'intéressée a quitté le service des urgences le lendemain avec, notamment, une prescription d'antalgique et une ceinture de contention lombaire. Le 15 mai 2014, devant la persistance des phénomènes douloureux, une IRM lombaire est réalisée et a révélée l'apparition d'une fracture tassement du corps de D12 par enfoncement de son plateau supérieur avec recul du mur postérieur et fracture verticale bi pédiculaire. Le 16 juin 2014 Mme B subit une intervention chirurgicale d'ostéosynthèse de la colonne vertébrale par abord postérieur pour la mise en place d'un implant spine jack et une cimentoplastie de T12 et une biopsie trans-pédiculaire. La date de consolidation de son état, telle que découlant des suites de l'intervention, a été fixée au 22 décembre 2015 par l'expert diligenté par le tribunal de grande instance de Grasse. Après le dépôt du rapport d'expertise, Mme B s'est rapprochée du centre hospitalier de Grasse afin d'être indemnisée des préjudices subis. Par une requête n° 1904312, Mme B demandait au tribunal de diligenter une nouvelle expertise et de condamner le centre hospitalier de Grasse à lui verser une somme totale de 171 695, 50 euros en réparation des préjudices qu'elle allègue avoir subis en raison des conséquences de l'erreur de diagnostic commis par ledit centre lors de sa prise en charge par le service des urgences le 26 avril 2014. Par un jugement n° 1904312 du 31 décembre 2021, le tribunal administratif de Nice a rejeté la requête de Mme B pour irrecevabilité. Par un arrêt n° 22MA00811 du 22 décembre 2023, la cour administrative de Marseille a annulé le jugement du 31 décembre 2021 et a renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Nice. Cette affaire a alors été enregistrée sous le numéro 2306407. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, d'ordonner une expertise complémentaire et, à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa France Iard, à l'indemniser des préjudices subis suite à l'erreur de diagnostic dont elle estime avoir été victime.

Sur la demande de nouvelle expertise :

2. Si Mme B sollicite une expertise complémentaire, elle n'apporte aucun élément médical de nature à mettre en doute l'analyse de l'expert ou établissant la nécessité d'une nouvelle expertise. En effet, si elle produit au dossier un compte rendu d'une IRM réalisée le 31 mai 2017 dont il ressort que " on retrouve une scoliose lombaire gauche associée à une angulation de la charnière dorso-lombaire dans le plan sagittal en regard de T12. Antécédent de fracture tassement de T12 avec recul du mur postérieur, venant au contact de la partie terminale du cordon médullaire. Persistance d'une cavité syringomyelique relativement fine étendue sur toute la moelle dorsale sus-jacente visible " et qui conclut à une lombarthrose évoluée avec rétrécissement foraminaux L2-L3 bilatéraux, les termes de ce compte rendu ne sont pas de nature à remettre en question l'appréciation de l'expert désigné par le tribunal judiciaire. En outre, si elle se prévaut d'une aggravation de son état de santé, il résulte du rapport d'expertise judiciaire que l'état de santé de Mme B est consolidé au 22 décembre 2015 et qu'aucune aggravation n'est à prévoir s'agissant de l'erreur de diagnostic dont a été victime la requérante. Enfin, le rapport d'expertise permet au tribunal de se prononcer sur les conditions d'engagement de la responsabilité du centre hospitalier de Grasse et sur les préjudices subis par l'intéressée lors de sa prise en charge. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de Mme B tendant à ce que soit ordonnée une expertise complémentaire.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Grasse :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

4. En l'espèce, Mme B a été admise le 26 avril 2014 au sein du service des urgences du centre hospitalier de Grasse en raison d'une chute survenue le jour même à son domicile. D'une part, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur C, diligenté par le tribunal judiciaire, que lors de son hospitalisation, la requérante a bénéficié d'un bilan radiographique du rachis dorso-lombaire et d'un scanner, que lequel il est noté une fracture-enfoncement du plateau supérieur T12 avec des traits verticaux. Suite à cette hospitalisation, Mme B a été autorisée à regagner son domicile avec une prescription d'antalgique et une ceinture de contention lombaire. D'autre part, il résulte également de l'instruction que la fracture-tassement de T12 visible sur le scanner réalisé le 26 avril 2014, qui aurait dû au minimum être immobilisée, a provoqué une aggravation de la lésion initiale aboutissant à une intervention chirurgicale. Ainsi, ce retard de diagnostic, à l'origine directe et certaine des dommages subis par Mme B, est constitutif d'une faute dans la prise en charge de la patiente de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Grasse.

5. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier de Grasse doit être engagée.

Sur les préjudices de Mme B :

6. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de Mme B peut être regardé comme consolidé le 22 décembre 2015.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que Mme B a présenté un déficit fonctionnel temporaire total du 15 au 19 juin 2014, un déficit fonctionnel temporaire partiel à 25% du 20 juin 2014 au 16 décembre 2014 et un déficit fonctionnel temporaire partiel de 10% du 17 décembre 2014 au 22 décembre 2015. Il sera fait une juste évaluation du préjudice résultant du déficit fonctionnel temporaire de Mme B en le fixant, sur une base de 16 euros par jour, à la somme de 1 480 euros.

Quant aux souffrances endurées :

8. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme B du fait du traumatisme jusqu'à la consolidation liées au retard de diagnostic et thérapeutique, à l'intervention chirurgicale et ses suites ont été évaluées par l'expert à 3,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 5 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux permanents :

Quant à l'assistance à tierce personne :

9. Il résulte de l'instruction que, avant son accident, Mme B bénéficiait de l'assistance d'une tierce personne à hauteur de 28 heures par semaine. Il résulte du rapport d'expertise que, pour la période courant de la date de consolidation à la date du présent jugement, cette assistance à tierce personne doit être majorée de deux heures supplémentaires en raison des conséquences imputables à l'accident du 26 avril 2014. Par ailleurs, il doit être tenu compte du salaire minimum interprofessionnel de croissance, augmenté des charges sociales, pour une année évaluée à 412 jours pour tenir compte des dimanches et jours fériés ainsi que des congés payés et d'un taux horaire pour une aide non spécialisée de 13 euros en ce qui concerne la période antérieure au 1er janvier 2018, de 14 euros en ce qui concerne la période comprise entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2020, de 15 euros en ce qui concerne la période allant du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2021. A partir du 1er janvier 2022, il doit être appliqué, pour une aide non spécialisée, le taux horaire de 22 euros fixé par l'arrêté du 30 décembre 2021 pris pour l'application de l'article l. 314-2-1 du code de l'action sociale et des familles, dans la rédaction issue de l'article 44 de la loi du 23 décembre 2021, sur la base de 365 jours dès lors que cette moyenne horaire est réputée intégrer l'ensemble des charges sociales ainsi que les droits à congés payés des salariés. Compte tenu de ces modalités de calcul, l'indemnité due au titre de l'assistance par tierce personne doit être évaluée à la somme de 15 511,70 euros pour la période considérée.

10. S'agissant des frais d'assistance par tierce personne qu'exposera Mme B à compter de la présente décision, ceux-ci doivent être calculés sur la base des mêmes besoins que ceux fixés au point précédent, pour un tarif horaire à 23,50 euros, sur une durée annuelle de 365 jours. Ainsi, compte tenu de ce tarif, il convient de retenir une rente trimestrielle de 611 euros. Cette rente sera revalorisée par la suite en application des coefficients prévus à l'article L. 434-17 du code de la sécurité sociale. La rente sera versée à chaque trimestre échus, sous déduction, le cas échéant, des sommes versées à Mme B au titre des aides financières à la tierce personnel, y compris le crédit d'impôt perçu à l'article 199 sexdecies du code général des impôts, qu'il appartiendra à l'intéressée de porter à la connaissance du centre hospitalier de Grasse et à son assureur.

Quant aux frais de transformation de son habitat :

11. Mme B demande le versement d'une somme de 5 776,12 euros au titre des frais nécessaires pour aménager son habitat. Toutefois, le devis produit par Mme B pour réaliser des travaux dans sa salle de bain date de 2011, soit antérieurement à son accident. Il n'est ainsi pas établi que les travaux d'aménagement dont Mme B demande l'indemnisation soient en lien direct et certain avec la faute commise par le centre hospitalier de Grasse. Cela est par ailleurs confirmé par le rapport d'expertise dont il ressort que l'expert n'a retenu aucun chef de préjudice à ce titre en raison de l'état antérieur de la requérante. Dans ces conditions, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

12. Mme B, née le 1er mai 1943 en et âgée de 72 ans à la date de la consolidation, souffre d'un déficit fonctionnel permanent de 5 %. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice dans ses conditions d'existence en le fixant à la somme de 5 200 euros.

Quant au préjudice esthétique :

13. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme B ne subit aucun préjudice esthétique suite au retard de diagnostic. Dans ces conditions, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.

Quant au préjudice d'agrément :

14. Il résulte de l'instruction que l'expert a relevé que Mme B présentait un léger préjudice d'agrément. Celle-ci soutient, par ailleurs, ne plus pouvoir pratiquer la marche prolongée ni s'occuper de son jardin, une activité qui était importante pour elle. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de son préjudice d'agrément en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

15. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble des préjudices subis par Mme B du fait de la faute commise par le centre hospitalier de Grasse doivent être évalués à la somme de 28 192,40 euros.

Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie :

16. Le tribunal de céans, dans le jugement n° 1904312 a déjà statué sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie. Si cette décision a fait l'objet d'un appel devant la cour administrative d'appel de Marseille, il est constant que ce jugement n'a été annulé qu'en tant qu'il a statué sur la requête de Mme B. Par suite, il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie.

Sur les frais liés au litige :

17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

Le centre hospitalier de Grasse et la compagnie Axa France Iard étant les parties perdantes, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à leur charge, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens le versement à Mme B de la somme de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa France Iard, sont condamnés solidairement à payer à Mme A B la somme de 28 192,40 euros en réparation des préjudices subis.

Article 2 : Le centre hospitalier de Grasse et son assureur, la compagnie Axa France Iard, sont condamnés solidairement à verser à Mme A B une rente trimestrielle d'un montant de 611 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne, dans les conditions énoncées au point 10 du présent jugement.

Article 3 : Le centre hospitalier de Grasse et la compagnie Axa France Iard, son assureur, verseront à Mme A B la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var, au centre hospitalier de Grasse, à la compagnie Axa France Iard.

Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Chaumont, première conseillère,

Mme Duroux, première conseillère,

Assistés de Mme Ravera, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

A-C. Chaumont

Le président,

signé

F. Pascal La greffière,

signé

C. Ravera

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière.

N° 1904312 - 2306407

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