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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2400391

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2400391

jeudi 25 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2400391
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCHADAM-COULLAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Chadam-Coullaud, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans un délai de 2 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, un récépissé de sa demande de carte de séjour l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son avocate.

Le requérant soutient que :

- la condition relative à l'urgence est satisfaite : il n'a plus de récépissé ; son contrat de travail a été suspendu ; il vit en France depuis 10 ans ; il est le père d'une fille française et bénéficie d'un droit de visite ;

- la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance du récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale dès lors qu'il est porté atteinte, en l'espèce, à sa liberté de travail et à son droit à une vie familiale normale.

Par des mémoires et des pièces, enregistrés les 24 et 25 janvier 2024, le préfet des Alpes-Maritimes a demandé au tribunal de constater qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la requête de M. A B.

Le préfet fait valoir qu'une convocation pour remise de titre a été envoyée au conseil du requérant. Ce dernier n'était pas venu chercher son titre de séjour et une nouvelle convocation lui a été adressée pour qu'il vienne chercher son titre de séjour. Par ailleurs, il est convoqué le 29 janvier 2024 pour se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 janvier 2024 à 15 h 00 :

- le rapport de M. Pascal, juge des référés ;

- et les observations de Me Chadam-Coullaud, représentant M. A B. Elle fait valoir que si le préfet a indiqué qu'il était convoqué aujourd'hui, 25 janvier 2024 à la préfecture, les locaux étaient fermés. Le préfet a fixé un nouveau rendez-vous, le 29 janvier 2024, mais ses écritures sont très confuses et on ne sait pas quel document sera remis à M. B. Elle fait valoir qu'elle a déposé une demande d'aide juridictionnelle.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant brésilien, né le 16 avril 1976, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans le délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice

administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

5. Il résulte de l'instruction que le requérant est convoqué en préfecture le 29 janvier 2024 pour recevoir un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. A la date à laquelle le juge des référés statue, la présente requête a perdu tout objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les frais du litige :

6. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate, Me Chadam-Coullaud, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et dès lors que Me Chadam-Coullaud a renoncé par avance à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Chadam-Coullaud de la somme de 800 euros, sous réserve toutefois de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Chadam-Coullaud, qui a renoncé par avance à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice, le 25 janvier 2024.

Le juge des référés

signé

F. Pascal

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

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