lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2400465 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CARLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2024 sous le n° 2400465 et un mémoire enregistré le 7 mars 2024, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice, représenté par Me Lionel Carles, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative d'ordonner :
1°) une expertise contradictoire portant sur les désordres des niveaux de parkings souterrains dont il est propriétaire à l'hôpital de l'Archet 2 à Nice. La mission confiée à l'expert devant permettre d'identifier leur cause et origine, les modalités de leur réparation et les responsabilités qui en découlent en vue d'une indemnisation de ses entiers préjudices ;
2°) ce que de droit sur les dépens ;
3°) le rejet des demandes de son assureur la société CHUBB European group SE.
Le CHU de Nice soutient que :
- l'UNSA (Université de Nice Sophia Antipolis) a été autorisée, par convention du 17 mars 2004 à édifier des bâtiments d'enseignement au-dessus des parkings lui appartenant ;
- le 10 juin 2016 il informait l'UNSA de désordres affectant les dalles des planchers des niveaux R1 R2 et R3 provenant des installations de traitement d'eau du bâtiment ;
- le 26 octobre 2016 un constat de la dégradation des planchers a été dressé ;
- malgré une déclaration de sinistre effectuée auprès de son assureur et une expertise amiable réalisée en février 2017, la situation va rester en l'état ;
- un rapport d'études a été communiqué le 8 novembre 2017 portant sur les diagnostics corrosion des dalles des planchers des différents sous-sols du parking ;
- il a mandaté le cabinet GINGER- CEBTP pour procéder à des tests de mise en charge des planchers ;
- en l'absence de réponse de son assureur, et du fait de la corrosion dégradant l'état des dalles des parkings, il y a urgence à ordonner une expertise judiciaire contradictoire ;
- la désignation de l'expert amiable a interrompu le délai de prescription opposé par son assureur ;
- la convention signée avec son assureur ne vise pas la corrosion provenant d'un fait extérieur.
Par mémoires enregistrés les 29 février 2024 et 21 mars 2024, la société CHUBB European Group SE, en sa qualité d'assureur dommages aux biens du CHU de Nice, représentée par Me Fabrice de Cosnac, demande au juge des référés :
1°) de rejeter la demande d'expertise sollicitée à son contradictoire pour défaut d'utilité compte-tenu à la fois de la prescription et de l'exclusion des dommages consécutifs à la corrosion ;
2°) de rejeter la demande présentée par le CHU de Nice sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner le CHU de Nice à lui verser la somme de 2 000 € sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société CHUBB European Group SE fait valoir que :
- le rapport d'huissier du 26 octobre 2016 indique que les désordres concernés ont été constatés en novembre 2015, lors de la réception d'un rapport d'expertise corrosion émanant du CEBTP ;
- plus de cinq années s'étant écoulées depuis les dates du constat des désordres et de la dernière réunion organisée par le cabinet désigné pour réaliser l'expertise amiable ;
- lors de cette expertise la société CCF a reconnu sa responsabilité dans la survenance des désordres où a été évoqué un éventuel défaut constructif lors de la surélévation des bâtiments ;
- elle a donc classé sans suite le dossier de sinistre concerné ;
- sont expressément exclus de la police souscrite par le CHU, du 1/01/14 au 31/12/18, les dommages résultant de la corrosion ;
- le CHU ne conteste pas qu'aucun acte interruptif de la prescription n'a été effectué depuis au plus tard la réunion amiable du 6 juin 2017 ;
-ses garanties n'ayant pas vocation à s'appliquer, l'utilité d'une expertise judiciaire n'est pas avérée.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Le CHU de Nice a signé, avec l'université de Nice Sophia Antipolis le 17 mars 2004, une convention portant sur les travaux de construction d'un bâtiment d'enseignement et de recherche en surélévation du parking de l'hôpital Archet 2 à Nice. Il demande au juge des référés d'ordonner une expertise contradictoire portant sur les désordres qui affectent les dalles des planchers dédits parkings sur 3 niveaux souterrains. Ces désordres ont fait l'objet d'un sinistre déclaré en novembre 2015 et semblent provenir des installations techniques de traitement d'eau de l'université, comme cela ressort du courrier du 28 juillet 2016 de cette dernière. L'expertise sollicitée devant permettre d'identifier la cause et origine de ces désordres, les modalités de leur réparation et les responsabilités qui en découlent en vue d'une indemnisation de ses entiers préjudices. A l'appui de sa demande le CHU de Nice produit un rapport d'étude du 8 novembre 2017 de corrosion desdites dalles établi par le LERM pour le bureau d'étude Determinant et d'un rapport de GINGER CEBTP d'août 2019 intitulé " Essai de mise en charge d'un parking.
Sur la mise hors de cause de société CHUBB European Group SE:
2 . La société CHUBB European Group SE, en sa qualité d'assureur dommages aux biens du CHU de Nice, lors de la survenue du sinistre concerné, demande sa mise hors de cause. La mesure d'expertise étant une mesure d'instruction qui ne saurait préjuger sur le fond du litige, tous droits et moyens des parties étant de ce fait réservés, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande de mise hors de cause.
Sur l'utilité de l'expertise sollicitée :
3 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. (). ".
4 . Si la société CHUBB European Group SE, assureur du CHU de Nice, s'oppose à cette expertise sur le fondement de la prescription de l'action et sur l'exclusion des dommages consécutifs à la corrosion, le chef de mission sollicité par le CHU visant à déterminer les causes des désordres litigieux, permettra effectivement aux parties de vérifier s'ils font partie des garanties assurées. Aussi, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir formulées par son assureur, l'expertise sollicitée par le CHU de Nice, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il convient, en conséquence, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance, au contradictoire de l'université de Nice Sophia Antipolis et de CHUBB European Group SE.
Sur les dépens :
5 . Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
6 . Il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par le CHU de Nice portant sur les dépens doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
7 . Aux termes des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8 . Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite les conclusions des parties, présentées sur ce fondement, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence du CHU de Nice, de son assureur CHUBB European group SE et de l'Université de Nice Sophia-Antipolis.
Article 2 - L'expert aura pour mission :
1°) de prendre connaissance des pièces contractuelles des travaux réalisés dans le cadre des travaux de construction d'un bâtiment d'enseignement et de recherche en surélévation du parking de l'hôpital Archet 2 et de toute pièce utile qu'il lui appartiendra de solliciter ;
2°) de se rendre sur les lieux du parking du centre hospitalier L'archet 2 sis 151, route de Saint Antoine à Nice et de décrire les désordres qui affectent les dalles, d'en effectuer un relevé précis et détaillé en indiquant leur date d'apparition et en donnant tous éléments de fait permettant d'apprécier s'ils sont de nature à affecter la stabilité de l'ouvrage et à rendre celui-ci impropre à sa destination ;
3°) de donner un avis motivé sur la ou les origines des désordres, malfaçons et/ou non façons dont s'agit et s'ils sont évolutifs, en distinguant les faits imputables à la conception de l'ouvrage, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien des bâtiments endommagés et, dans le cas d'origines multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) de vérifier la qualité des constructions réalisées au regard notamment des normes de règlementaires ;
5°) d'indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle en vue d'une utilisation de l'ouvrage conforme à sa destination, compte tenu du site et des mises en sécurité qui s'imposent et en définir le coût au vu de plusieurs devis à solliciter auprès des parties concernées ; signaler, le cas échéant, toutes mesures urgentes et indispensables à mettre en œuvre pour sécuriser les lieux et les occupants ;
6°) de produire à son rapport et, en tant que de besoin les photographies de ses constatations, tout schéma et tout autre document contractuel utile ;
7°) de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies, permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis dans le cadre d'un éventuel recours en responsabilité ;
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesses, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par l'expert, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie ;
L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif ;
Si les parties sont parvenues à un accord privant la mission d'expertise de son objet, l'expert devra rendre compte de cet accord en précisant s'il règle le montant et l'attribution de la charge des frais d'expertise. Si le cas échéant, l'expert, avec l'accord des parties prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser la présidente du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.
Article 3 - Est désigné en qualité d'expert :
M. A B, exerçant au 209, chemin du Val d'Aren au Beausset (83330) ;
Article 4 - L'expert, qui communiquera aux parties un pré-rapport, s'il l'estime utile, avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans un rapport définitif, déposera le rapport définitif au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance accompagné de son état de vacations, frais et honoraires. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 5 - Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 6 - Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 - La présente ordonnance sera notifiée au CHU de Nice, à son assureur CHUBB European group SE, à l'Université de Nice Sophia-Antipolis et à M. A B, expert.
Fait à Nice, le 21 octobre 2024.
signé
Marianne POUGET
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
2400465
mgf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026