vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2400695 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2024, Mme A C et M. B D, représentés par Me Hmad Hanan, demande au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes et à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de prendre les dispositions nécessaires à leur mise à l'abri immédiate ainsi que de leurs trois jeunes enfants dès notification de l'ordonnance à intervenir dans le cadre du dispositif dédié à l'urgence sociale ;
3°) de mettre à la charge du préfet des Alpes-Maritimes une somme de 1 500 euros à verser à leur avocate, Me Hmad, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ou bien à la requérante en cas d'absence ou de retrait du bénéfice à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- Sur l'urgence :
- avec leurs trois jeunes enfants, ils sont sans solution d'hébergement ;
- un des enfants est atteint d'une pathologie incompatible avec une vie sans domicile fixe ;
- Sur l'atteinte manifestement grave et illégale au droit d'asile et au droit à l'hébergement d'urgence :
- la carence de l'Etat à leur proposer un logement caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit à un hébergement d'urgence au regard du droit de l'Union européenne (directives 2003/9/CE du Conseil du 27 janvier 2003 et 2013/33/UE du 26 juin 2013) ;
- compte tenu de leur détresse sociale, ils sont en droit de bénéficier d'un hébergement d'urgence en application de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles, qui constitue une liberté fondamentale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
- l'urgence n'est pas établie ;
- il n'y a pas atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale dès lors que les requérants ont bénéficié d'une mise à l'abri en tant que demandeurs d'asile ; que la demande d'asile de Mme A a été définitivement rejetée mais qu'elle a obtenu un titre de séjour " vie privée et familiale " sur un autre fondement ; que les requérants ne justifient pas d'une urgence particulière au regard de la saturation du dispositif d'accueil ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne sont pas remplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 février 2024 à 11H45 :
- le rapport de M. Soli, juge des référés ;
- les observations de Me Hmad Hajer substituant Me Hmad Hanan, pour la requérante qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et qui précise que la requérante ne peut travailler en l'absence de place en crèche pour garder ses enfants.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme A et de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. En vertu des dispositions de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence ". Il appartient ainsi aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre au titre du droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi, au bénéfice de toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale.
4. Une privation du bénéfice de ce droit peut conduire le juge des référés à faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L 521-2 du code de justice administrative. Toutefois, il ne peut, sur le fondement de cet article, adresser une injonction à l'administration que dans le cas où le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent des dispositions précitées. S'agissant des conditions d'hébergement, le caractère grave et manifestement illégal de l'atteinte au droit d'accès à un dispositif d'hébergement d'urgence s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente.
5. Mme A et M. B, ressortissants du Nigéria, font valoir qu'ils ont trois jeunes enfants à charge, nés en 2019, 2020 et 2023 et qu'ils sont sans solution d'hébergement alors qu'un des enfants est atteint d'épilepsie. Il résulte de l'instruction, notamment des indications fournies par le préfet des Alpes-Maritimes, qu'au regard de la saturation du dispositif d'hébergement d'urgence sociale, en particulier dans le département des Alpes-Maritimes, la situation des requérants qui ont bénéficié pendant plusieurs mois d'une mise à l'abri d'urgence, ne présente pas un caractère prioritaire par rapport aux autres familles qui n'ont pu encore être mises à l'abri. Dans ces circonstances, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'absence de solution d'hébergement a porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté fondamentale que constitue le droit à un hébergement d'urgence.
6. Il s'ensuit que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition relative à l'urgence, les conclusions de Mme A et de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes ou à l'OFII de leur attribuer le bénéfice d'un hébergement sont rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A et M. B sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A C et M. B D est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et M. B, à la délégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement, au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Hmad.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nice.
Fait à Nice, le 9 février 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026