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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2401369

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2401369

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2401369
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantDE LA GRANGE & FITOUSSI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 mars 2024, sous le n° 2401369, Mme A B, représentée par Me Olivia Chalus Penochet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, d'ordonner :

1°) la désignation d'un expert spécialité en chirurgie-orthopédie, afin de déterminer les causes et les conséquences de l'aggravation de son état de santé, qu'elle impute aux interventions chirurgicales subies les 21 avril et 28 juillet 2023, au centre hospitalier d'Antibes-Juan-les-Pins et d'évaluer l'étendue de ses préjudices en résultant ;

2°) la mise en cause du centre hospitalier d'Antibes, de son assureur Relyens Mutual Insurance et de l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des infections nosocomiales et des affections iatrogènes (ONIAM) ;

3°) le dépôt d'un pré-rapport d'expertise.

Mme B soutient que :

- le 21 avril 2023, elle a été opérée d'un hallux valgus modéré du pied droit et d'un quintus varus au CH d'Antibes Juan-Les-Pins nécessitant un arrêt de travail initial jusqu'au 23 juin 2023 ;

- le 17 mai 2023, elle a été transportée par le SAMU aux urgences du CHU de Nice en raison d'un pied rouge, gonflé et purulent ;

- l'établissement hospitalier a constaté l'infection et a préconisé une antibiothérapie alors que le chirurgien du CH d'Antibes avait fait part de son désaccord quant à cette prescription aussi, l'équipe médicale le CHU de Nice l'a laissée retourner à son domicile ;

- les 23 et 30 mai 2023, lui ont été prescrits par le CH d'Antibes des soins infirmiers à domicile et des séances de rééducation du pied droit qui ont été suspendues le temps de la cicatrisation ;

- le 07 juin 2023, la plaie au pied a présenté une excroissance traitée par le CH d'Antibes avec un crayon de nitrate d'argent sans amélioration, justifiant un changement de protocole de soins quotidiens pendant deux mois par un infirmier, suivi de séances de rééducation ;

- son arrêt de travail a été prolongé jusqu'au 1er août 2023 suite à son ostéotomie du pied droit et le 20 juin 2023, elle a bénéficié d'un suivi de sa plaie à l'Hôpital Les Sources à Nice ;

- un curetage écouvillonnage pour examen microbiologique, réalisé le 20 juin suivant, a révélé la présence d'un Staphylococcus Aureus ;

- le 23 juin 2023, un scanner a mis en évidence une ostéite débutante au niveau de la première phalange de l'hallux ;

- le 27 juin 2023, son généraliste a prescrit une antibiothérapie de 6 semaines ;

- le 28 juillet 2023, le CH d'Antibes l'a opérée pour sepsis sur ostéotomie pour l'hallux valgus droit en procédant à l'ablation du matériel ;

- son arrêt de travail a été prolongé jusqu'au 16 septembre 2023 ;

- en novembre 2023, toujours affectée d'un œdème, elle a présenté une détresse morale justifiant des séances de psychothérapie ;

- le 29 novembre 2023 le scanner a révélé : " Persistance d'une petite vis d'ostéosynthèse au niveau de l'épiphyse distale du premier métatarsien. Aspect déminéralisé hypodense des structures osseuses du premier métatarsien et de PI de l'hallux en faveur de séquelles d'ostéite.. Conclusion : persistance d'une petite vis d'ostéosynthèse et de séquelles d'ostéite actuellement non évolutive. " ;

- à ce jour, la présence de cette vis dans son pied droit doit faire l'objet d'une 3ème intervention ;

- le 12 mars 2023 elle a sollicité auprès du CH d'Antibes sa prise en charge dans le cadre des dispositions l'article L.1142-1 du Code de la santé publique ;

- une requête au fond sera déposée dans le délai légal.

Par un mémoire, enregistré les 20 mars 2024, l'ONIAM, représenté par Me Samuel Fitoussi, ne s'oppose pas, sous les protestations et réserves d'usage, à la mesure d'expertise qui sera complétée selon ses observations. Il demande au juge des référés d'ordonner la désignation d'un collège d'experts spécialisés en chirurgie orthopédique et en infectiologie, la production d'un pré-rapport et de rejeter toute autre demande.

L'ONIAM fait valoir que :

- son intervention est strictement définie par les dispositions de l'article L.1142-1 II et suivants et L.1142-22 du code de la santé publique ;

- un patient peut prétendre à une indemnisation au titre de la solidarité nationale pour un accident médical ou une infection nosocomiale non fautif occasionnant des séquelles d'une certaine gravité;

- il ne saurait se voir imputer une quelconque responsabilité en sa qualité de fonds d'indemnisation au titre de la solidarité nationale.

Par mémoires enregistrés les 21 mars 2024 et 24 juin 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var qui intervient pour la CPAM des Alpes-Maritimes, représentée par Me Benoit Verignon, indique que sa créance provisoire dans la présente instance s'élève à 5 683,86 € et demande au juge des référés de :

- réserver ses droits à remboursement jusqu'à fixation du préjudice subi, y compris pour tous débours actuels et futurs servis sur le compte de la victime ;

- statuer ce que de droit sur la demande d'expertise sollicitée ;

- condamner toute partie succombante aux entiers dépens.

Par un mémoire enregistré le 27 mars 2024, le centre hospitalier d'Antibes-Juan-les-Pins et son assureur Relyens Mutual Insurance, représentés par Me Sophie Chas, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée sous leurs plus expresses protestations et réserves quant à la responsabilité du centre hospitalier d'Antibes.

Ils demandent que la mission assignée à l'expert précise :

- si un éventuel manquement aux règles de l'art, retard de diagnostic ou infection peuvent lui être reprochés et les préjudices et débours qui en découleraient à l'exclusion de toute conséquence prévisible de la pathologie initiale, de tout état antérieur et de toute cause étrangère ;

- en cas d'infection si les mesures d'aseptie ont été respectées, si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale, si elle pouvait raisonnablement être évitée et si elle a pu être à l'origine d'une perte de chance d'éviter les séquelles présentées et la chiffrer ;

- que lui soit remis par l'organisme social un relevé de prestations détaillé des soins accomplis ;

- soient déterminés les débours et frais médicaux directement imputables au manquement, retard de diagnostic ou infection relevés à l'exclusion de ceux imputables à l'état antérieur de la requérante, aux conséquences normalement prévisibles de sa pathologie initiale, à sa prise en charge par d'autres professionnels de santé et à toute cause étrangère.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de sécurité sociale ;

-le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise sollicitée :

1 . Aux termes des dispositions de l'article R.532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toutes mesures utiles d'expertise ou d'instruction. () ".

2 . Mme A B demande au juge des référés d'ordonner une expertise médicale à l'effet de déterminer si l'infection dont elle a été atteinte, est bien en relation directe et certaine avec les interventions chirurgicales subies les 21 avril et 28 juillet 2023 et les soins pratiqués au centre hospitalier d'Antibes-Juan-les-Pins, les experts désignés devant notamment définir ses divers préjudices. La mesure d'expertise sollicitée entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile, il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission des experts comme il est dit à l'article 2 du dispositif de la présente ordonnance.

Sur le dépôt d'un pré-rapport d'expertise :

3 . Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit, ne fait obligation aux experts d'établir un pré-rapport dans la conduite des opérations de l'expertise qui leur est confiée et de le soumettre préalablement aux parties. S'agissant d'une modalité opérationnelle de l'expertise, il appartient à l'expert désigné d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions des parties tendant à ce que le juge des référés ordonne la production d'un pré-rapport et sa communication préalable aux parties, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens :

4 . Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ".

5 . Il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne, par suite, les conclusions présentées par la CPAM, portant sur les dépens doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de Mme A B, de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, de la caisse primaire d'assurance maladie du Var, du centre hospitalier d'Antibes-Juan-les-Pins et de l'ONIAM.

Article 2 - Le collège d'experts aura pour mission :

1°) de solliciter la communication de tous documents médicaux et para-médicaux nécessaires à l'accomplissement de sa mission ; de prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical original de Mme A B que le CH d'Antibes-Juan-les-Pins lui communiquera sans délai notamment tous documents relatifs aux examens, soins et aux interventions chirurgicales dont elle a fait l'objet les 21 avril et 28 juillet 2023, les traitements postopératoires et les suivis ; il pourra entendre toute personne du service hospitalier lui ayant donné des soins et préciser, le cas échéant, les soins et actes médicaux et chirurgicaux dont elle aurait fait l'objet dans d'autres établissements ;

2°) d'examiner Mme B, de décrire les lésions, blessures, soins, interventions et traitements réalisés en lien avec les interventions précitées ;

3°) de décrire les conditions dans lesquelles la requérante a été opérée et prise en charge au CHU d'Antibes-Juan-les-Pins pour les suites de ces interventions et dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir si elle a été informé des conséquences normalement prévisibles des actes médicaux pratiqués et si elle a été ainsi mise à même de formuler un consentement éclairé ; préciser si elle a reçu toutes informations sur l'existence de risques, même faibles, de complications susceptibles de se produire ;

4°) de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales (prévention, diagnostic, choix de la thérapie ..) ou de soins ou des fautes dans l'organisation ou le fonctionnement des services ont été commises lors de ses prises en charge hospitalières, de rechercher si les dommages subis sur l'état de santé de la requérante résultent d'un retard de prise en charge, d'un manquement des services ou d'un aléa thérapeutique compte tenu de ses antécédents et de son état antérieur ; dans ce cas, préciser en quoi cet accident médical a eu des conséquences anormales et en préciser le caractère de gravité au regard de la pathologie initiale de la requérante et de son évolution prévisible ; de déterminer le lien de causalité entre les préjudices subis par Mme B et les actes médicaux réalisés ;

5°) En cas d'infection décelée :

- se faire remettre tout document relatif à l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales, les comptes rendus du CLIN, l'ensemble des protocoles d'hygiène applicables à l'acte litigieux, les résultats des enquêtes épidémiologiques effectuées, et, si nécessaire, les résultats des analyses environnementales ;

- préciser à quelle date ont été constatés les premiers signes de l'infection ;

- préciser le(s) germe(s) en cause ;

- déterminer la porte d'entrée de cette infection en précisant quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à son origine et par qui et dans quel établissement il a été pratiqué ;

- donner son avis sur le point de savoir si l'état de la patiente a été causé par une infection nosocomiale : à cet égard, il s'agira de déterminer, d'une part, si l'infection était présente ou en incubation au début de sa prise en charge hospitalière ou si cette infection a pu être contractée au cours ou au décours de cette prise en charge et, d'autre part, si l'infection a une autre origine autre que la prise en charge hospitalière ;

- dire si un manquement aux obligations posées par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales peut être relevé et si l'ensemble des mesures de prévention ont été appliquées conformément aux règles de l'art, dans la négative, analyser la nature des erreurs, manque de précautions, négligences ou autres défaillances relevées ;

- dire dans quelle mesure l'état de santé de la patiente l'exposait particulièrement à la survenue de l'infection ;

- préciser à quelle date a été porté le diagnostic d'infection et dire par quels moyens cliniques et paracliniques ce dernier a été porté, et si un retard au diagnostic a été constaté ; dans ce cas, déterminer la perte de chance encourue par la patiente ;

- dire si la prise en charge de l'infection a été conforme aux données acquises de la science au moment des faits et indiquer si d'éventuels manquements dans cette prise en charge ont fait perdre une chance à la patiente, compte tenu de son état initial, d'éviter les conséquences dommageables en lien avec cette infection et dans quelle proportion ;

- si la survenue des dommages est plurifactorielle, préciser la part respective des préjudices imputables à chacune des causes éventuellement retenues ;

6°) d'évaluer, le cas échéant :

- l'étendue des préjudices qui en ont résulté à l'exclusion de ceux qui ne seraient que la conséquence normale de l'état pathologique de la victime, antérieur aux interventions du service hospitalier :

· durée du Déficit Temporaire Total ou Partiel,

· date de consolidation de son état de santé,

· pourcentage du Déficit Permanent Partiel,

· troubles dans les conditions d'existence indépendamment ou non de leurs conséquences pécuniaires (préjudice professionnel)

. les importances respectives des souffrances physiques endurées, du préjudice d'agrément, des éventuels préjudices esthétique, sexuel et perte de chance sérieuse de guérison de la pathologie dont elle était atteinte lors de son admission au centre hospitalier ;

- si le centre hospitalier ne devait pas lui apporter d'autres soins ou prescriptions pour éviter la persistance des séquelles qu'elle présente /a présentées ;

7°) de préciser, si besoin est les frais futurs, médicaux ou d'aménagement et si l'état de la victime est susceptible de modification en aggravation ou amélioration : dans l'affirmative, de donner au tribunal toutes précisions utiles sur cette évaluation, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel devra y être procédé ;

8°) de dire si malgré son déficit permanent, la victime est au plan médical, physiquement et intellectuellement apte à reprendre dans les conditions antérieures ou autres, les activités qu'elle exerçait avant les interventions ou prises en charges sus-indiquées ; donner tous renseignements sur la nécessité de l'aide d'une tierce personne et, dans ce cas, en définir les conditions ;

9°) de déterminer les débours et frais médicaux en relation directe avec cette éventuelle faute médicale ou infection en les distinguant de ceux imputables à l'état initial et de donner de manière générale, tous éléments utiles permettant à la juridiction, de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis dans le cadre d'un éventuel recours en responsabilité ;

Le collège d'experts disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesse, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par le collège d'experts, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie ;

Le collège d'experts, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif conformément aux prescriptions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative ;

Si, le cas échéant avec l'accord des parties, le collège d'experts prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser le président du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.

Article 3 - Est désigné en le collège d'experts composé de MM. Les docteurs Baudouin Redreau spécialisé en chirurgie-orthopédique, exerçant Clinique Saint Michel place du 4 septembre à Toulon (83100) et Patrick Brisou, spécialisé en infectiologie, excerçant Hôpital Ste Anne 2, boulevars Ste Anne BP 600 à Toulon (83000).

Article 4 - Les experts, après avoir prêté serment par écrit, accompliront leur mission conformément aux dispositions des articles R. 621-7 et suivants du code de justice administrative.

Le collège d'experts déposera son rapport :

* soit en deux exemplaires, dont un original, au greffe du tribunal administratif

* soit sur la plateforme d'échange du Conseil d'Etat (https://echange.conseil-etat.fr)

dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, et en adressera simultanément un exemplaire à chacune des parties en cause, qui peut s'opérer sous forme électronique, avec leur accord.

Article 5 - Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 - La présente décision sera notifiée Mme A B, à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var, au centre hospitalier d'Antibes-Juan-les-Pins, Relyens Mutual Insurance, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux et à MM. Les docteurs Redreau et Brisou, experts.

Fait à Nice, le 24 octobre 2024.

signé

Marianne POUGET

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

2401369mgf

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