mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2401768 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DAVID JACQUEMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2024, sous le n° 2401768, Mme A C représenté par Me Thibault Pozzo di Borgo, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, d'ordonner une expertise médicale contradictoire afin de l'examiner et d'évaluer les préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite d'une chute sur la chaussée à Nice le 2 août 2023.
Mme C soutient que :
- alors qu'elle se rendait à pied à son travail à 8h20 elle a posé son pied dans une ornière située sur la chaussée angle rue de Beal et rue Soleau à Nice ;
- le procès-verbal d'huissier du 3 août 2023 confirme l'état et le défaut d'entretien de la chaussée également confirmé par une photographie des lieux ;
- une attestation du 13 septembre 2023 d'un témoin confirme le lien de causalité entre la
- chute et ses blessures ;
- le 18 octobre 2023, la Métropole Nice Côte d'Azur (NCA) gestionnaire de la voie, l'a informée du rejet de sa réclamation du 22 septembre 2023 ;
- le 1er février 2024, la Métropole a également rejeté sa demande d'indemnisation du 5 décembre 2023 en l'absence d'établissement de lien de causalité direct entre l'ouvrage et son dommage ;
- l'existence de ce défaut d'entretien normal et des responsabilités encourues pour signaliser et entretenir cette voie publique relèvent de la seule appréciation du juge du fond ;
- la responsabilité de la Métropole est engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public en absence de visibilité de l'ornière à l'origine de sa chute ;
- le danger n'était pas signalé et sa vigilance était monopolisée par le danger potentiel que représentait la circulation (aucune faute d'inattention ne saurait lui être reprochée) ;
- elle a été victime d'un arrachement osseux ainsi qu'une entorse de stade 3 ;
- sa demande la désignation d'un expert judiciaire afin d'évaluer son entier préjudice est utile dans la perspective du dépôt d'un recours au fond tendant à voir reconnaître la responsabilité de la Métropole NCA.
Par un mémoire, enregistré le 22 avril 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Var qui intervient pour la CPAM des Alpes-Maritimes, indique que le montant provisoire de ses débours dans la présente instance s'élève à 3 241,51 € et que Mme C a été prise en charge au titre du risque accident de travail, dans l'accident de voirie en litige.
Par un mémoire, enregistré le 24 avril 2024, la Métropole Nice Côte d'Azur (NCA), représentée par Me David Jacquemin :
1°) s'oppose à titre principal à la mesure d'expertise sollicitée pour défaut d'utilité en l'absence d'établissement du lien de causalité entre le préjudice et la faute alléguée sur l'ouvrage public;
2°) à titre subsidiaire, formule ses protestations et réserves ;
3°) demande la condamnation de la requérante à lui verser 2.000 € sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La Métropole NCA fait valoir que :
- la requérante a déjà fait procéder par de nombreux médecins au constat précis et détaillé de son état de santé ;
- ces éléments médicaux ne démontrent pas que les blessures alléguées sont en lien direct avec les travaux publics concernés ;
- la mission de l'expert n'apporterait donc aucun éclairage technique utile et nouveau ;
- la situation litigieuse ne nécessite pas l'intervention impérative d'un expert ;
- l'unique attestation produite par la requérante, à laquelle manque la confirmation de l'identité du témoin, précise qu'elle aurait vacillé après être descendue du trottoir afin de traverser la chaussée en-dehors du passage piétons ;
- le procès-verbal de constat, n'atteste pas de la réalité des faits dès lors qu'il a été réalisé que le lendemain de l'accident allégué ;
- la requérante qui n'a pas fait appel aux services d'urgence n'établit pas la matérialité des faits ;
- l'excavation située au bas de son immeuble présentait une profondeur peu importante ;
- aucun défaut d'entretien de l'ouvrage ne saurait lui être opposable alors que la requérante qui connaissait parfaitement les lieux devait faire preuve de prudence et d'adapter sa marche en conséquence.
Vu l'ensemble des pièces du dossier ;
Vu la requête au fond n° 2401710 ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1 . Aux termes des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2 . Mme A C demande au juge des référés d'ordonner une expertise médicale afin d'évaluer l'étendue de ses préjudices résultant de l'accident dont elle a été victime le 2 août 2023 sur la chaussée à Nice. Elle invoque un défaut d'entretien normal de la voie publique alors que la Métropole NCA invoque une imprudence de la victime qui n'aurait pas emprunté le trottoir piétons. L'existence de ce défaut d'entretien normal, des responsabilités encourues pour entretenir cet ouvrage public et une éventuelle faute de la victime, de nature à exonérer totalement ou partiellement la responsabilité de la Métropole NCA, relève de la seule appréciation du juge du fond dans la perspective du recours en responsabilité, enregistré au greffe sous le n° 2401710, et ne saurait au stade de la procédure en référé, qui avant tout procès au fond ne tend qu'à ordonner toute mesure utile d'expertise ou d'instruction, faire obstacle à la mesure sollicitée.
3 . Si la Métropole NCA fait valoir que la requérante n'établit ni la matérialité des faits ni le lien de causalité entre l'accident litigieux et le dommage allégué, une attestation d'un témoin direct de sa chute est produit au dossier ainsi que le compte-rendu du procès-verbal d'huissier établi le lendemain, faisant état de la présence d'une ornière sur la chaussée d'environ 15 centimètres de diamètre et 7 centimètres de profondeur. En outre, les pièces médicales figurant au dossier ne permettent pas de déterminer les entiers préjudices de la requérante. Dès lors, l'expertise sollicitée entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Il y a donc lieu, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 du dispositif de la présente ordonnance au contradictoire de la Métropole NCA et des CPAM des Alpes-Maritimes et du Var.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4 . Aux termes des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5 . Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite les demandes présentées en ce sens par les parties sont rejetées.
ORDONNE :
Article 1er - Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de Mme A C, de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, de la caisse primaire d'assurance maladie du Var et de la Métropole NCA.
Article 2 - L'expert aura pour mission :
1°) d'examiner Mme C et décrire s'il y a lieu un état antérieur à l'accident du 2 août 2023 en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur ses lésions ou leurs éventuelles séquelles ;
2°) de prendre connaissance de l'intégralité de son dossier médical afférent à l'accident précité et à ses conséquences ;
3°) de décrire les blessures/éventuelles séquelles présentées par Mme C ;
4°) d'évaluer l'étendue des préjudices qui ont résulté de l'accident litigieux :
· durée du Déficit Temporaire Total ou Partiel,
· date de consolidation des blessures,
· pourcentage du Déficit Permanent Partiel,
· troubles dans les conditions d'existence indépendamment ou non de leurs conséquences pécuniaires (préjudice professionnel) - importances respectives des souffrances physiques endurées, du préjudice d'agrément, du préjudice esthétique et de l'éventuel préjudice sexuel ;
5°) de préciser, si besoin est, les frais futurs, médicaux ou d'aménagement et dire si l'état de la victime est susceptible d'évoluer ;
6°) de déterminer les débours et frais médicaux en relation directe avec l'accident litigieux notamment au vu des relevés à solliciter auprès de l'organisme social, en les distinguant de ceux imputables à l'état initial et de recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies, permettant à la juridiction de se prononcer sur les responsabilités et l'étendue des préjudices subis dans le cadre d'un éventuel recours en responsabilité ;
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif. Il est enjoint aux parties, tant demanderesse que défenderesse, dans le délai de huit jours à compter de la demande qui leur en sera adressée par lettre recommandée avec accusé de réception par l'expert, d'avoir à fournir toutes les pièces qu'elles pourraient détenir et dont la production s'avérerait nécessaire à l'accomplissement de la mission ici définie ;
L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif conformément aux prescriptions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative ;
Si, le cas échéant avec l'accord des parties, l'expert prend l'initiative d'une médiation, il devra en aviser le président du tribunal et préserver dans son rapport d'expertise, sa confidentialité.
Article 3 - Est désigné en qualité d'expert :
M. le docteur D B exerçant au 23, rue Edouard Beri à Nice (06000).
Article 4 - L'expert, après avoir prêté serment par écrit, accomplira sa mission conformément aux dispositions des articles R. 621-7 et suivants du code de justice administrative.
Il déposera son rapport dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente décision, accompagné de son état de vacations, frais et honoraires, conformément aux dispositions suivantes de l'article R. 621-9 du code de justice administrative : " Le rapport est déposé au greffe dans les conditions prévues à l'article R.621-6-5 (par voie électronique). Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues à l'article R.621-7-3 (par voie électronique).".
Article 5 - Les conclusions des parties présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 - La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à la Métropole Nice Côte d'Azur, à la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et à M. le docteur D B, expert.
Fait à Nice, le 9 octobre 2024.
signé
Marianne POUGET
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
2401768
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026