mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2401910 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024, Mme C A, épouse B, représentée par Me B, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance du récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- aucun récépissé ne lui a été délivré malgré les relances adressées auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes ;
- le silence de l'administration sur sa demande doit s'analyser comme un refus.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L.521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L.522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ". Aux termes de l'article R.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R.432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".
2. En l'espèce, il est constant que Mme A, épouse B, ressortissante éthiopienne née le 12 décembre 1979, était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 28 avril 2023 dont elle a sollicité le renouvellement par une demande réceptionnée le 21 mars 2023 par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes. Si l'intéressée sollicite qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande, il résulte à la fois de l'instruction et des termes mêmes de la requête de l'intéressée, que sa demande de renouvellement de titre de séjour doit être regardée comme ayant été rejetée implicitement par l'administration du fait de l'absence de réponse prise par cette dernière dans le délai de quatre mois ayant suivi sa réception. Dès lors, la mesure sollicitée par Mme A, épouse B, fait nécessairement obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet précitée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les conditions relatives à l'urgence et à l'utilité, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l'article L.522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A, épouse B, est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, épouse B.
Copie en sera adressé au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 16 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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