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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2402298

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2402298

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2402298
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Traversini, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans le délai de deux jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, une convocation aux fins de dépôt de sa demande de de titre de séjour et de délivrance d'un récépissé avec autorisation de travail dans l'attente du traitement de sa demande ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation l'absence de convocation délivrée par le préfet des Alpes-Maritimes ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, dans la mesure où toutes ses tentatives de rendez-vous avec les services de la préfecture des Alpes-Maritimes sont restées vaines ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissante philippine née en 1993, est entrée sur le territoire français le 11 décembre 2022 muni d'un visa long séjour puis a déposé une pré-demande de titre de séjour réceptionnée par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes le 12 octobre 2023. Après plusieurs échanges de pièces avec la préfecture, la requérante a été reçue le 7 mars 2024 pour une prise d'empreintes biométriques, et s'est finalement vu informer par la préfecture des Alpes-Maritimes, le 12 mars suivant, que sa demande avait été clôturée car elle n'aurait pas choisi le bon formulaire à savoir celui relatif au " membre de famille européenne ". La requérante, qui soutient avoir pourtant versé le bon formulaire, justifie avoir adressé des courriels aux services de la préfecture des Alpes-Maritimes, en date du 12 avril 2024, pour informer ces derniers de son impossibilité à transmettre le formulaire demandé en raison de la clôture. Pour justifier du caractère urgent de la mesure qu'elle sollicite, Mme B soutient que la carence du préfet des Alpes-Maritimes, qui ne produit pas de mémoire en défense, dans la délivrance d'une convocation la place dans une situation précaire dans la mesure où elle est privée de la possibilité de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, de poursuivre sereinement ses études et d'exercer une activité professionnelle. Au soutien de ses allégations, la requérante justifie avoir tenté, à plusieurs reprises, les 12, 17 et 30 avril de prendre rendez-vous ou de déposer son dossier sur le site de la préfecture des Alpes-Maritimes. Par ailleurs, la décision par laquelle la préfecture des Alpes-Maritimes, a décidé de clôturer le compte de la requérante ne peut faire obstacle étant donné la nature de la mesure sollicitée qui consiste à enjoindre au préfet de la convoquer pour qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour, conformément aux injonctions émises par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes dans le courrier de clôture. Dès lors, la mesure sollicitée par Mme B présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que le prononcé de cette mesure ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.

3. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de convoquer Mme B dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance afin de lui permettre de déposer une demande de titre de séjour portant la mention " membre de famille d'un citoyen de l'Union Européenne " et de lui délivrer, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé de demande de titre de séjour. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours laissé à l'administration pour convoquer Mme B

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros à verser à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme B, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, une convocation à fin de dépôt d'une demande de titre de séjour portant la mention " membre de famille d'un citoyen de l'Union Européenne " ainsi que, sous réserve de la complétude de son dossier, un récépissé de demande de titre de séjour.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A B une somme de 900 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 4 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

G. Taormina

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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