mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2402503 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP EGLIE-RICHTERS - MALAUSSENA |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 juin 2024 :
- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;
- et les observations de Me Debruge substituant Me Eglie-Richetrs, pour le CCAS de Cannes.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ".
4. Il résulte de l'instruction que le 24 mars 2022, le centre communal d'action sociale (CCAS) de Cannes a conclu avec l'Office public de l'habitat de Cannes Pays de Lérins une convention de mise à disposition et de sous-location de logement pour permettre l'hébergement en urgence de familles ukrainiennes bénéficiant de la protection temporaire. Puis par contrat d'hébergement temporaire du 22 avril 2022, le CCAS de Cannes a donné sous-location à titre temporaire d'un logement meublé sis 11 avenue Pierre Semard à Cannes-la-Bocca à M. B C et Mme G A, ainsi qu'à leur enfant D C, pour une durée de trois mois à compter du 22 avril 2022, tacitement reconductible dans la limite d'un an, moyennant des frais d'hébergement à hauteur de 237,53 euros par mois. Suivant courrier de mise en demeure en date du 6 novembre 2023, M. C et Mme A ont été destinataires d'une lettre recommandée leur rappelant leur obligation de paiement des loyers dont la dette d'élevait à 2 078,30 euros au mois de novembre. Les intéressés ont alors répondu qu'ils avaient quitté l'appartement le 7 décembre 2022 et qu'ils en avaient confié les clefs à un ami, M. F. Contacté, ce dernier a refusé de restituer le logement au CCAS et a déclaré régler un loyer à M. C, lequel aurait rejoint le Canada avec sa famille. M. B C, Mme G A et M. F sont ainsi occupants sans droit ni titre du domaine public.
5. En sa qualité de gestionnaire du domaine public, le CCAS de Cannes fait valoir que chaque impayé est ajouté à son débit, dès lors qu'il doit s'acquitter du montant des loyers des sous-locataires, et que ce logement d'hébergement d'urgence serait sans doute plus profitable à d'autres personnes en grande difficulté, alors que des familles sont en attente d'un logement social. Le requérant justifie ainsi de l'urgence et de l'utilité de l'expulsion sollicitée, qui ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. B C, Mme G A et M. F d'évacuer les locaux qu'ils occupent, sans droit ni titre, situés " Résidence Cannes Beach ", 11 avenue Pierre Semard à Cannes-la-Bocca dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance. A ce stade, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée. A défaut, le CCAS de Cannes est autorisé à faire évacuer les lieux irrégulièrement occupés, aux frais, risques et périls de M. B C, Mme G A et M. F et de tous les autres occupants, en recourant, si nécessaire, à l'intervention de toute personne dont l'assistance serait utile et en demandant, le cas échéant, le concours de la force publique.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la famille E (M. B C et Mme G A) la somme de 500 euros à verser au CCAS de Cannes et de mettre à la charge de M. F la somme de 500 euros à verser également au CCAS de Cannes.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint à M. B C, Mme G A et M. F d'évacuer, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, les locaux qu'ils occupent sans droit ni titre situés " Résidence Cannes Beach ", 11 avenue Pierre Semard à Cannes-la-Bocca.
Article 2 : A défaut d'exécution dans le délai imparti, le CCAS de Cannes est autorisé à faire évacuer les lieux irrégulièrement occupés, aux frais, risques et périls des occupants et de tous occupants de leur chef en recourant, si nécessaire, à l'intervention de toute personne dont l'assistance serait utile et en demandant, le cas échéant, le concours de la force publique.
Article 3 : M. B C et Mme G A verseront solidairement la somme de 500 euros au CCAS de Cannes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : M. F versera la somme de 500 euros au CCAS de Cannes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au centre communal d'action sociale de Cannes, à M. B C, à Mme G A et à M. F.
Fait à Nice le 18 juin 2024.
Le juge des référés
signé
O. Emmanuelli
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
2402503
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026