lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2402688 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | OLOUMI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Zia Oloumi, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de rétablir immédiatement ses droits d'allocation pour demandeurs d'asile, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ou à elle-même en cas d'absence ou de retrait du bénéfice de l'aide juridictionnelle.
La requérante soutient que :
En ce qui concerne la condition relative à l'urgence :
- elle est remplie dès lors qu'elle ne dispose plus d'aucune ressource financière depuis le mois de mars 2024 ; elle ne peut donc plus régler les modestes achats de sa vie quotidienne ;
En ce qui concerne la condition relative à l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- il est porté, en l'espèce, une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête de Mme A B en faisant valoir, d'une part, que la condition d'urgence ne peut être regardée comme établie et, d'autre part, qu'aucune carence constitutive d'une atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale n'est caractérisée en l'espèce.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 23 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Zia Oloumi, maintient ses précédentes conclusions, par les mêmes moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 mai 2024 à 9 heures 30 :
- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;
- et les observations de Me Della Monaca, substituant Me Oloumi, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa requête, Mme A B, ressortissante ukrainienne née le 6 août 1954 à Mykolaiev (Ukraine), demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'une part, de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle et, d'autre part, d'ordonner à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de rétablir immédiatement ses droits d'allocation pour demandeurs d'asile (ADA), sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par () la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
4. Postérieurement à l'introduction de la requête, l'OFII a accompli les diligences nécessaires pour renouveler les droits à l'allocation pour demandeur d'asile de la requérante et actualiser son dossier administratif. Les conclusions de Mme B sont donc devenues sans objet, étant souligné qu'il ne saurait être fait grief à l'administration d'avoir pris du retard dans les versements de l'ADA, Mme B ayant pris la décision de quitter le département de l'Eure où elle se trouvait et où elle était administrativement suivie pour rejoindre la Côte d'Azur.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de l'OFII au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Oloumi et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.
Fait à Nice, le 27 mai 2024.
Le juge des référés
signé
O. Emmanuelli
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
2402688
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