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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2402745

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2402745

lundi 12 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2402745
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme B, ressortissante américaine, dans un délai d'un mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La requérante justifiait d'une situation d'urgence et d'utilité, son dossier étant en cours d'instruction depuis près de deux ans, ce qui constituait un délai anormalement long. Le tribunal a également condamné l'État à verser 600 euros à Mme B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 24 mai 2024 et le 6 juin 2024, Mme C B épouse A, représentée par Me Le Stum, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de renouvellement titre de séjour dans un délai d'un mois et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans l'instruction de sa demande de titre de séjour ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, dès lors que sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction depuis plus de neuf mois et que ce délai est anormalement long ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer sur la requête de Mme B et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que Mme B s'est vu remettre, par voie postale, une attestation de prolongation d'instruction, laquelle est valable jusqu'au 4 septembre 2024 inclus, dans l'attente de l'examen de sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L.521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il résulte de l'instruction, que Mme B, ressortissante américaine née en 1992, a sollicité le renouvelle de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " par une demande réceptionnée le 5 septembre 2023 par les services de la prfecture des Alpes-Maritimes. Comme le relève la préfecture des Alpes-Maritimes en défense, elle a par la suite été mise en possession d'une atttestation de prolongation d'instruction suite au dépôt de la présente requète. Pour demander qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de titre de séjour, la requérante soutient, sans être contredite en défense, que le délai pris par l'administration pour statuer sur sa demande est anormalement long, dès lors que celle-ci est en cours d'instruction depuis près de deux ans. Elle indique que la carence des services préfectoraux le place dans une situation administrative et personnelle précaire, dès lors qu'elle rencontre des difficultés dans sa recherche d'emploi alors même qu'elle est diplomée. Dès lors, compte tenu du délai anormalement long pris par les services de l'administration pour statuer sur la demande de Mme B, la mesure sollicitée par ce dernier présente un caractère d'urgence et d'utilité. Cette mesure ne fait pas, en l'état de l'instruction, obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.

3. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de Mme B dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration dudit délai.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 600 (six cents) euros au profit de Mme B, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de Mme B dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 600 (six cents) euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 12 août 2024.

Le juge des référés,

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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