vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2402813 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ALMAIRAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, Mme B F A C et M. D A C, de nationalité nigériane, représentés par Me Almairac, demandent au juge des référés :
1°) de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de les convoquer et de leur délivrer un récépissé dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet des Alpes-Maritimes une somme de 1 200 euros à verser à Me Almairac en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 laquelle renonce par avance, à percevoir la contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- l'urgence à statuer est caractérisée : leur fille E bénéficie du statut de réfugié ; leurs demandes de titres de séjour sont toujours en attente ; sans récépissés ni titres de séjour, ils ne peuvent obtenir un hébergement ; ils font l'objet d'une fin d'hébergement par le 115 ; la famille est composée de deux adultes, de deux enfants mineurs et attend un nouvel enfant ;
- le préfet des Alpes-Maritimes porte atteinte à leur liberté fondamentale d'aller et venir et au droit au respect de leur privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet des Alpes-Maritimes a communiqué des pièces, enregistrées le 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 mai 2024 :
- le rapport de M. Pascal, assisté de Mme Diaw, greffière ;
- et les observations de Me Almairac, représentant M. et Mme A C, qui déclare se désister de sa requête mais maintient ses conclusions relatives aux frais d'instance
- le préfet des Alpes-Maritimes n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par () la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. et Mme A C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur désistement partiel :
2. Lors de l'audience, le conseil des requérants déclare se désister de l'ensemble des conclusions de sa requête, à l'exception de celles relatives aux frais de l'instance. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
3. M. et Mme A C étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, leur conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu, et sous réserve que Me Almairac, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de ses clients à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Almairac d'une somme de 900 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. et Mme A C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros sera versée à leur profit.
O R D O N N E :
Article 1er : M. et Mme A C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. et Mme A C des conclusions de leur requête à fin d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera à Me Almairac une somme de 900 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où M. et Mme A C ne seraient pas admis au bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros leur sera versée
en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B F A C, à M. D A C, à Me Almairac et ministre de l'intérieur et des outre-mer
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.
Fait à Nice, le 31 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier
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