LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2403547

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2403547

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2403547
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantLAVAUD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête du groupement TACAVL, TANP et TDAM contestant le rejet de son offre pour le lot n° 2 d'un marché de transport public lancé par la Régie Ligne d'Azur. Le juge a estimé que la Régie avait satisfait à ses obligations d'information en communiquant les motifs du rejet et les caractéristiques de l'offre retenue, conformément aux articles R. 2181-3 et R. 2181-4 du code de la commande publique. Les moyens relatifs à l'incompétence de la Régie et à l'absence d'habilitation de son directeur général ont été écartés comme inopérants, faute de lien direct avec l'éviction du requérant. Enfin, les griefs concernant la capacité de l'attributaire à exécuter le marché sans sous-traitance prohibée et le caractère anormalement bas de son offre ont été rejetés.

Texte intégral

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 juillet 2024 à 10 h 00 :

- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;

- les observations de Me Pozzo di Borgo, pour les sociétés Transports Automobiles de la Côte d'Azur et de la Vallée du Loup (TACAVL), Transports Automobiles Nice Plan du Var (TANP) et Transdev Alpes-Maritimes (TDAM) ;

- les observations de Me Midol-Monnet, pour la Régie Ligne d'Azur ;

- et les observations de Me Lavaud, pour la Société des Autocars Martin (SAM), l'Union des Transporteurs Pro (UTP), et la société par actions simplifiée (SAS) Ampère.

Considérant ce qui suit :

1. La Régie Ligne d'Azur a lancé une consultation soumise aux règles du code de la commande publique intitulée " prestations de transport de personnes (lignes régulières) sur le territoire de la Métropole Nice Côte d'Azur ". Cette consultation était divisée en quatre lots dont le lot n° 2, afférent à " la Plaine du Var Carros ". Le groupement composé des sociétés Transports Automobiles de la Côte d'Azur et de la Vallée du Loup (TACAVL), Transports Automobiles Nice Plan du Var (TANP) et Transdev Alpes-Maritimes (TDAM), a présenté une candidature et une offre pour le lot n° 2. Le 19 juin 2024, la société TACAVL, mandataire du groupement, a été informée du rejet de l'offre du groupement. Par la requête visée ci-dessus, le groupement dont il s'agit saisit le juge des référés sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.

2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de reprendre la procédure :

En ce qui concerne la communication des motifs de choix de l'offre retenue :

3. Aux termes de l'article R. 2181-3 du code de la commande publique : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1. " Aux termes de l'article R. 2181-4 du même code : " A la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : / 1() / 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue ".

4. Le courrier transmis le 19 juin 2024 adressé au groupement requérant mentionne le classement final du groupement (2ème position), le nom de l'attributaire ainsi que les notes attribuées à l'offre des sociétés SAM, UTP et Ampère pour chacun des critères et sous-critères d'analyse mentionnés au règlement de la consultation. Par un courrier du 4 juillet 2024, la Régie a, en outre, apporté, en réponse aux sollicitations exprimées par la société TACAVL les 25 et 26 juin 2024, des explications sur la manière dont les critères ont été analysés. Dans ces conditions, la Régie Ligne d'Azur a satisfait aux obligations d'information lui incombant en application des dispositions citées au point précédent.

En ce qui concerne la compétence de la Régie Ligne d'Azur et l'habilitation de M. A :

5. Si le groupement requérant soutient que la procédure de passation du lot n° 2 devrait être annulée dès lors que la Régie Ligne d'Azur serait incompétente pour initier le marché contesté et que le signataire de la procédure de passation du marché, M. A, directeur général de la Régie, ne serait pas habilité à passer des marchés, un tel moyen est inopérant dès lors qu'il n'a pas trait à un vice ayant conduit à son éviction et en lien direct avec l'intérêt dont il se prévaut non plus qu'à un vice du consentement de la personne publique. Le moyen invoqué ne peut ainsi qu'être écarté.

En ce qui concerne la capacité de l'attributaire de répondre aux exigences du marché sans recourir à une sous-traitance prohibée :

6. Si le groupement requérant reproche à la Régie Ligne d'Azur d'avoir admis la candidature du groupement attributaire " qui pourrait ne pas disposer des moyens humains suffisants pour ne pas recourir à la sous-traitance ", il est constant, d'une part, que la candidature du groupement attributaire est insusceptible d'avoir lésé les sociétés requérantes dont la candidature a été admise et, d'autre part, que le groupement requérant a lui-même choisi de répondre en co-traitance, étant souligné que seule la sous-traitance de l'intégralité du marché a été prohibée. Le moyen soulevé ne peut donc qu'être rejeté.

En ce qui concerne le moyen tiré du caractère anormalement bas de l'offre de l'attributaire :

7. Aux termes de l'article L. 2152-5 du code de la commande publique : " Une offre anormalement basse est une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché ". Aux termes de l'article L. 2152-6 de ce code : " L'acheteur met en œuvre tous moyens lui permettant de détecter les offres anormalement basses. Lorsqu'une offre semble anormalement basse, l'acheteur exige que l'opérateur économique fournisse des précisions et justifications sur le montant de son offre.

Si, après vérification des justifications fournies par l'opérateur économique, l'acheteur établit que l'offre est anormalement basse, il la rejette dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 2152-3 du même code : " L'acheteur exige que le soumissionnaire justifie le prix ou les coûts proposés dans son offre lorsque celle-ci semble anormalement basse eu égard aux travaux, fournitures ou services, y compris pour la part du marché qu'il envisage de sous-traiter. () ".

8. Le fait, pour un pouvoir adjudicateur, de retenir une offre anormalement basse porte atteinte à l'égalité entre les candidats à l'attribution d'un marché public. Il résulte des dispositions précitées que, quelle que soit la procédure de passation mise en œuvre, il incombe au pouvoir adjudicateur qui constate qu'une offre paraît anormalement basse de solliciter auprès de son auteur toutes précisions et justifications de nature à expliquer le prix proposé. Si les précisions et justifications apportées ne sont pas suffisantes pour que le prix proposé ne soit pas regardé comme manifestement sous-évalué et de nature, ainsi, à compromettre la bonne exécution du marché, il appartient au pouvoir adjudicateur de rejeter l'offre.

9. Il résulte de l'instruction que la différence entre l'offre des sociétés requérantes et celle du groupement attributaire est de 14,75 % au regard de la décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF) et de 23,71 % au regard du détail quantitatif estimatif (DQE) qui n'a d'ailleurs vocation qu'à être appliqué aux commandes complémentaires résultant d'une modification du plan de transport. En ce qui concerne le lot n° 2 du marché contesté, il est constant que les services de la Régie Lignes d'Azur avaient estimé le montant annuel du forfait, étudié sur la base de la DPGF, à la somme de 6 340 000 euros. L'offre de l'attributaire était proche de l'estimation réalisée par l'acheteur, en étant supérieure de 2,05 %. L'offre du groupement requérant excédait, quant à elle, cette estimation de 19,72 %. La différence de prix existant s'explique, d'une part, par des frais généraux (frais de siège et rémunération des dirigeants, directeurs et responsables, fonction support) du groupement requérant supérieurs de 434 296 euros à ceux du groupement retenu, étant souligné que les trois sociétés dudit groupement retenu sont détenues par le même actionnaire, ce qui permet une mutualisation des frais généraux. Cette différence de prix s'explique, d'autre part, par un coût de conduite (DQE) du groupement évincé supérieur à celui du groupement retenu, les conditions de rémunération des salariés et l'organisation du travail n'étant pas régies par les mêmes conventions collectives. Enfin, il n'apparaît qu'une faible différence sur le prix du matériel et des kilométrages mentionnés. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que le prix de l'offre du groupement attributaire aurait été manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. Par suite, le moyen tiré de ce que le pouvoir adjudicateur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne rejetant pas l'offre du groupement attributaire comme anormalement basse doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de la procédure de passation du marché doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Régie Lignes d'Azur la somme que demande le groupement requérant au titre des frais de l'instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droits aux conclusions de la Régie Ligne d'Azur et des sociétés SAM, UTP, et Ampère, tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge du groupement requérant sur le fondement des mêmes dispositions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête des sociétés Transports Automobiles de la Côte d'Azur et de la Vallée du Loup, Transports Automobiles Nice Plan du Var et Transdev Alpes-Maritimes est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la Régie Ligne d'Azur, de la société des Autocars Martin, de l'Union des Transporteurs Pro et de la société par actions simplifiée Ampère, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Transports Automobiles de la Côte d'Azur et de la Vallée du Loup, à la société Transports Automobiles Nice Plan du Var, à la société Transdev Alpes-Maritimes, à la société des Autocars Martin, à l'Union des Transporteurs Pro, à la société par actions simplifiée Ampère et à la Régie Ligne d'Azur.

Fait à Nice le 5 août 2024.

Le juge des référés

signé

O. EMMANUELLI

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions