jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2403752 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2024, M. B, représenté par Me Bender, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer sans délai et dès notification de la décision à intervenir un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour avec autorisation de travail ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de rectifier son dossier sans délai et dès notification de la décision à intervenir pour éviter la confusion avec l'homonyme portant le n°0603157180 ;
3°) d'assortir l'ordonnance d'une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il a été informé le 28 mai 2024 que son dossier de renouvellement de son titre de séjour a été clôturé alors qu'il est victime d'une erreur de la préfecture à cause d'un homonyme qui a un numéro d'étranger différent ; il a envoyé depuis son dossier en version papier ;
- le refus de délivrance du récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de travail ; il ne pourra subvenir à ses besoins financiers.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier-Aubert, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant capverdien né le 6 avril 1972, demande au juge des référés d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet des Alpes-Maritimes, d'une part, de délivrer sans délai et dès notification de l'ordonnance à intervenir un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour avec autorisation de travail, et d'autre part, de rectifier son dossier sans délai et dès notification de la décision à intervenir pour éviter la confusion avec l'homonyme portant le n°0603157180.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'intervention du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est subordonnée à la réunion de deux conditions tenant, d'une part, à une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge dans les plus brefs délais, et, d'autre part, à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
4. S'agissant de la condition de l'urgence, il appartient à toute personne demandant au juge administratif d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Il revient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par cet article est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.
5. En distinguant les deux procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'étant pas de nature, par elle-même, à caractériser l'existence d'une situation d'urgence.
6. Le requérant soutient que l'urgence est caractérisée dès lors qu'il a été informé le 28 mai 2024, par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes, que son dossier de renouvellement de son titre de séjour a été clôturé alors qu'il est victime d'une erreur de la préfecture à cause d'un homonyme qui a un numéro d'étranger différent. Si le requérant fait valoir qu'il a renvoyé son dossier papier à la préfecture en mai 2024, il ne justifie ni même n'allègue avoir fait, depuis cette date, des démarches complémentaires auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes notamment pour faire rectifier l'erreur qu'il lui impute sur son identité. Il fait valoir également qu'il est ainsi porté atteinte à la liberté de travail puisqu'il risque de perdre son emploi et être privé de ressources en raison d'une erreur de l'administration. Ces seules circonstances ne sont pas de nature à caractériser une situation d'urgence impliquant, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les 48 heures.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent être rejetées et, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M.A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.
Fait à Nice le 11 juillet 2024.
La juge des référés
signé
V. Chevalier-Aubert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière.
N°2403752
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