jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2403872 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. B, représenté par Me Bender, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, sans délai et dès notification de la décision à intervenir, un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour avec autorisation de travail ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de rectifier son dossier, sans délai et dès notification de la décision à intervenir, pour éviter la confusion avec l'homonyme portant le n°0603157180 ;
3°) d'assortir l'ordonnance d'une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie, dès lors qu'il a été informé le 28 mai 2024 que son dossier de renouvellement de titre de séjour a été clôturé alors qu'il est victime d'une erreur de la préfecture à cause d'un homonyme qui a un numéro d'étranger différent ; il a envoyé depuis son dossier en version papier ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dès lors qu'il ne peut, sans disposer d'un récépissé de demande de titre de séjour, justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, qu'il risque notamment de perdre son emploi ;
- cette mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative ;
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant capverdien né en 1972, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre sous astreinte au préfet des Alpes-Maritimes, d'une part, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour avec autorisation de travail et, d'autre part, de rectifier son dossier pour éviter la confusion avec l'homonyme portant le numéro de dossier 0603157180.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. En l'espèce, si le requérant soutient que l'urgence est caractérisée, d'une part, dès lors qu'il a été informé le 28 mai 2024, par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes, que son dossier de renouvellement de son titre de séjour avait été clôturé, alors qu'il est victime d'une erreur de la préfecture à cause d'un homonyme qui a un numéro d'étranger différent, et, d'autre part, dès lors qu'il a renvoyé son dossier papier à la préfecture en mai 2024, il ne verse cependant au dossier qu'un courrier en date du 12 juillet 2024 de son conseil, sans accusé de réception, décrivant cet état de fait. Il soutient également qu'il risque de perdre son emploi et ainsi être privé de ressources en raison de l'erreur de l'administration susmentionnée mais ne justifie pas avoir pris l'initiative de solliciter ou de relancer les services de la préfecture depuis le courrier du 12 juillet 2024. Dans ces conditions, compte tenu de l'insuffisance des diligences accomplies par le requérant, du caractère peu nombreux des justificatifs professionnels produits dans le cadre de la présente instance, et nonobstant l'erreur de l'administration, qui apparait établie, le requérant ne démontre pas l'existence d'une situation d'urgence particulière au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions susmentionnées doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées par le requérant au titre des frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, le greffier
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