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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2404117

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2404117

jeudi 2 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2404117
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, par une ordonnance du 2 janvier 2025, a constaté l'exécution de l'injonction de relogement prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes au profit de M. A B. Le préfet avait saisi le tribunal pour faire constater que M. B était relogé depuis le 10 avril 2024 dans un logement T2 à Nice. Le juge a relevé que l'administration avait exécuté l'injonction avant l'expiration du délai imparti, rendant inutile toute liquidation de l'astreinte initialement fixée à 100 euros par mois. Cette décision s'appuie sur les articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête n° 2404117 enregistrée le 18 juillet 2024, le préfet des Alpes-Maritimes demande au Tribunal de constater que l'injonction prononcée par jugement n° 2401366 du 27 mai 2024, notifié le 28 mai 2024, est exécutée, M. A B étant relogé depuis le 10 avril 2024 dans un logement de type T2 situé 8 rue Raoul Ponchon à Nice.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative ;

- le jugement n° 2401366 rendu par le tribunal le 27 mai 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement ". Il résulte des sixième et septième alinéas de ce même I que la juridiction administrative peut assortir l'injonction d'une astreinte dont le produit est versé au fonds d'accompagnement vers et dans le logement. Jusqu'à l'intervention de la loi du 29 décembre 2015 de finances pour 2016, l'astreinte était liquidée périodiquement par le juge, d'office ou à la demande de l'intéressé. Toutefois, l'article 142 de cette loi a introduit au dernier alinéa du I du même article L. 441-2-3-1 des dispositions selon lesquelles l'astreinte est versée deux fois par an par l'État au fonds, sans intervention du juge. La loi du 29 décembre 2016 de finances rectificative pour 2016 a modifié cet alinéa pour prévoir qu'il ne concerne que les astreintes prononcées après le 1er janvier 2016. Sous l'empire des dispositions nouvelles, il appartient à l'administration, lorsqu'elle estime avoir exécuté l'injonction, de demander au juge de le constater et de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte.

2. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " () Le président du tribunal administratif () peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par l'ordonnance, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'État voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. "

3. Par ordonnance n° 2401366 susvisée, le tribunal a prononcé à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, une astreinte de 100 euros par mois de retard passé un délai de quatre mois à compter de sa date de notification s'il n'exécutait pas l'injonction qui lui était faite d'assurer le logement de M. A B dans un appartement de type T1.

4. Il résulte de l'instruction que la requête du préfet des Alpes-Maritimes a été communiquée à M. A B qui n'a pas produit d'observations. Ainsi, il n'est pas contesté que le préfet des Alpes-Maritimes a rempli son obligation de reloger l'intéressé à la date du 10 avril 2024. En conséquence, le préfet des Alpes-Maritimes doit être regardé comme ayant exécuté l'ordonnance précitée à compter du 10 avril 2024, soit avant l'expiration du délai qui lui était imparti. Par suite, il n'y a pas lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte prévue par cette ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée à l'encontre du préfet des Alpes-Maritimes par l'ordonnance n° 2401366 du 27 mai 2024.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre du logement et de la rénovation urbaine et à M. A B.

Copie en sera adressée pour exécution au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 2 janvier 2025.

La présidente du Tribunal,

signé

Marianne Pouget

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui le concerne, ou à tous les huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/ le greffier en chef,

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