lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2404458 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, M. D A et Mme B C, représentés par Me Bessis-Osty, demandent au tribunal :
- de leur accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
- d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de leur verser une provision relative à l'allocation pour demandeur d'asile due, d'un montant de 737 euros, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
- de condamner l'OFII à verser directement à Me Bessis-Osty, qui renonce par avance à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- l'OFII ne leur a pas versé l'allocation pour demandeur d'asile qui leur était due au titre de la période du 23 avril au 31 mai 2024, d'un montant de 737 euros ; ils ont, pourtant, accompli, à temps, sans que cela puisse être contesté, toutes les démarches nécessaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) demande au juge des référés de rejeter la requête de M. D A et Mme B C.
L'OFII soutient que le processus de régularisation de la situation des requérants a été initié et est en cours.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli, président, pour statuer sur les demandes de référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A et Mme B C sont entrés en France au début de l'année 2024 accompagnés de leurs deux enfants et ont sollicité la reconnaissance du statut de réfugiés. Leurs demandes ont été enregistrées en préfecture le 23 avril 2024, date à laquelle ils ont accepté les conditions matérielles d'accueil. Les intéressés demandent au juge des référés d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de leur verser une provision relative à l'allocation pour demandeur d'asile (ADA) qu'ils estiment leur être due au titre de la période du 23 avril au 31 mai 2024, d'un montant de 737 euros, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable ".
4. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir 1'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes du mémoire en défense de l'OFII, que le processus de régularisation de la situation des requérants a été initié, l'administration ayant reconnu le bien-fondé des prétentions de M. A et Mme C. Les conclusions des intéressés présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative sont donc devenues sans objet.
Sur les frais liés au litige :
6. Les requérants étant admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et dès lors que
Me Bessis-Osty a renoncé, par avance, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de ses clients à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Bessis-Osty de la somme de 600 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A et Mme C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros leur sera versée.
ORDONNE :
Article 1er : M. A et Mme C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A et Mme C tendant au versement d'une provision d'un montant de 737 euros.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A et Mme C à l'aide juridictionnelle et dès lors que Me Bessis-Osty a renoncé par avance à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII versera à Me Bessis-Osty, avocate de M. A et Mme C, une somme de 600 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée aux requérants par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 600 euros leur sera versée.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et Mme B C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Bessis-Osty.
Fait à Nice, le 14 octobre 2024.
Le juge des référés
Signé
O. Emmanuelli
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
2404458
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