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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2404752

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2404752

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2404752
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantLE GARS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 août 2024, M. A B, représenté par Me Jean-Marc Le Gars, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de compléter l'injonction prononcée dans l'ordonnance n° 2401294 du 6 juin 2024, demeurée sans effet, en assortissant celle-ci d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, donnant acte à celui-ci de ce qu'il renonce, en ce cas, à percevoir la part contributive de l'Etat.

Le requérant soutient que le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas exécuté, à ce jour, l'injonction prononcée par le juge des référés dans l'ordonnance n° 2401294 du 6 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Emmanuelli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né en 1994, a demandé au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer, dans un délai de huit jours et sous astreinte, un duplicata de sa carte de résident dont il est titulaire jusqu'au 25 février 2031 et, dans l'attente et sans délai, un récépissé l'autorisant à travailler. En dépit de l'injonction prononcée en ce sens par le juge des référés dans l'ordonnance n° 2401294 du 6 juin 2024, le préfet n'a toujours pas exécuté cette décision de justice. M. B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de compléter l'injonction prononcée dans l'ordonnance du 6 juin 2024, en l'assortissant d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant à la notification de la présente ordonnance.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

4. Si l'exécution d'une ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par l'article L. 911-4 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet par une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

5. Par l'ordonnance susvisée n° 2401294 rendue le 6 juin 2024, le juge des référés de ce tribunal a, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. B, dans le délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance, un duplicata de sa carte de résident et de le munir, dans le délai de huit jours suivant cette même notification, d'un récépissé l'autorisant à travailler. Il est constant que cette injonction n'a pas été suivie d'effet. Aucune circonstance n'a été invoquée par l'autorité administrative, qui n'a pas produit d'observations, de nature à justifier qu'il se soustraie à l'injonction qui lui a ainsi été faite.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer contre l'Etat (préfet des Alpes-Maritimes), une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance et jusqu'à la date à laquelle cette ordonnance aura reçu exécution.

Sur les frais d'instance :

7. M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et dès lors que Me Le Gars a renoncé par avance à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au profit de Me Le Gars au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Une astreinte de 200 (deux cents) euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance est prononcée à l'encontre de l'Etat s'il n'est pas justifié de l'exécution de l'ordonnance n° 2401294 en date du 6 juin 2024. Le préfet des Alpes-Maritimes communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter cette ordonnance.

Article 3 : L'Etat versera à Me Le Gars, qui a renoncé par avance à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, la somme de 3 000 (trois mille) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Jean-Marc Le Gars et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice le 3 octobre 2024.

Le juge des référés

signé

O. EMMANUELLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière

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