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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2404805

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2404805

lundi 19 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2404805
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M. MYARA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. B... contestant la décision du ministre de l'intérieur du 24 juin 2024 lui notifiant le retrait de tous les points de son permis de conduire, ainsi que le retrait de points consécutif à une infraction du 11 février 2023. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'absence de notification des retraits de points, jugeant que cette notification n'affecte pas la légalité des retraits mais seulement leur opposabilité. Il a également rejeté le moyen relatif au défaut d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en estimant que l'administration avait apporté la preuve de la délivrance des informations requises via un procès-verbal électronique et le paiement d'une amende forfaitaire. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 29 août et 20 septembre 2024, M. A... B... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision référencée 48 SI du 24 juin 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié l’ensemble retraits de points affectant son permis de conduire et d’annuler la décision de retrait de points correspondant à l’infraction commise le 11 février 2023.

Il doit être regardé comme soutenant :
- que les décisions portant retrait de points ne lui ont pas été notifiées ;
-qu’il n’a pas été informé des droits prévus par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
-qu’il n’est pas l’auteur de l’infraction commise le 11 février 2023.

Par un mémoire enregistré le 18 septembre 2024, le ministre de l’intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête soulevés par M. B... sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
-le rapport de M. Myara,
- les observations de M. B....

Considérant ce qui suit :

1. M. B... a fait l’objet d’une décision référencé « 48 SI », en date du 24 juin 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié le retrait de l’ensemble des points de son permis de conduire. Par sa requête, M. B... doit être regardé comme demandant l’annulation de la décision référencée 48 SI du 24 juin 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a notifié l’ensemble retraits de points affectant son permis de conduire et d’annuler la décision de retrait de points correspondant à l’infraction commise le 11 février 2023.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de la notification irrégulière des retraits de points :

2. Les conditions de la notification au conducteur des décisions d’invalidation du permis de conduire ou de retrait de points ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l’intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen tiré de l’absence de notification des décisions de retrait de points successifs ne peut qu’être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route :

3. Aux termes de l’article L. 223-3 du code de la route : « Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (…) ». Aux termes de l’article R. 223-3 du même code : « I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. (…) ».

4. Il résulte de ces dispositions que l’administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d’une infraction dont la réalité a été établie, que si l’auteur de l’infraction s’est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l’infraction et d’en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l’administration d’apporter la preuve, par tout moyen, qu’elle a satisfait à cette obligation d’information.

5. Il résulte de l’instruction, et notamment du relevé d’information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. B... que l’infraction commise le 11 février 2023 a été constatée par procès-verbal électronique et a donné lieu au paiement d’une amende forfaitaire. L’indication du paiement de l’amende forfaitaire sur le relevé intégral du requérant, formalisé pour l’infraction par la mention « AF amende forfaitaire », suffit à établir que l’intéressé a nécessairement été mis en possession d’un avis de contravention et d’une carte de paiement, dont la détention est indispensable pour payer l’amende forfaitaire. Par suite, et alors que M. B... n’apporte aucun élément tendant à démontrer que les documents qui lui ont été envoyés seraient inexacts ou incomplets au regard des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve que les informations requises ont été délivrées au contrevenant. Dès lors, le moyen ne peut qu’être écarté.

En ce qui concerne l’absence d’imputabilité de l’infraction :

6. Aux termes de l’article 521 du code de procédure pénale : « Le tribunal de police connaît des contraventions ». Aux termes de l’article 522 du même code : « Est compétent le tribunal de police du lieu de commission ou de constatation de la contravention ou celui de la résidence du prévenu. ». Il résulte de ces dispositions que la juridiction judiciaire est seule compétente pour connaître des contestations portant sur l’imputabilité des infractions commises au code de la route.

7. M. B... soutient qu’il n’est pas l’auteur de l’infraction ayant conduit au dernier retrait de point de son permis, et donc à son invalidation. Toutefois, l’appréciation de l’imputabilité de l’infraction relève exclusivement de la compétence du juge judiciaire et la contestation de cette imputabilité ne constitue pas un moyen susceptible d’être utilement soulevé devant le juge administratif à l’encontre d’une décision portant retrait de points de permis de conduire.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.




D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2026.


Le magistrat désigné,
La greffière,

Signé Signé
A. Myara
M. C...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière.


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